La métaphore du lieu n'était peut être pas la meilleure, je vais utiliser des termes plus direct : être convaincu de faire le Bien, ne change pas le fait que tu sois entrain de le Mal. Tu peux te dire que ce que tu fais est Bien, mais ce ne seront toujours que des berceuses que tu te chantes pour ne pas entendre le Mal.
C'est au fond, peut être même pire que de faire le Mal simplement parce que l'on en a pas conscience, car tu choisis de le faire délibérément.
C'est comme jouer avec des figurines, en s'imaginant que ce sont de vraies hommes.
Sauf qu'ici la situation est inversé. Et qu'une fois que tu as fais tomber une figurine, tu ne peux plus la relever.
"Se voiler la face" "Regarder ailleurs" c'est assez significatif de cet état.
C'est une des raisons pour lesquels j'ai quitté l'armée : je ne veux pas me raconter d'histoires. Je vais pas fermer les yeux et me boucher les oreilles, juste pour apprendre à faire la gueguerre et m'amuser dans mon coin en pensant à ma carrière qui aurait soit disant été brillante, mais en réalité au dépend de la vie de mecs qui, quoi qu'on en dise, n'ont pas tous choisit d'être des combattants. J'ai décidé que des bouts de metals accrochés à un mur, et des "états de service" ne vaudraient rien au crépuscule de ma vie, quand je ne pourrais plus regarder mes enfants et mes petits enfants dans les yeux en leur expliquant comment tout ça a été récolté et au non de quel cause. Car tôt ou tard tu paies pour ce que tu fais, Bien ou Mal, et tu es confronté à la réalité Brut et Objective. Et dans ce cas, continué à porter cette uniforme ça aurait été accepter un héritage qui n'est pas aussi resplendissant qu'on nous l'apprend dans les livres d'histoires (Si vous voyez pas, demander aux Vrais américains, aux Africains, aux Sud américains, ils se feront une joie de vous faire un cours d'histoire colonial).