"toute la lumière"
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au chiottes les racailles bien fait pour leur gueules
Chirac sort enfin de son mutisme :
L´Elysée appelle à l´apaisement après les violences en banlieue
[2005-11-02 13:30]
PARIS (Reuters) - Jacques Chirac a prôné fermeté et conciliation après une sixième nuit de violences en banlieue parisienne, demandant que "les esprits s´apaisent" et que la loi s´applique "fermement et dans un esprit de dialogue et de respect".
S´exprimant en conseil des ministres à la suite d´un point de Nicolas Sarkozy sur la situation en banlieue, le chef de l´Etat a invité le gouvernement à "redoubler d´efforts" face aux "blessures" et "frustrations profondes" qui se sont "accumulées" dans les cités.
Soulignant qu´il ne pouvait exister de "zone de non-droit en République", il a demandé que les résultats des enquêtes sur le décès de deux jeunes à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) et celui d´un père de famille battu à mort à Epinay-sur-Seine, dans le même département, soient connus au plus vite.
"Il faut que les esprits s´apaisent. Il faut que la loi s´applique fermement et dans un esprit de dialogue et de respect. Car l´absence de dialogue et l´escalade de l´irrespect mèneraient à une situation dangereuse", a souligné Jacques Chirac, dont les propos ont été rapportés par Jean-François Copé, porte-parole du gouvernement.
Le président de la République a rappelé le "décès dramatique" jeudi dernier de Zyed Benna et Bouna Traore, morts électrocutés à Clichy dans un transformateur EDF où il s´étaient réfugiés, croyant être poursuivis par la police - à tort, selon les autorités.
"Je souhaite que les résultats des enquêtes (...) soient connus au plus vite. C´est essentiel", a-t-il dit.
"Je demande également que tout soit mis en oeuvre pour que les auteurs de l´ignoble assassinat de M. Jean-Claude Irvoas soient sanctionnés comme ils le méritent", a-t-il ajouté.
"LA VIOLENCE N´EST PAS UNE REPONSE"
Il a également jugé "indispensable" d´élucider les circonstances dans lesquelles la mosquée de Clichy-sous-Bois a été la cible dimanche d´un jet de grenade lacymogène, "et d´en tirer toutes les conséquences".
"Mais, au-delà de l´enquête et du rétablissement de la sécurité publique, nous devons agir en nous fondant toujours sur les principes qui font notre République: chacun doit respecter la loi, chacun doit avoir sa chance".
Dans ce cadre, Jacques Chirac a exhorté les pouvoirs publics à "poursuivre et amplifier action contre la violence".
"Il ne peut pas exister de zone de non-droit en République et il revient aux forces de l´ordre, qui agissent au service et des Françaises et des Français, dans des conditions souvent très difficiles, de faire appliquer la loi et de garantir à chacun le respect et la sécurité", a-t-il dit.
Dans le même temps, a-t-il poursuivi, "nous devons redoubler d´efforts pour assurer l´égalité des chances".
"Des blessures et des frustrations profondes se sont accumulées. Mais la violence n´est pas une réponse", a insisté Jacques Chirac.
"Nous nous sommes donné de puissants moyens d´agir pour assurer l´égalité des chances, avec la loi de cohésion sociale, avec le plan de rénovation urbaine, avec la Haute Autorité de lutte contre les discriminations, avec notre politique d´intégration", a-t-il affirmé.
"Mais, nous le voyons bien, il faut aller plus vite encore en associant action immédiate sur le terrain et développement du dialogue."
Jacques Chirac a demandé au gouvernement de faire le point de la mise en oeuvre de ces mesures "dans un délai d´un mois" en conseil des ministres et de "faire des propositions pour accélérer et renforcer leur efficacité".
"Nous examinerons aussi le plan de prévention de la délinquance que je vous demande, monsieur le Premier ministre, de préparer", a-t-il conclu.
roooh ""LA VIOLENCE N´EST PAS UNE REPONSE"
celui la alors ![]()
DonBarzini Posté le 02 novembre 2005 à 13:52:01 Avertir un administrateur à propos de ce message !
roooh ""LA VIOLENCE N´EST PAS UNE REPONSE"
celui la alors
A qui s´adresse-t-il ? les casseurs ou Sarko ? ![]()
PARIS (Reuters) - Jacques Chirac a prôné fermeté et conciliation après une sixième nuit de violences en banlieue parisienne, demandant que "les esprits s´apaisent" et que la loi s´applique "fermement et dans un esprit de dialogue et de respect".
Il a toujours pas compris, que ont peut pas Dialoguer... ![]()
Il ferait mieux de rendre les 300 000 000FF aux HLM et aux lycées en région parisienne ils en ont bien besoin ![]()
MegaMatou Posté le 02 novembre 2005 à 13:58:52 Avertir un administrateur à propos de ce message !
Il ferait mieux de rendre les 300 000 000FF aux HLM et aux lycées en région parisienne ils en ont bien besoin .
Y avait longtemps... ![]()
Trop longtemps,on en a bien besoin
Libération.fr interroge plusieurs acteurs de terrain dans les banlieues qui ont connu des incidents.
