" Il y a un bruit assourdissant ici...
Devant moi, y a ce type, il a deux traits blancs sur son casque, il crie, mais je ne comprends pas ce qu´il dit.
Tout le monde se couche dans la barge Higgins.
Une explosion retenti.
je suis comme étourdit, le bateau qui nous suivait de près vient d´être la cible d´un chasseur allemand.
Le comandant se relève, notre embarquation s´arrète brutalement freinée par le sable.
La porte s´abaisse soudain, le comandant fonce se cacher derrière un obstacle anti-char avec les hommes, je me mets à courir, comme pour quitter le plus vite possible ce qui a failli être mon cerceuil ainsi que celui de mes camarades.
Je suis à la traine, comme toujours, je veux rejoindre ma compagnie, je les vois au loin.
Je tombe soudain, je suis sourd, mon traillis est pourpre au niveau de mon torse, je ne peux plus respirer, mais cela ne me gène pas, je n´en ait plus besoin, j´ai le goût du sang dans ma bouche, je ne peux bouger que ma tête, à gauche, un " bleu" tiens son casque caché derrière la carcasse de la barge " H-14 Alabama"
Je peux distinguer sur son visage ensanglanté, une larme, qui coule sur sa joue et laisse découvrir sa peau blanche salie par la boue et le sang.
Je peine à tourner la tête,je la laisse retomber lourdement à ma droite, je découvre le cadavre du jeune comandant qui nous accompagnait, les yeux ouverts.
Tenant encore fermement son pistolet mitrailleur Tompson, j´avais cru le voir avec la compagnie, celle-ci est éparpillée sur la plage, certains gisent sur le sable, d´autres se cachent, les plus chanceux on atteint les galets.
Moi, je remets ma tête droite, je regarde le ciel gris, les nuages déffilent lentement, ils passent sans se soucier de ce qu´il se passe plus bas sur cette plage, ce jour, visiblement mon dernier jour, et je m´en vais, je suis bercé par le vent, je le sens m´emporter, je suis le vent..."
J´ai apporté quelques changements à ce texte.
Il n´est pas plus " beau" qu´avant.
C´est tout de même le récit d´un combat.
Des soldats qui se sont faits massacrer, ils étaient jeunes pour la plupart, ils ne savaient même pas pourquoi ils combataient.
On leur a donné un fusil.
Et on les a lachés.
Je ne parle pas des soldats américains, c´est le cas pour la majorité des soldats.
La guerre ce n´est pas un jeu, les balles, ce sont des bouts de métal brûlants qui transpercent la chair et ôtent des vies.
Ce ne sont pas des polygones, dans ce " jeu" il n´y a qu´une sauvegarde, si vous perdez, vous ne retournerez jamais au menu principal.
Ce n´est pas parcequ´un homme politique s´entend mal avec tel ou tel pays, tel ou tel régime, que j´irais jouer à ce jeu à sa place.
Plutôt mourir sous les balles alliées que par celles des militaires désignés comme étant les " méchants".
C´est tout ce que j´ai a dire, merci d´avoir lu ( si vous avez lu bien entendu).