Et oui, les développeurs touchent 4 Euros, les éditeurs qui financent le travail un peu plus, et ce sont les distributeurs ( qui ne font rien) qui ramassent le gros lot, à savoir la moitié du prix de vente après déduction de la TVA. Malheureusement ce problème est général dans l´ensemble du commerce, et c´est pourquoi par exemple nos agriculteurs sont en train de crever alors que les prix de vente de cessent
d´augmenter. Certains consommateurs commencent à prendre conscience que le système est vérolé et que ça va mal finir, mais la révolution n´est pas pour demain... Je ne suis pas anarchiste, seulement un mec lucide qui se dit que l´avenir marqué par "les délocalisations" ne sera pas rose pour les Européens que nous sommes.
Revenons aux jeux vidéo ! Le système que tu proposes paraît sympa au premier abord mais, hélas, ça ne tiens pas la route. Je n´ai aucun a priori contre l´équipe d´Arx Fatalis, mais qui peut prédire l´avenir ? Qui peut garantir qu´après le prépaiement par les joueurs sortira réellement dans deux ou trois ans un jeu intéressant, correspondant à nos attentes, terminé et pas trop buggé ? Qui peut garantir qu´un aigrefin ne déclarera pas l´entreprise en faillite après avoir mis l´argent à l´abri dans un paradis fiscal ? Désolé, mais en tant que consommateur je ne prendrai jamais le risque de payer longtemps avant de voir et recevoir.
Par contre, en tant que joueur, je ne peux que conseiller aux développeurs d´en revenir aux fondamentaux du jeu vidéo. Oublions un peu la technique, grande consommatrice de pognon, pour nous concentrer sur le principal, à savoir une HISTOIRE et un SCENARIO. La plupart des jeux aujourd´hui s´ingénient à mettre en scène de la façon la plus réaliste possible ce qui n´est jamais qu´un long massacre : il faut tuer, étriper, exploser un maximum "d´ennemis" sans autre motivation que de "nettoyer" le terrictoire. Désolé, mais j´ai éprouvé cent fois plus de plaisir avec les Indiana Jones, The Dig ou les Ultima qu´avec Quake3 ou Max Payne, et pourtant les graphismes de l´époque étaient loin de la 3D d´aujourd´hui. Mais ces jeux faisaient rêver, s´évader, et tout ça sans violence gratuite. Certes Indy devait bien éliminer quelques nazis de temps en temps, mais ce n´était pas le but du jeu, qui était de dérouler et finir une histoire.
Alors halte à la dictature du nombre de facettes et de la taille des textures ! Je me fous de pouvoir tripoter, déplacer et détruire tous les objets dans un jeu. Pouvoir ouvrir tous les robinets ou tirer des chasses d´eau uniquement pour voir de l´eau couler ne présente aucun intérêt dans un jeu vidéo ( sauf si le héros a besoin d´eau, évidemment). Au lieu de dépenser un pogron monstre pour créer des tonnes d´objets en 3D déplacables qui ne servent à rien, si ce n´est à faire perdre toute fluidité au jeu qui croule sous le nombre d´objets à gérer, que les développeurs réapprennent à nous faire une bonne vieille histoire qui nous donne envie de voir la fin, non pour juger de la diversité des graphismes des différents niveaux, mais parce qu´on veut savoir le fin mot du récit. Les développeurs d´Arx Fatalis semblent avoir compris ça, aussi le fait que le scenario soit scripté ne me gêne donc pas, bien au contraire : c´est leur histoire que je lis, comme ils veulent nous la raconter.
Tout le problème de l´équipe d´Arx Fatalis, équipe française, est d´être distribués et soutenus suffisamment dans le monde pour vendre le nombre d´exemplaires nécessaires à la rentabilité de leurs développements. S´ils avaient été édités par Sierra ou Microsoft, nul doute qu´ils s´en sortiraient. J´espère qu´ils trouveront un producteur intelligent pour les soutenir, s´il en reste dans l´industrie des jeux vidéo. Et à nous consommateurs de ne pas acheter les produits surfaits à coup de licence. Il faudrait réfléchir et choisir, mais en sommes nous encore capables ?
Pouuuh ! Un texte pareil un 1er janvier, cette année 2003 ne commence pas sous les meilleurs auspices. Allez, je retourne à Arx, le roi Gobelin attend son idole, et je dois sauver le monde... c´est encore possible dans les jeux vidéo !
Bonne année à tous,
Daneel ( Copyright Isaac Asimov, conteur de belles histoires pour l´éternité)