Alors que le gouvernement tente de reprendre la main sur le dossier «banlieue», «Libération» a interrogé des acteurs de plusieurs villes actuellement concernées par les violences urbaines pour recueillir leur sentiment sur un dialogue de plus en plus difficile entre les jeunes et les institutions.
Hugues Lagrange, Mantes-la-Jolie
Observatoire sociologique du changement
«A Mantes, la situation est assez calme cette année, mais la sensibilité reste exacerbée. Le désarroi ambiant peut tout faire repartir. Quel que soit le résultat de l´enquête sur les deux jeunes électrocutés, cette dynamique des affrontements révèle le lourd contentieux à l´égard de la police, du délit de sale gueule. Les jeunes se mettent à courir même s´ils ne sont pas effectivement poursuivis. Que la rumeur puisse prendre en si peu de temps et se déplacer de ville en ville en dit long sur le bilan des politiques menées depuis cinq ou sept ans. Il y a quelquechose qui dépasse l´incident: le traitement du chomage est en panne, les missions locales ne savent plus ce qu´elles doivent faire, les jeunes au pied des tours ne savent plus à qui s´adresser.»
Aissa Diawara, 34 ans, Aulnay-sous-Bois
directrice de l´association des Femmes Relais, implantée à la cité des 3000
«La tension a commencé à monter dimanche dernier. Quelques poubelles ont été incendiés, puis des voitures le lendemain. Et mardi soir, c´était l´émeute. J´habite le quartier depuis une dizaine d´années, et c´est la première fois que je vois ça ailleurs qu´à la télévision. J´ai passé la soirée à la fenêtre: il y avait des feux partout, une quinzaine de jeunes jouait au chat et à la souris avec les CRS. Chacun était de son côté, il n´y avait pas de contact. Cette violence m´a surpris même si on peut comprendre que d´une certaine façon les jeunes se sentent solidaires de ce qui s´est passé à Clichy. Ici, ils se sentent visés en permance, ils ont l´impression d´être systématiquement contrôlés sans raison. Ce n´est pas acceptable et ça crée un climat particulier. Même mon fils m´a dit récemment que s´il voyait un contrôle de police en rentrant du sport, il partirait en courant. Ici, il y a cette idée bien ancrée que la police peut vous arrêter même si vous n´avez rien fait. Mais ça n´explique pas pourquoi ceux d´Aulnay réagissent en mettant le feu au quartier. On ne s´attendait pas du tout à ça. J´ai rencontré beaucoup de personnes ce matin qui sont en colère. Ils accusent les parents, se demandent pourquoi leurs enfants sont dehors à cette heure-ci. Même si on peut comprendre que les jeunes se sentent solidaires de ce qui se passe à Clichy, retourner la violence contre le quartier c´est la retourner contre eux-mêmes».
Nazim, 26 ans, La Courneuve
travailleur social
«Par rapport à d´autres départements, le 93 empile les difficultés. Si on prend par exemple le Val-de-Marne ou le Val-d´Oise, il y a des concentratrions de quartiers difficiles, des îlots de pauvreté mais ce n´est pas exclusif comme en Seine- Saint-Denis. Ici on cumule tout : 80% de la population la plus pauvre habite dans le département, le pourcentage de logements sociaux est l´un des plus élevés en France, à part Le Raincy quasiment aucune zone n´est épargnée. Tout cela crée une situation hypertendue, et on ne peut pas s´étonner de la diffusion de la violence. Même si je constate que certaines zones, moins densément peuplées que l´est du 93 sont touchées, ce qui est nouveau. Après l´affaire de Clichy, les critiques se focalisent autour du comportement des policiers. On peut considérer que les flics du département sont un peu plus bornés qu´ailleurs, mais ils ont l´impression d´être en permanence confrontés à un terrain explosif, ce qui est vrai. Les travailleurs sociaux aussi ou ceux qui bossent en mairie peuvent être perçus un peu comme des flics. Ils représentent une institution qui a déserté les lieux et qui en gêne certains.
Mais il ne s´agit pas d´incriminer tel ou tel corps professionnel, il faut regarder les causes. Si les politiques n´agissent pas sur le fond, sur les problèmes d´urbanisme et d´emploi qui sont indissociables, ça continuera. La montée du communautarisme, des délinquances urbaines, tout cela ne changera pas si on ne change pas le décor de ceux qui vivent ici. Il faut continuer de détruire l´habitat ancien et mettre de la mixité sociale dans les quartiers. Les politiques feraient mieux de mettre des moyens en œuvre plutôt que de faire des déclarations qui mettent le feu au poudres. Quand Sarkozy dit qu´il y en a marre de la racaille, ça renforce encore l´impression qu´il regarde les choses de l´extérieur et ne propose aucune solution de fond.»
http://www.liberation.fr/page.php?Article=335531
En fait il ne s´agit que d´un banal fait divers rapidement monté en épingle, témoin de l´ambiance délétère qui règne dans ces quartiers.
