Le combat battait son plein dans la première salle de Cavenain, les Nains avaient déjà abattu 5 trolls sur dix. Ori, entouré de dix Nains, s’attaquait à l’un des monstres, cherchant un point faible. Il avait déjà usité de ses haches de jet, elles étaient actuellement fichées dans la poitrine du troll, un sang noirâtre en découlant. Il esquiva d’un saut le coup de la bête ; le troll cria, son haleine fétide inondant les poumons des Nains. Ori prit sa grande et large hache ensanglantée et cria :
-Avec moi, à l’assaut !
Il sauta sur le troll suivi par les autres Nains ; le monstre reçut une bonne douzaine de haches et succomba. Ori parcourut des yeux le champ de bataille, les Nains se démenaient tant bien que mal contre les trolls, ni vainqueurs, ni perdants. Il ne restait plus à présent qu’une trentaine de Nains courageux qui combattaient les bêtes féroces. Ori ordonna un ralliement, les Nains revinrent vers lui puis, ensemble, ils terrassèrent les trolls.
Ils revinrent vers Balïn et les autres.
-Balïn- Ori s’inclina- nous avons perdu au pire vingt-cinq des nôtres, moins je pense.
-Bien, répondit Balïn en un hochement de tête, allons enterrer nos morts. Vous avez tous bien combattu ; oh, je n’ai pas bien vu de loin, mais vous avez été braves. Tu méritais amplement ma confiance, Ori, encore une fois, je ne me suis pas trompé.
-Merci, mon ami, il y a des morts que j’aurais pu éviter…
-Ne culpabilise pas.
-Ah, hélas Balïn, c’est une chose à laquelle, nous qui avons des responsabilités, ne pouvons échapper…
Les Nains enterrèrent leurs morts dans la salle de leurs ancêtres, et constatèrent avec horreur qu’Haldïn et Odal avaient disparu. Nwalïn dit qu’il les avait vus devant l’un des trous de la salle, mais qu’il n’en savait pas plus.
-Ainsi ils sont tombés là, constata Balïn après avoir inspecté la salle, mauvaise chose, qu’allons-nous faire, Ori ?
-Le problème, dit Oïn qui s’était immiscé dans la conversation, c’est que si nous voulions aller les chercher, nous ne le pourrions pas, nous ne savons pas ce qu’il y a là-bas, nous ne savons pas s’ils ne sont pas morts...
-C’est vrai, Oïn a raison, ils sont peut-être morts, divagua Balïn.
-On ne peut pas les abandonner ! cria Ori, ils sont encore vivants j’en suis certain !
-Ori, mon ami, tu as vu la hauteur de ce trou ? On n’en voit pas le fond… dit Balïn.
-Je pense qu’ils sont vivants, Balïn, Odal est un bon guerrier, il pourra protéger Haldïn s’il a une nouvelle vision, du moins je l’espère. J’attendrai, mais nous les reverrons.
-Je suis désolé Ori, dit Oïn, mais regarde, personne ne peut aller là-bas les chercher, comment ferions-nous ? …
Oïn se tut et s’en alla ; Balïn, le regard triste, regarda son ami un instant, puis se détourna vers les autres Nains et dit d’une voix forte et grave :
-Nains ! La bataille est gagnée, cependant, deux des nôtres ont disparu, tombés dans un des puits sombres de cette salle, nous ne savons pas s’ils sont morts ou vivants, mais je ne les abandonnerai pas. Nous ferons un détour pour nous retrouver approximativement là où ils doivent être tombés. Si nous ne les trouvons pas là-bas, nous reprendrons notre route.
Il se retourna vers Ori.
-C’est tout ce que je peux faire, mon ami, ajouta-t-il à son adresse.
Ori acquiesça.
Lorsqu’ Haldïn reprit connaissance, il sentit la chaleur d’un feu tout près de lui et , ouvrant les yeux, il vit Odal, assis devant le brasier, le visage grave.
-Bonjour, Haldïn, dit-il sans même s’être retourné, j’ai cuit les quelques provisions que je transportais, après nous n’aurons plus rien… Avez-vous une idée de ce que nous allons faire ensuite ?
-Bonjour, Odal. Ce que nous allons faire ? Explorer et avancer un peu. J’espère que les autres nous chercheront, mais après la chute que nous avons faite…
-Vous n’avez aucune blessure, Haldïn ?
-Non, aucune et vous ?
-Oui j’ai…
Il se retourna. Son poignet gauche formait un angle inquiétant…
-Qu’est-ce que tu as ? !
Haldïn accourut et inspecta le bras d’Odal.
-Il est cassé, dit-il, accablé, tu n’as pas mal ?
-Pas quand je le laisse immobile, mais ce n’est pas facile…
Haldïn arracha un morceau de son propre tabard pour en faire une attelle pour son ami.
-Merci, Haldïn, cela m’aidera beaucoup.
-Odal, nous sommes amis à présent, tutoyons-nous. Je veux dire… je ne suis rien de plus qu’un Nain du clan…
-Tout comme moi. C’est d’accord alors… viens manger, dit Odal en un grand sourire.
Après un repas rudimentaire mais bienvenu, Haldïn et Odal rassemblèrent les quelques affaires qu’ils avaient encore en leur possession et se mirent en route. Où ils allaient, ils n’en savaient rien, mais ils marchaient à un bon rythme, en silence.
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le voici 