(Hollywood, Floride) Quand, sous le coup d'une expulsion, il n'y a plus rien d'autre à faire que de courber l'échine et plier bagage, il reste une dernière réplique: l'insulte.
«FUCK YOU, ROBBERER, SEMINOLE ASSHOLE», crachent les graffitis sur les murs d'une élégante maison mobile abandonnée dans Seminole Estates, à Hollywood, en Floride. Ici, dans ce parc de résidences mobiles bien astiqué réservé aux 55 ans et plus, le doux farniente du Sud a fait place à la colère, à l'angoisse, à la tristesse et à la résignation. Les propriétaires de plus de 700 maisons mobiles du parc, dont presque la moitié sont québécois, ont appris à la mi-septembre que leur bail se terminerait le 31 décembre. Ils devront tous avoir quitté l'endroit au plus tard le 30 juin.
Ouvert en 1969, le parc se trouve sur la réserve des Indiens séminoles. La riche tribu, qui exploite sept casinos en Floride, dont deux tout près du parc de maisons mobiles, veut maintenant utiliser le terrain autrement. Pour y installer des membres de la tribu, assurent les Séminoles. Pour étendre leur empire du jeu, soupçonnent plutôt les expulsés.
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