cutter-slade Posté le 08 juillet 2002 à 13:12:53
Voilà je voulais savoir ce que vous en pensiez.
c´est un petit texte inspiré de GTA3.
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Cela faisait maintenant deux mois qu´il cavalait. D´abord amnésique, il avait perdu ses
facultés. Il lui avait alors fallu commencer par tout réapprendre, de la simple pression sur
la gachêtte, au piégage d´une voiture. Le temps faisant son effet, ses capacités avaient
repris le dessus, guidées par instinct sans faille et une volonté de fer. Il avait ainsi pu
commencer à redevenir ce qu´il avait toujours été. Un tueur. Tuer pour survivre, dans
cette grande ville, ou plutôt cette grande jungle hostile. Tuer ou se faire tuer. Voler ou se
faire voler. Choisis ton camp camarade.
Liberty City, ville de tous les vices, de tous les fantasmes, de tous les péchés.
Là ou argent, putes, drogues et violence mènent chaque habitant par le bout du nez, où
l´audace est une nécéssité et l´honnêteté un mirage. Lieu de destination paradisiaque pour
truands, trafiquants, et petits caïds en tous genres. Toutes les loi de la nation, qui avaient
tant attendu pour leur création, oubliées; tout un code pénal qui s´évapore. Les forces de
l´ordre semblaient être des intrus indésirables dans cette ville rongée de l´intérieur. Elles
affichaient leur badge pour montrer qu´elles existaient, les exhibaient aux quelques rares
journalistes osant s´aventurer ici qui n´étaient pas ressorti sur un brancard, pour qu´on les
montre à la T.V et que l´américain normal pense que tout allait bien, qu´elles contrôlaient
la situation. Mais la vérité était toute autre, et ça chaque citoyen de Liberty City le savait.
Dans quel genre de ville dite normale passent le soir des ambulances pour ramasser les
cadavres dans la rue, afin d´ensuite les enterrer à la fosse commune, déjà bien pleine?On
dit que la ville est un lieu où les identités s´effaçent, où l´anonymat remplace le
dialogue.Liberty City illustrait mieux que toute autre ville cet adage. Les habitants le
savent, quand ils disent au revoir à leur famille le matin, cet au revoir qui sonne comme un
adieu brutal et définitif, comme s´ils s´apprêtaient à monter sur l´échafaud. " Comment
vais-je mourir aujourd´hui?" paraissent-ils chacun penser en sortant de chez eux,
assumant les risques. Ecrasés, assassinés, pris pour cible par les flics par erreur, brûlés
vifs dans une explosion, broyé dans un carambolage, pris entre deux feux dans un
réglement de comptes... Les possibilités étaient toujours plus nombreuses et les chances
de s´en sortir n´en finissaient pas de s´amincir. La vie n´y était qu´un mince rayon de soleil
menacé à chaque instant par l´orage.
Les habitants acceptaient leur sort, sachant que de toute façon une vie prolongée n´y était
que source de malheur. Quelques un des doyens de la ville s´étaient dans le temps
regroupés un une sorte de club, et avaient un jour décidé de mener une expédition
punitive dans la ville, pour faire payer ceux qui avaient nui à leurs proches. Leur opération
s´était soldée par un échec retentissant, marqué par un bang de sang général, tous
massacrés.
Non, il ne faisait pas bon vivre à Liberty City, quand on s´efforçait d´être honnête en
devant quand même parfois céder à la délinquance pour survivre. Mais la mort était une
fois de plus la solution. Ami, si tes tourments te rongent trop, achète toi un calibre avec
les économies qu´on ne t´a pas volées, et fais toi sauter le caisson. Aprè tout, meiux vaut
que ca soit toi qui le fasses plutôt qu´un autre, non? Ta vie coûte moins cher qu´un
revelover, penses y .
Il était parfaitement conscient de grandement contribuer à tout ce merdier.
Pourtant il continuait son job, peut être en quête d´une révélation sur lui même ou de son
identité. Quel âge avait-il déjà? Il ne s´en souvenait plus, mais quelle importance? Il
n´avait pas d´âge, pas de nom, juste une arme et une réputation. Et à Liberty City,
montrer sa gueule comme CV c´était largement suffisant.
Dès que Luigui, son contact avec la mafia, avait ébruité ses talents de nettoyeur, le mot
était passé et les petits boulots boulots affluaient de toutes parts. Les gangs, tous en
guerre permanente les uns contre les autres, lui confiaient toutes sortes de corvée dont le
fond ne l´intéressait pas, pourvu que c´étaitg bien payé. D´ailleurs, il refusait de prendre
parti, c´était un principe. En restant neutre le plus possible, gardant de bonnes relations en
acceptant tout de tout le monde, il ne pouvait qu´en rester sauf plus longtemps. Il y´avait
bien quelques gangs qui étaient montés contre lui, mais après tout, qu´est ce que quelques
balles qui sifflent aux tempes face à 10 000 $ cash? Les enjeux était risqués, mais ses
revenus en valaient la chandelle.La vie allait bon train, les portes du paradis s´ouvraient à
lui. Drogues, putes, et armes de pointes étaient ses petits plaisirs quotidiens.
