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Apologue(s)

News jeu

Expeditions: Samurai veut révolutionner le RPG tactique avec une aventure entièrement jouable en coop

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GnomeImperial
GnomeImperial
Niveau 9
18 avril 2006 à 00:26:14

Apologue: récit allégorique,une histoire en vers ou en prose, qui met en scène des animaux, des végétaux, parfois des humains ou même des des notions (La mort)et dont le lecteur peut tirer une leçon morale, un enseignement.
Il y a plusieurs genres qui font sont compris dans les apologues comme les fables, les contes...

Je vous propose le mien, n´hésitez pas à le juger!

Le Chêne,les Bûcherons et la Fauvette

Autrefois,lorsque vous empruntiez le sentier balisé qui longe la rigole de la Forêt de la Loubatière,une promenade de cinq kilométres vous menait au pied d´un majestueux chêne vert.Son feuillage abondant,son écorce sculptée et sa splendeur lui valaient l´admiration des passants;pour son malheur, ces atouts furent également la cause de sa fin.
Un bel hiver, curieux de voir de le leurs propres yeux cet arbre dont on louait la beauté dans toute la région alentour, deux bûcherons prirent le chemin de la rigole et vinrent l´dmirer. Arrivés devant l´arbre innocent, tous deux s´accordèrent pour dire qu´ils n´avaient jamais vu arbre plus splendide.Toutefois, en vrais bûcherons qu´ils étaient, ils ne pouvaient louer un arbre sans penser au bois qu´il produirait; l´avidité ne fut donc pas longue à l´emporter sur l´admiration: il s´ensuivit une querelle, chacun voulant porter le premier coup de hache au tronc du malheureux chêne.
De son nid perché au sommet de l´arbre, Dame Fauvette observait la scène avec inquiétude.
<<Pourquoi trembles-tu ?> > lui demanda un des six oisillons qu´elle protégeait sous ses ailes; mais la mère ne voulut pas leur dévoiler cause de ses angoisses. Fort heuresement, il lui sembla que ses craintes n´avaient plus lieu d´être lorsqu´elle vit les deux bûcherons s´éloigner.
Pauvre Dame Fauvette! Comment pouvait-elle se douter de la suite des événements ? La même nuit, un des deux hommes revint seul au pied du Chêne Vert de la Loubatière et se mit en tête de détrôner le majestueux centenaire.
Avec l´arbre, il détruisit le nid de Dame fauvette. ET les oisillons ? Incapables de voler, le bûcheron les abandonna au milieu du sentier; privés de la chaleur du plumage maternel, de celle du nid et de l´hospitalité du chêne vert, ils errérent quelques jours avant d´être privés du dernier bien qui leur restait; la vie.
<<Hélas, on voit que de tout temps
Les petits ont pâti des sottises des grands ! >>

P.S : Le vocabulaire employé est volontairement courant pour rendre accesible au plus grand nombre cette "Fable".

Ce style est trés peu usités (ce qui est fort dommage car un peu de sagesse nous ferait pas de mal)chez les "écrivains" actuels( mis entre guillemets car aprés Yourcenar la littérature ne s´est pas encore revendiquer...j´espère que cette crise culturels n´est qu´un passage...)

JULES-JACQUES
JULES-JACQUES
Niveau 3
18 avril 2006 à 10:49:20

L´Univers tout entier – disaient les philosophes grecs – est rempli d´âmes et de démons, c´est-à-dire d´esprits. Car pour qu´il y ait spiritualité, il doit y avoir des esprits, de même que, selon Nietzsche, «pour qu´il y ait divinité, il doit y avoir des dieux». Et pour les Grecs il y avait dans cette divinité, plénitude spirituelle de l´Univers, trois ordres ou trois mondes de nature distincte: celui des dieux, celui des hommes et celui des démons. La différence entre ces mondes était une distance ou une distinction simplement élémentaire: le monde élémentaire de l´homme c´est la terre, celui des dieux le ciel éthéré, celui des démons l´air. Pour nous en tenir à ce que l´on appellera l´interprétation classique du Démon, nous le rencontrons de prime abord en l´air ou dans les airs, peuplant l´atmosphère d´invisibles présences spirituelles. La nature aérienne ou irritée du ou des démons avait pour les Grecs le sens d´une intercession ou d´une médiation divine: les démons étaient des créatures aériennes destinées à transmettre et à transporter des messages entre les hommes et les dieux. Aussi étaient-ils indifféremment bons ou mauvais suivant, disons, le succès de leurs médiations ou transmissions, de leurs négociations célestes, car c´étaient en quelque sorte des agents de change ou d´échange spirituel des hommes avec le ciel. Et par là-même soumis, tel que le rapporte saint Augustin suivant le témoignage d´Apulée, aux mêmes passions humaines; encore que certains, ajoute-t-il, aient cru que c´étaient les hommes qui, de leurs passions et de leurs vices, contaminaient les démons. (Dans le livre apocryphe d´Enoch, on apprend que le péché des anges, celui qui en fit des démons, fut de tomber amoureux des femmes.)

