La mélancolie est tout simplement une chose horrible.
La musique se jouait dans le silence de la nuit, portant jusqu'à lui, jusqu'à son cœur, ses notes douces et profondes. La voix du chanteur évoquait la tristesse et la solitude, un écho de la sienne. Il ne comprenait pas cette mélancolie, il ne savait expliquer sa présence. Mais elle était là. Elle était comme une amie lointaine trop longtemps attendue. Il y avait pris gout, sans vraiment arriver à s'y faire. La lente mélodie s'échappe de la guitare, attise sa peine, serre son cœur. Il regarde l'écran sombre de son portable, aucun message. Ce n'était pas comme s'il ne s'y était pas attendu... La chanson se poursuit, sa mélancolie aussi. Son visage s'affaisse, ça devient trop dur. Et pourtant, il n'enlève pas les écouteurs de ses oreilles, il ne met pas sa playlist en pause, il ne se force pas à trouver le sommeil. Ce dernier le fuit de toutes façons. Et le garçon reste là, à écouter la musique, reflet de sa souffrance.
Les dernières secondes arrivent, la voix du soliste se fait murmure, les derniers mots résonnent, les sentiments qu'ils transportent plus fort qu'à n'importe quel moment de la chanson. Ses pensées le torturent encore, son cœur le supplicie d'avantage alors que la mélodie s'éteint. Ne reste que le silence lourd de ces 4h du matin. Il lui hurle toutes ses vérités que la musique lui cache. De nouvelles dagues se plantent en lui. Le garçon relance encore une fois la musique, étouffant de son mieux ses larmes de tristesse...