Douze morts dans l´incendie d´une voiture-lit d´un train à Nancy
NANCY ( AFP) - Douze voyageurs d´un train de nuit Paris-Munich sont morts, asphyxiés dans leur sommeil, mercredi matin dans l´incendie probablement accidentel de leur voiture-lit près de la gare de Nancy.
Toute une famille d´Américains ( la grand-mère, 72 ans, le père et la mère, âgés tous deux de 43 ans, la fille, 12 ans, et le fils, 8 ans) a péri, ainsi que trois Allemands ( 33, 37 et 55 ans), un couple de Russes ( âgés de 43 ans), une Grecque ( 41 ans) et un Hongrois ( 33 ans), a annoncé le procureur de la République de Nancy Michel Senthille.
Douze personnes, dont cinq Français, quatre Allemands, deux Anglais et une Américaine, ont été légèrement blessées. Leur état de santé n´inspire aucune inquiétude, selon un bilan communiqué mercredi soir par la préfecture de Meurthe-et-Moselle. Parmi ces blessés figure notamment le chauffeur du train et des voyageurs qui ont réussi à quitter le wagon en feu.
Le procureur Michel Senthille avait précédemment fait état de neuf blessés dont cinq Allemands. Les quelque 150 autres passagers du train ont pu reprendre leur voyage en milieu de matinée.
Une information judicaire a été ouverte pour " homicides et blessures involontaires" ainsi qu´une enquête administrative. De la fumée s´échappant de la première voiture a été aperçue à 02H15 par des cheminots qui intervenaient en gare de Nancy, a précisé la SNCF mais rien d´anormal n´avait été détecté par les cheminots au passage du convoi à Toul, à une vingtaine de km à l´ouest de Nancy.
Les cheminots de Nancy ont immédiatement coupé l´alimentation électrique des voies pour stopper automatiquement le convoi quelques centaines de mètres plus loin. " C´était le bon réflexe", a jugé le président de la SNCF Louis Gallois venu sur les lieux avec le ministre des Transports Gilles de Robien.
Les premiers secours sont arrivés six minutes après de la caserne de pompiers Joffre, toute proche de la gare. " On est arrivés sur place immédiatement. Hélas, on n´a pu que constater les morts", a déploré le lieutenant-colonel des pompiers Jean-Jacques Horb.
" L´incendie a dégagé une grande quantité de monoxyde de carbone ( ...). Le confinement d´un compartiment est tel que, probablement, le taux de monoxyde de carbone a grimpé rapidement, ce qui leur laissait peu de chance de s´en sortir", a expliqué le Dr Henri Lambert, responsable des urgences de l´Hôpital central de Nancy.
L´incendie a démarré dans le local technique de la voiture-lit, a annoncé le procureur de la République pour qui " aucune hypothèse n´est actuellement inconcevable, mais la plus probable est accidentelle, même si rien n´est sûr en la matière".
Le train D 261 circule chaque nuit et ne s´arrête normalement pas avant la ville frontalière allemande de Kehl après son départ de Paris à 22H58.
Le voiture-lit incendiée, en service depuis 38 ans, a été " complètement modernisée en 1999 en conformité aux normes européennes de protection contre les incendies", a assuré la compagnie publique des chemins de fer allemands Deutsche Bahn ( DB) : " La dernière grande révision a eu lieu le 12 juin 2001. Le dernier test technique de routine a été effectué le 4 novembre 2002".
Un dirigeant de DB a mis hors de cause le système de chauffage : " ce système est situé sous le wagon, au milieu de la voiture, or les traces de l´incendie montrent clairement que le feu n´est pas parti de là", évoquant la possibilité d´une erreur humaine.
L´accompagnateur-veilleur de nuit de la voiture-lit, de nationalité allemande, ne se trouvait pas dans la voiture incendiée au moment où le feu s´est propagé, a déclaré le procureur de la République.
" L´accompagnateur n´a pas pu rentrer dans ce wagon. Il était allé dans le wagon d´à côté pour prévenir de ce qu´il percevait un danger", a expliqué M. Senthille. " Il n´a pas pu rentrer à cause d´un dégagement de chaleur et de fumée", a ajouté le procureur en précisant que cet accompagnateur faisait partie des blessés.
( publicité)