L´odeur âpre du sang le saisit. Cette odeur si particulière, cette odeur mêlée à celle de la peur. Il tourna la tête. Ses yeux ne voyaient plus que des traces de jour, des trainées de lumière grise. Et toujours cette odeur. L´odeur de la mort. Il n´entendait plus rien que de bruits sourds et lointains, des cris vains, et les battement de son coeur. La balle avait traversé son corps, petit à petit, la vie le quittait. Une jeune femme qui sourit, une musique douce, le bruit des feuilles dans le vent, un rire d´enfant, tout se brouillait dans son esprit, se mélangeait, devenait plus flou, plus lointain. Seule cette odeur le pénétrait, omniprésente, elle l´entourait. Il vomit un flot de sang, et s´écroula sur le flanc, les yeux écarquillés vers un point lumineux. Et toujours l´odeur. Il se sentait à chaque instant plus faible, il sentait ses forces l´abandonner, il sentait qu´il n´était plus qu´un tas de chair inerte. Tout à coup il inspira une dernière fois, cet air saturé de mort et de poussière. La poussière à laquelle son corps retournait, peu à peu, lentement, il le sentait. Il sentait la mort. Son odeur lui paraissait plus forte, puissante. Alors, il s´abandonna.