En attendant le vrai test de Jeuxvidéo.com
Dark Cloud 2
Mis à jour le 16/03/2003
Lors du lancement de la console PS2, les amateurs de jeux de rôle avaient très peu de jeux à se mettre sous la dent. Les premiers jeux de rôle disponibles étaient plutôt décevants. D´ailleurs, ils passeraient probablement inaperçus face à la compétition actuelle. Mais en juin 2001, Sony publiait Dark Cloud, un Action/RPG qui a connu un succès enviable sur le marché. Bien qu´il avait de nombreux défauts, ce produit amenait sa part de concepts intéressants et était assez original. Aujourd´hui, le développeur Factor 5 récidive avec Dark Cloud 2 et heureusement, il s´améliore à bien des égards sur son prédécesseur.
Dans le jeu, vous tenez le rôle de Maximilian, un jeune garçon créatif et débrouillard issu d´une famille fortunée de la ville de Palm Brinks. Son existence paisible est perturbée lorsqu´il se fait prendre à écouter une conversation dans laquelle il n´était pas le bienvenu. Un des intervenants, un clown corpulent et hostile, remarque que Max porte un pendentif à son cou. Ce bijou est orné d´une pierre précieuse que recherchait activement le clown. Elle a la propriété de permettre le voyage à travers le temps. Après s´être sauvé et avoir refusé de remettre la pierre précieuse à cet individu lugubre, Max rencontre Monica, une princesse provenant du futur. Elle demande alors à Maximilian de l´aider à vaincre des forces du mal provenant de son passé, pour les empêcher d´effacer le futur en changeant les événements du présent. Finalement, ils se rendent compte que la totalité du monde actuel a déjà été effacée, à l´exception de Palm Brinks, et qu´ils se doivent de rebâtir le présent pour sauver le futur.
Un concept important du jeu original est de retour, soit le système de Georama, qui consiste à recréer l´ensemble du monde qui a été effacé. Contrairement au premier Dark Cloud, où l´on devait restaurer le monde d´une façon bien précise, cette fois, on s’efforce davantage à réunir des éléments ensemble de façon à ce qu´ils se développent conjointement et normalement. Les instructions indiquant comment recréer les composantes d’un village sont contenues dans des Geostones, que l’on découvre à l’intérieur des nombreux donjons à explorer. Au fur et à mesure que vous complétez des objectifs de votre quête, vous pouvez voyager dans le futur pour constater le résultat de votre implémentation, en noter les lacunes, vous permettant de revenir au présent et de faire des modifications pour l´améliorer.
Personnellement, je n´étais pas enchanté par le Georama auparavant, et je ne l´ai pas vraiment apprécié davantage dans cette deuxième tentative. L´idée est bonne, mais le jeu ne suscite pas suffisamment notre intérêt à accomplir les objectifs. C´est comme si l´accomplissement de ces tâches ne représentait pas en soi quelque chose de pertinent ou qui en valait la peine. Par exemple, prenez la série Final Fantasy ou encore le plus récent Skies of Arcadia. Ces titres offrent un grand nombre de quêtes alternatives qui complètent l´expérience de jeu. Contrairement à Dark Cloud, le joueur manifeste un intérêt plus soutenu pour celles-ci puisqu´elles amènent des éléments additionnels au niveau de la quête, de nouveaux personnages ou des nouvelles armes et habiletés. Ne vous méprenez pas, le Georama est une excellente idée, mais elle n´est pas suffisamment bonifiée selon moi.
Une nouveauté de DC2 est l´habileté d´inventer des objets. Au début de la quête, on se voit remettre un appareil photo. À l´aide de celui-ci, on peut collecter des « idées » qui sont en fait des photos d´éléments des environs, comme par exemple une poubelle, une bouteille de lait ou une ceinture. On combine ces éléments pour créer un concept. Puis, on doit rassembler les matériaux nécessaires pour construire notre concept. À la fin de ce processus, on a créé un objet bien précis qui nous sera utile dans notre quête. Je vous conseille de prendre des notes car au nombre de photos que vous aurez à prendre, ce sera difficile de vous rappeler de tous les éléments dont vous aurez besoin. J´ai vraiment aimé ce nouveau concept, c´était assez drôle de prendre des photos de tout et de rien. Un fait plutôt cocasse est que vous pouvez prendre des photos des gens mais aussi des ennemis que vous rencontrez. Les photos prises sont parfois surprenantes, vous verrez!
Les combats sont nombreux et se déroulent dans de vastes donjons constitués de plusieurs niveaux. Fait à noter, ceux-ci sont générés aléatoirement, un peu comme dans Grandia Xtreme, aussi sur PS2. Heureusement, même si le niveau change à chaque fois qu’on y accède, les développeurs ont su bien équilibrer la création des niveaux. La taille, le nombre d’ennemis et la difficulté de ceux-ci sont toujours très acceptables. Pour passer d’un niveau à un autre, on doit ouvrir une porte spéciale à l’aide d’une clé qui a été attribuée à un des ennemis du niveau aléatoirement encore une fois. Pour rendre le processus intéressant, chaque niveau possède un défi qui lui est associé. Cela peut être de vaincre tous les ennemis à l’aide d’une seule arme, de terminer le niveau dans un laps de temps précis, etc. Malgré cela, j’ai trouvé l’exploration des donjons un peu répétitive, voire même ennuyante à l’occasion. Au début, c’est intéressant et nouveau, mais on se lasse assez rapidement de toujours vaincre les mêmes ennemis de la même façon, et les niveaux ne possèdent pas d’énigmes ou de complications additionnelles. Et si on veut relever les défis proposés au début de chacun des niveaux, on doit recommencer plusieurs fois chacun d’entre eux, ce qui n’est pas nécessairement intéressant.
