Les triplettes de Bahreïn
Deux courses, deux victoires. Le début de saison de l´écurie Renault frôle la perfection. Giancarlo Fisichella en Australie puis Fernando Alonso en Malaisie ont ainsi propulsé l´équipe française en haut de l´affiche. Pour le troisième acte de la saison à Bahreïn, les regards seront évidemment tournés vers les Jaune et Bleu, leaders logiques du championnat. L´heure n´est cependant pas à l´euphorie du côté de Renault, qui sûr de sa force, s´attend tout de même à une réaction de la concurrence et notamment de Ferrari.
Pour l´heure, Renault mène la danse.
Renault joue la passe de trois. Une évidence qui n´a cependant rien d´assuré tant la concurrence semble sur le qui-vive. Outre l´introduction de la nouvelle Ferrari, McLaren Mercedes, Williams.BMW ou encore Toyota ne sont pas restés inactifs depuis Melbourne. Heureusement, Renault reste parfaitement conscient de la réalité des forces en présence et du travail nécessaire pour rester en haut de l´affiche. " Nos succès lors des deux premiers Grand Prix ont forcément fait grimper notre cote, mais rien n´est encore acquis", reconnaît Bob Bell, le directeur technique. Chacun aspire ainsi à pérenniser cette superbe entrée en matière plutôt que de se reposer sur ses lauriers.
" Je sais que le team travaille dur sur de nouveaux développements pour la saison européenne. En effet, nous ne sous-estimons pas nos adversaires. Je pense que la lutte sera rude mais sur les deux premières courses, nous avons disposé d´une bonne motricité, de beaucoup d´efficacité au freinage et de vitesses de pointe intéressantes. Trois facteurs qui devraient nous aider à grimper sur le podium", ajoute un Giancarlo Fisichella flamboyant. Pour parvenir à viser une place sur le podium et si possible sur la plus haute marche, le pilote Espagnol apporte quelques précisions utiles: " Il faut disposer d´une bonne stabilité au freinage pour éviter de bloquer les roues, d´une bonne adhérence mécanique, et d´un moteur puissant."
Exigeant avec les freins
Comme bien souvent, il sera toutefois question de compromis à l´heure de faire les réglages. Car pour gérer au mieux les deux longues lignes droites, il faut peu d´appuis. Une donnée à intégrer sans pour autant déséquilibrer l´équilibre général de la monoplace notamment pour ce qui concerne les nombreux freinages appuyés... Et comme beaucoup de ses concurrents, Renault mettra la gomme sur la gestion des freins et du moteur. Deux parties des monoplaces qui seront mises à rude épreuve dans le désert.
" Le circuit de Sakhir constitue un vrai test pour les capacités de freinage d´une monoplace de Formule 1. En termes d´usure des freins, il est, avec Montréal, le plus exigeant du calendrier. C´est assez normal puisque par trois fois, les pilotes doivent passer de 320 km/h au premier ou au deuxième rapport", confirme Rod Nelson, ingénieur course châssis de Fernando Alonso. Pour cette course, Renault a ainsi adapté ses monoplaces en plaçant les écopes de freins les plus grandes de la saison.
Attention au grain de sable
Pour ce qui est du moteur, il y a différents points à gérer. Le premier découle directement de la nouvelle réglementation puisque les V10 seront ainsi utilisés à Sakhir mais aussi à Saint-Marin, deux des circuits les plus exigeants... " Les moteurs passent 62% du tour à pleine charge, un chiffre qui se situe dans le top 5 de la saison. De ce fait, l´attelage mobile du moteur est mis à rude épreuve. Les deux lignes droites impliquent de longues périodes à haut régime, ce qui fatigue encore les pièces en mouvement", confirme Rémi Taffin, ingénieur moteur de la Renault numéro 5. Outre l´utilisation accrue du moteur, il faudra également éviter que des grains de sable ne viennent enrayer ces belles machines. Il y aura donc une attention toute particulière placée dans les filtres à air...
Entre respect et ambition, Renault savoure cette position nouvelle qui lui permet d´envisager la suite avec optimisme. Une situation de référence qui ne lui a apparemment pas fait tourner la tête...