Estimé de tous, il avait bossé pour presque toutes les grosses pointures de la ville, faisant
jouer leur rivalité, rétribué chaque fois qu´il les faisait se renvoyer la balle.Tout allait pour
le mieux jusqu´à ce que le vieux Leone lui fasse une crasse et tente de se débarasser de
lui après un gros coup.Par peur que l´élève dépasse le maître? Sans doute. Déjà
conscient de l´instabilité de son milieu , il s´attendait à un coup pareil un jou ou l´autre.
Cependant, il avait décidé ne pas impliquer les sentiments personnels dans les affaires. Il
eût quand même l´occasion de rendre la pareille au vieux, le liquidant pour le compte des
Yakuzas, ses nouveaux collaborateurs. Leur étroite relation marchait désormais bien, et il
n´hésita pas à trahir leur confiance, en réglant son compte à l´un de leur grands dirigeants,
faisant porter le chapeau à leur principal gang ennemi. Il toucha de l´argent pour le
meurtre du Yakuza, comme pour assouvir leur vengeance. Stratégie de maître.
Néanmoins, malgré toutes ces épreuves nécéssitant un sang froid hors norme , il n´avait
jamais bronché, jamais parlé, jamais rien laissé paraître de ses émotions. il se contentait
toujours d´écouter les ordres, la tête aussi inexpressive qu´un roc, le regard interdit,
partait accomplir la tâche et revenait toucher l´argent. Malgré tout le stress accumulé,
toutes les douleurs endurées, il n´avait jamais bougé un muscle du visage. Il croyait être un
dur, un vrai. Il pensait pouvoir tout supporter, mais il était juste humain, comme tout le
monde. Il montrait ce soir ses limites.
Des courses poursuites avec la police et le FBI, il en avait vécu. Quelques fois même, il
les avait affronté. Comme un homme. Obligé tout de même de partir quand l´armée
rapliquait, il n´en avait pas moins pris un malin plaisir à descendre les représentant de
l´ordre, et des agents du FBI qui se croyaient au dessus de tout.
Du temps où il n´était pas la priorité de la police, il s´était fait arrêté une fois, peut être
deux. Et alors? Les autorités véreuses étaient quasiment payées pour ne rien faire, et on
l´avair relâché dare-dare, lui, maintenant l´ennemi public numéro 1, après l´avoir seulement
dépouillé de ses armes et d´un peu d´argent.
Sauf que désormais, c´était sérieux, il ne s´en tirerait pas comme ça.
Iil avait failli se faire pincer plusieurs fois ces derniers temps, de même qu´il avait été à
deux doigts de passer l´arme à gauche après certaines missions. Il devait l´admettre, tout
homme orgueuilleux qu´il était, il s´était montré faible. La drogue n´était plus la solution, lui
donnant la migraine. Gobant pilule sur pilule pour être au mieux de sa forme décroissante,
sa dépendance n´était devenue qu´un problème de plus. Ne décuplant plus ses forces
comme autrefois, elle ne lui apportaient qu´un bref effet de tourni et des éclairs aveuglants.
Il était aussi devenu impuissant face aux putes, qui à leur tour ne pouvaient plus être cette
roue de secours qu´il cherchait. L´intelligent tient compte de ses limites, mais il était resté
sourd aux alertes qui s´étaient déclenchées en lui. Sa faiblesse s´en ressentait d´autant plus
ce soir.
Les mains crispées sur le volant, le pied sur l´accélérateur, il se remémorait cette longue
épopée. Elle commençait si glorieusement que le dénouement n´en devenait que plus
tragique. Des voix chuchotaient. Il se tapa la tête et elles s´estompèrent. Devant ses yeux
tombaient tous les cadavres de ses victimes, le considérant de cet oeil vitreux qui semblait
dire " Viens, viens nous rejoindre, c´est ton tour". Il se massa nerveusement le cou à
l´entente de toutes les sirènes derrière lui. Tout le monde était de la partie ce soir, l´armée,
le FBI, et les flics,pour une gigantesque fête dont il était le maître de bal.
Il fonçait dans la nuit noire, parfois forçant des barages de fourgons, sa ridicule
camionette tenant miraculeusement le coup. Pour combien de temps?
Les sirènes se faisaient plus denses, plus proches, reprenant toujours le même refrain
macabre. Il continua, contre vents et marées, jusqu´à arriver à l´aéroport St Francis. On
ne distinguait rien dans la pénombre. Il avait pris une longueur d´avance contre tous ses
poursuivants avec une simple camionette. Ridicule. Et maintenant qu´allait-il faire? prendre
l´avion? C´étair risible. Il se prit la tête à deux mains. Dehors, une lumière s´alluma, puis
deux, puis trois, puis tout un régiment. Il avait donné le maximum ce soir, et n´avait pas le
courage de compter tous les tanks. Le FBI arrivait en surnombre, suivi de près par la
police locale. Des voix meuglaient des ordres dans des mégaphones, perchées sur des
hélicos dont il entendait vaguement le bruit des pales, dans une autre dimension. Fin de
partie, Game Over. Mais il était beau joueur. il sortit de sa camionette, portes arrachées,
en levant les bras au ciel, puis la tête. Il vit la dizaine d´hélicoptères qui le survolaient. Tout
ce monde pour lui c´était sympa, vraiment. Il sourit, dans un dernier effort, et ferma les
yeux. Son corps trembla une bonne minute sous les rafales de plombs.