Parfois, Max et Monica rencontrent des ennemis qui sont très puissants et qui paraîssent invincibles. Heureusement, Max peut réquisitionner les services de son robot nommé Steve. Ce dernier est particulièrement utile lors de combat contre les ennemis les plus coriaces.
Un élément clé de Dark Cloud 2, primordial si vous voulez survivre dans cette jungle, est la mise à niveau de vos armes. Pour ce faire, vous devez d’abord amasser des points ABS, soit les petites billes bleues que les ennemis vous donnent lorsque vous les éliminez. Lorsqu´une de vos armes passe à un niveau supérieur, vous recevez des points synthesis, permettant à votre arme de gagner des points d’habileté. L’autre façon d’augmenter la puissance de vos armes est un processus nommé « spectrumizing », qui consiste à transformer des objets que vous trouvez en synth spheres. Les items trouvés ont tous des propriétés différentes, et donc ils n’augmentent pas tous de la même manière la puissance de l’arme sélectionnée. Il existe une infinité de possibilités, considérant le nombre d’objets que vous pouvez utiliser et le nombre d’habiletés de chaque arme, vous pouvez passer des dizaines d’heures à essayer des combinaisons différentes dans le but d’obtenir l’arme la plus appropriée selon vos besoins.
Finalement, Dark Cloud 2 comprend un bon nombre de mini-jeux. Il y a d’abord le petit jeu de pêche, qui est simple mais tout de même amusant. Lorsqu’on attrape un poisson, on peut ensuite en prendre soin. Pour ce faire, on doit le placer dans un aquarium, plusieurs types étant disponibles. Plus tard, on peut même inscrire notre poisson dans des courses, c’est assez spécial! Il y a aussi le Spheda, un golf à la sauce Dark Cloud. Ces activités n’ont pas vraiment d’influence sur le déroulement de notre quête, mais elles ont tout de même le mérite de réussir à nous distraire entre deux niveaux de donjons!
Graphiquement, le jeu m’a renversé. Contrairement au premier titre de la série, Dark Cloud 2 propose plutôt un look fantaisiste, un peu comme une bande dessinée, utilisant la désormais populaire technique de cel-shading. Ce qui m’a le plus impressionné, c’est l’attention aux détails, omniprésente dans tout l’univers de cette longue quête. Les environnements sont bien rendus, colorés et crédibles. Ce monde, on y croit, il a une âme. Notre personnage y vit, le matin, le jour et la nuit. Parfois il fait beau, parfois le temps est pluvieux. Toutes ces petites choses sont implémentées dans le jeu, et c’est une attention que j’apprécie particulièrement. Vous verrez, dès les premières minutes de votre aventure, vous serez littéralement plongé dans cette belle magie qu’est le monde de Maximilian.
Au niveau sonore, le jeu ne déçoit pas non plus. La musique est agréable, elle colle bien à l’action et au monde dans lequel nous sommes. La trame sonore est variée et supérieure à la plupart des autres titres du genre sur le marché. De plus, les voix des personnages sont très bien dans l’ensemble. Dark Cloud 2 ne fait pas dans la marginalité, les voix sont très caricaturées et souvent exagérées. Mais comme la grande majorité des jeux du genre emploitent la même recette, je ne considère pas que ce soit une faute en soi. Un peu comme le héros Tidus de Final Fantasy X, on aime ou on n´aime pas.
Pour ce qui est des contrôles, je serai bref. Si vous avez eu de la facilité à adopter la mécanique de la série The Legend of Zelda sur les consoles de Nintendo, vous n’aurez aucune difficulté avec Dark Cloud 2. Plusieurs principes sont similaires, j’ai même trouvé que dans ce cas-ci, le comportement du personnage était plus prévisible et donc moins frustrant par moment. Ce n’est définitivement pas un point qui a été négligé par les développeurs.
Même après avoir vu beaucoup de bons commentaires à propos de ce jeu de rôle, j’étais encore sceptique, je devais en avoir le coeur net. J’ai moi aussi été surpris de constater que cette deuxième aventure est supérieure à presque tous les points de vue à la précédente. On peut définitivement parler d’un des meilleurs jeux de rôle disponible sur le marché actuellement. Cependant, Dark Cloud 2 a sa part de défauts. Il est répétitif par moment et il demande beaucoup de temps et de patience pour expérimenter tous les éléments de jeu. De plus, l’histoire n’est vraiment pas extraordinaire ou particulièrement originale. Cependant, ce qui est étrange, c’est que le jeu ne s’appuie pas sur les conventions du genre pour justifier son succès. Ce n’est pas son histoire, ses personnages ou des magies grandioses qui ont fait que j’ai apprécié cette aventure. J’ai plutôt aimé la créativité du système d’invention, l’originalité du Georama et la grande liberté qu’offre le jeu à tous les points de vue. DC2 n’est pas immersif ou épique, je ne m’identifie pas à son héros, et ce n’est pas mon anxiété à découvrir ce qui se cache à la fin du donjon qui va me faire progresser dans ma quête. C’est le plaisir d’y jouer, le plaisir d’essayer des tas de combinaisons différentes et le souci de me dépasser en tentant de relever tous les défis offerts par cette aventure qui fait que j’en redemande heure après heure. Dark Cloud 2 n’est pas un jeu de rôle comme les autres, mais il a un petit quelque chose qui vaut définitivement la peine d’être découvert. Donnez-lui sa chance, car l’essayer, c’est l’adopter.
Revue écrite par Bruno Fiset
Gameplay: 90%
Graphismes: 90%
Son et Musique: 85%
Contrôles: 85%
Challenge: 90%
Longévité: 95%
Cote générale: 89%