Comme Balïn, l’esprit ailleurs, était assis auprès d’un feu, seul, à l’écart des autres, il vit Ori arriver dans la salle et l’appela.
-Alors, tu as trouvé quelque chose ? interrogea Balïn.
-Oui… ce n’est pas réjouissant, mon ami. Haldïn a fait une vision la nuit dernière, j’ai de bonnes raisons de croire que ce qu’il a vu était Minas Morgul, et les Nazgûl… dans sa vision, il a été transpercé par une lame de Morgul, nous en avons vu les répercussions.
Balïn le regarda dans les yeux, hébété, pour être sur qu’il n’ait pas menti. Son ami, le visage triste hocha gravement la tête.
-Je ne mens pas, Balïn, et je ne sais que faire…
-Moi non plus, ce n’est pas véritablement une blessure, n’est-ce pas ? L’on n’a trouvé aucune plaie, aucune contusion sur lui ! Alors, comment se fait-il que… ?
-Ce n’est pas son corps mais son esprit qui a été touché, blessé. Je ne vois pas de solution… à part peut-être que son esprit doit se fortifier et guérir par lui-même.
-Oh, je ne comprends pas bien tout cela, mon ami, soupira Balïn, tu es plus sage que moi. Va donc voir Drôhr et parlez-en ensemble, puis essayez de guérir Haldïn. C’est tout ce que je te demande.
Ori acquiesça et s’éloigna.
Au milieu du campement était couché Haldïn, baigné de sueur, allongé dans sa cape, une couverture le recouvrant. Nwalïn était à côté de lui, il lui essuyait le front avec un tissu déjà trempé. Il y avait malgré tout une amélioration à son état. Le matin-même, lorsqu’il s’était éveillé, il était en proie à de continuels spasmes qui lui donnaient des frissons affreux. Maintenant, il n’avait plus ces spasmes, mais il souffrait.
-Ori est de retour, Haldïn, annonça Nwalïn, il va vers Balïn.
-Comment est-il ?
-Il paraît triste… Et, oh ! quelqu’un arrive, un des gardes de la porte là-bas ! On dirait qu’il vient par ici !
Haldïn tourna la tête. Un jeune nain, l’un des gardes effectivement arrivait. Il portait une solide cuirasse sous son tabard d’un gris foncé. Sa barbe blonde avait des reflets rougeâtres à la lueur du feu. Il s’avança et retira son casque.
-Bonjour, dit-il un sourire gêné aux lèvres, euh… je viens voir Haldïn.
-C’est moi, souffla Haldïn, qu’y a-t-il ?
-Je suis Odal, fils d’Oldamal, je gardais la porte, quand le seigneur Ori est allé réfléchir dans le couloir, loin du bruit et de l’effervescence qui régnaient ici. Lorsqu’il eut fini, il me parla, me disant entre autres de venir vous voir et de parler avec vous, expliqua le garde.
Nwalïn allait rétorquer quelque chose mais Haldïn l’en empêcha :
-Bonjour, Odal fils d’Oldamal, je suis Haldïn, Ori vous a donc parlé de moi ? Savez-vous s’il viendra bientôt me voir ? J’attends impatiemment ses conseils…
-Je ne sais pas, peut-être veut-il me donner le temps de vous parler avant, je l’ignore, mais il est un peu étrange, non ? interrogea Odal.
-Oui peut-être un peu étrange pour ceux qui ne le connaissent pas bien, répondit Haldïn d’un ton froid et distant, que pensez-vous de lui outre cela, Odal ?
-Oh, je pense qu’il est très sage, bien que parfois un peu…bizarre dans ses paroles, mais c’est un grand ami de notre seigneur Balïn, c’est quelqu’un de bien, conclut Odal, risquant un sourire.
-Oui. Eh bien, merci d’être venu me voir en tous les cas, je…je ne me sens pas très bien, je crois que je vais me reposer maintenant.
-J’espère que vous ne resterez pas longtemps souffrant, Haldïn. Au revoir.
Haldïn salua Odal et ce dernier repartit à la porte de la salle. Peu après, Ori arriva.
-Je vois que tu as rencontré Odal, tant mieux mais je dois te dire des choses peu réjouissantes. Voilà, tu as été percé dans ta vision par la lame de Morgul, ton esprit est blessé… Il te faudra guérir par toi-même, par ta force d’esprit.
Haldïn, abasourdi, regarda son ami et dit :
-Bien, j’essaierai, j’y arriverai, je veux le faire.
-Je l’espère, mon ami. Je t’aiderai si je le peux.
Haldïn acquiesça, hochant la tête puis demanda :
-Mais je ne serai jamais vraiment guéri, n’est-ce pas ?
-Je l’ignore, dit sincèrement Ori, bon, je vais te laisser.
-Dis-moi une chose, Ori, le garde qui est venu, Odal, il semble te trouver un peu fou…
-Il ne me connaît pas sous le même jour que toi, je ne m’ennuie pas lorsque je parle avec lui, même si je suis un peu fou, au revoir, Haldïn, à bientôt.
Haldïn vit son ami partir, étonné, Ori était en effet un peu bizarre quand il y repensait.
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Voilà le chapitre 20 et sur ce je dois y aller,
le Néant !