Je suis en stage dans une radio locale (piston power) et je fais bénévolement de petits reportages (microtrottoirs)
Je vais chaque jour vous dire que j´ai fait, comme ça, vous aurez vous aussi un peu fait le stage...
Première chose qu´on m´a fait faire: étudier l´historique de la radio. deux gros classeurs de 10 cm d´épaisseur plein de coupures de journeaux et de brochures archivées depuis 1990
Deuxième chose, j´ai pris le Nagra, microphone dont le prix est si élevé que je préfererais perdre une jambe que de l´abimer (la moitié du prix d´une voiture) et je suis descendu dans la rue faire des interviews...
Faire une interview a l´air super simple comme ça... Mais en fait, les premières sont affreusement pourries, parce qu´on a pas la technique.
J´ai ainsi appris:
-Aborder les gens est très difficile. Ce n´est pas une question de timidité mais de mise en confiance... Si vous leurs sautez dessus et que vous leur mettez le micro dans la bouche, un malaise s´installera.
-Mais ça ne suffit pas, il faut rassurer les trois quarts des gens en leur disant qu´ils resteront anonymes, en précisant le nom de la radio, en les rassurant sur le faible temps que l´interview va prendre.
-le micro doit être placé sous le menton
-il faut paraître détendu, sinon la réponse sera aussi peu détendue et passera très mal a la radio.
-Il faut évacuer tout type de tics de langages ("alors heu", "donc bon")
-Il faut connaître vos questions par coeur et être capable d´écouter votre interlocuteur tout en pensant à la question suivante et à sa prononciation
-prononciation qui doit être de qualité, avec un ton propre au journalisme
-il faut enchaîner les questions, sans jamais donner son avis (même un "d´accord" de liaison est formellement interdit)
-Si la réponse est trop brève, ou à coté, il faut amener l´interviwé à préciser avec une nouvelle question, ce qui oblige à penser vite.
Pour moi, le plus dur a été de paraître confiant sans donner mes opinions. Mais j´y arrive plus ou moins. J´ai presque gagné ma lutte contre les tics de langage et je suis assez content de moi pour mes reportages sur le cannabis et sur le camping.
Mais après le reportage, il y a le montage!
On met la carte mémoire du Nagra dans une sorte de mixeur, un gros nagra de 12000 euros, qui permet de faire le montage...
Et que c´est dur... Il faut manipuler les boutons comme un véritable DJ pour avoir une personne parlant à peine quelque secondes, alors qu´elle vous a parlé de son chien, de sa famille, et d´autres trucs pas interessants.
Il faut que ça paraisse naturel, qu´on voit pas qu´il y ait un montage. Mine de rien c´est tellement dur que rien que la maitrise de l´outil doit mettre plusieurs années.
Anyway, I´ll make you euwaire zi next dèys