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Je viens vous soumettre mes quelques péripéties, à vous, célibataires en quête de sensations fortes.
Mais commençons par une petite présentation, afin que vous soyez dans le bain. Soit, je travaille à la Bibliothèque François Mitterand, sur les quais de la Seine, dans le 13ème arrondissement. Ma dure journée de labeur terminée, j'avais décidé de me rendre à la Fnac du centre commercial Italie 2, afin de m'octroyer un petit peu de bon temps.
Tout commence, naturellement, par un coup d'oeil aux Blu-ray. Toutes ces réductions, ces packs, ces deux pour le prix d'un, ça fait mal à la tête. Je me dirige ainsi vers le rayon jeux-vidéo, qui se trouve un peu plus à droite. Quelques jeunes qui se branlent presque devant une cinématique de Dead Space 2, une petite fille qui réclame à sa mamie un jeu sur DS, et enfin les gens comme moi qui déambulent dans le rayon, sans but précis.
Ayant fait mon petit tour, je décide de consacrer du temps à mon intellect et ma culture, et je me rends ainsi au rayon librairie. Oui, vous savez, les livres, les trucs avec des pages qu'il faut lire, même que y a des mots imprimés dessus !
Soit, je m'attarde un peu devant les romans "Asie", notamment japonais, au cas où ils auraient des romans de Ranpo Edogawa... Il n'y avait rien. Passablement déçu, je me retourne, prêt à partir... c'était sans compter cette magnifique créature qui se tenait juste derrière moi, les yeux plissés (oui bon...) pour tenter, sûrement comme moi, de trouver la perle rare... Je l'évitais d'un pas, accompagné d'un sourire harsardeux et d'un "pardon" timide, et j'allais voir les romans francophones.
Bon, la lettre H, c'est où... ah, là ! Victor Hugo.
Quitte à m'être déplacé jusqu'à ce rayon, autant que j'en profite pour acheter un livre. Je scrute les reliures, jusqu'à tomber sur "Les Misérables". (quelle originalité, me direz-vous)
Tome I... soit, je feuillette. C'est du balèze, dis-donc ! Dans un élan de culture littéraire, je met ce tome sous mon bras : je serais pas venu à la Fnac pour rien.
Je me retourne, prêt à partir, fier de mon achat, qui à la base se voulait plutôt asiatique... ah mais, j'te reconnais toi !
Sitôt retourné que je tombe à nouveau nez-à-nez avec la charmante créature de tout à l'heure. Vous l'aurez certainement compris, elle est asiatique. (yeux plissés, Paris 13, romans asiatiques... vous aviez pas compris ?!)
A nouveau ce sourire gêné qui se dessine sur mon visage, quand enfin elle pose un regard sur moi, puis sur l'énorme truc que je tiens sous mon bras.
Elle prit elle aussi un livre de Victor Hugo, dont je n'ai pas eu le temps de lire le titre, pendant que je m'éloignais peu à peu d'elle.
Elle ne se retourna pas. (moi si, sinon j'aurais pas pu admettre qu'elle ne s'était pas retournée)
AVOUEZ VOUS AVEZ CRU QUE J'AVAIS EU SON NUMERO ET TOUT !
A mon passage à la caisse, j'ai pleuré.