Cette intercession ou médiation divine attribuée aux démons fut à l´origine des arts magiques comme autant de mauvais procédés, c´est-à-dire comme la possibilité pour l´homme d´exercer son influence sur les démons, au lieu d´être soumis à leurs malignes ou bénignes influences; un art, si j´ose dire, de les contraindre à se laisser utiliser à son profit. Je n´ai pas à m´arrêter sur l´histoire embrouillée de ces relations séculaires qui n´intéressent en rien l´importance même du Démon, ni même sur l´interprétation hermétique des Grecs. Et je dis hermétique car l´Hermès grec, messager céleste, psychopompe, conducteur des âmes ou des morts dans le labyrinthe de l´Enfer, était déjà, au sein même de la version plurielle des Grecs, une représentation unifiée du Démon. Le mythe d´Hermès synthétise toutes les qualités démoniaques intermédiaires entre hommes et dieux; de fait, aussi bien dans l´Hermès grec que dans son équivalent latin Mercure, les chrétiens virent une parfaite représentation ou incarnation idolâtre du Démon. C´est à cause de sa nature démoniaque de médiateur divin qu´avec finesse le christianisme le dénonce en affirmant, par les paroles de saint Paul, que le seul «médiateur de Dieu et des hommes c´est le Christ Jésus».

Point n´est besoin pour le chrétien de médiation céleste; pas même, en ce sens, des anges. Aussi le christianisme offre-t-il de la plénitude spirituelle de l´univers une interprétation différente: toutes les créatures célestes (dieux et démons des Grecs), d´identique nature élémentaire, non seulement aérienne mais lumineuse, furent, en troisième lieu, séparées de Dieu; non de par leur nature, comme dit saint Augustin, mais de leur propre volonté. Dieu sépara le monde angélique du démoniaque comme la lumière des ténèbres, la nuit du jour. Le Démon, que la Bible nomme avec prédilection Satan, Satanas ou Lucifer – défini chez le prophète Isaïe comme «celui qui naît le matin», tous les matins –, le Démon est celui qui, avec ce nom lumineux de tentateur et d´adversaire, assume l´empire des ombres. Mais il faudrait signaler que l´ombre du divin peut apparaître à nos sens comme une lumière. Le Démon peut nous être lumière. De fait, saint Paul dit qu´il nous apparaît «voilé d´angélique lumière». Telle est la «lumière ténébreuse» que lui attribue, dans son Pimandre, Hermès Trismégiste, souvent allégué par saint Augustin, celui qui se croyait petit-fils de l´Hermès grec, c´est-à-dire petit-fils du Démon: «Hermès, mon grand-père – écrit Trismégiste –, dont j´ai hérité du nom, fut le premier inventeur de la médecine; un temple lui est consacré sur le mont Libye, près de la côte aux crocodiles; ci-gît son homme mondain, c´est-à-dire son corps [Hermès appelle homme au monde un corps mort, un cadavre], car ce qui reste de lui, ou mieux, lui tout entier, pour autant qu´un homme puisse être entier dans le sens de la vie, est remonté meilleur au ciel»... À Hermès est aussi attribuée, dans son mythe, l´invention de la musique et de la parole, Hermès voulant dire en effet: la parole céleste. Parole et musique qui sont dans l´air. Hermès divinité, dieu de l´air ou des airs, est comme une personnification de tous les démons réunis et vient se présenter à nous comme un anté-Christ, un anti-Dieu ou un contre-Dieu en définitive, comme le démon des démons, le Démon lui-même.

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