Les «grands frères» ne veulent pas parler à Sarkozy
C´est une série d´exigences qui a été diffusée mercredi à la presse par les médiateurs – les «grands frères», bénévoles ou salariés – de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Entre autres conditions susceptibles, selon eux, de faire baisser la violence après la mort de deux mineurs jeudi dernier, ils réclament que Nicolas Sarkozy ne soit pas leur interlocuteur. «Suite à deux entretiens à Matignon et place Beauvau, nous considérons que notre Premier ministre, M. De Villepin, est l´homme de la situation pour débloquer cette crise sans précédent», écrivent-ils après avoir émis un certains nombre de revendications. Entre autres: le retrait immédiat «des forces de l´ordre implantées au cœur même de la vie des quartiers», la «vérité» sur les circonstances de la mort de Bouna Traoré et Zied Benna, la poursuite des «policiers agresseurs de la mosquée Bilal». Voici le texte distribué, mercredi après-midi, à la presse:
COMMUNIQUE DE PRESSE
En reprenant les grands titres de la presse «Sarkozy persiste et signe» et bien sachez que nous aussi nous persistons et nous signons pour que toute la lumière soit faite sur les conditions de la mort Suspecte des deux enfants Bouna et Zied fauchés dans la fleur de l´âge. Il faut aussi savoir que la 3e victime Metin est toujours hospitalisée pour ses graves brûlures et qu´il est toujours en état de choc et nous lui témoignons ainsi qu´à sa famille notre soutien et notre sympathie.
Pour nous trop de zones d´ombres demeurent et les témoins de ce drame n´ont toujours pas été entendus une semaine après.
De plus un lieu de culte musulman a été la cible des forces de l´ordre pendant le mois sacré du Ramadan et aucune déclaration officielle de nos plus hautes instances n´a été faite pour condamner avec fermeté cet acte ignoble et contraire aux valeurs de la république qui nous lient. Nous attendons, de la part des pouvoirs publics, des positions claires et signifiantes par rapport à l´attaque de la mosquée.
Ce sont ces conditions, entre autres, qui peuvent contribuer à ce que nos villes retrouvent la paix et la sérénité.
Malgré tous ces manquements les acteurs sociaux font un travail remarquable pour apaiser la tension avec le peu de moyens à disposition. Il est important de préciser que ce sont les fidèles de la mosquée Bilal de Clichy-sous-bois, victimes (personnes âgées, femmes et enfants) de l´agression par gaz lacrymogène, qui ont œuvré avec l´aide de toutes les personnes se sentant concerné pour le retour au calme et nous condamnons toutes violences.
Lors de notre entretien place Beauvau la nuit dernière, une amorce de dialogue a été établie entre les différents représentants des forces de l´ordre, les acteurs sociaux et les maires des deux villes concernées. Nos revendications sont toujours les suivantes:
– Retrait immédiat des forces de l´ordre implantées au cœur même de la vie des quartiers.
– Présence discrète de ces mêmes forces de l´ordre en périphérie pour éviter toutes provocations.
– Nous exigeons de la Police un respect total et réciproque et l´équilibre de nos droits en tant que citoyen par rapport aux forces de l´ordre.
Nous exigeons:
– Que la vérité soit établie sur les circonstances troublantes de la mort de Bouna Traoré et Zied Benna.
– Que les policiers agresseurs de la mosquée Bilal soient traduits en justice et condamnés.
– Que les représentants politiques assument leur responsabilité.
Suite aux deux entretiens à Matignon et Place Beauvau, nous considérons que notre Premier ministre, Mr De Villepin, est L´HOMME de la situation pour débloquer cette crise sans précédent.
http://www.liberation.fr/page.php?Article=335595
"– Retrait immédiat des forces de l´ordre implantées au cœur même de la vie des quartiers.
– Présence discrète de ces mêmes forces de l´ordre en périphérie pour éviter toutes provocations."
Là, je ne vois vraiment pas au nom de quoi ils auraient le droit de demander ça.
Ils trouvent peut être que Sarkosy est trop sévère avec eux?
Même si ce démago commence a énervé on ne peut pas se passer du ministre de l´interieur , surtout quand il est décidé a agir.
Moi non plus.Par contre c´est vrai que c´est plutot humiliant pour Sarkosy qui en fait trop en voulant se méler de tout.
Ils font des conneries et en plus ils ont des exigences ?
"Praout Posté le 02 novembre 2005 à 19:22:05
Ils font des conneries et en plus ils ont des exigences ? "
ca c´est comme pour le coup des hlm qui prennent feu (tiens tiens on en parle plus ca hein), les CLANDESTINS sont à 2 doigts de cramer, et apres on leur propose un BEAU HLM et eux ils disent NON on veut mieux
alors qu´ils n´ont pas le droit d´être en France ![]()
""Ils font des conneries et en plus ils ont des exigences ?" "
La cité n´est pas une enorme mafia organisée par ces salauds d´arabes/musumans/immigrés dans le but de destabiliser la france...
Les rêves de complots c´est beau, mais "ils" c´est qui là ?? ceux qui essaient de parler du côté des cités, c´est surement pas les cons finis qui crament des bagnoles...
je suis assez d´accord avec l´idée de fond du topic mais je trouve quand meme que certains propos tenus sont limites
Crétin qui parle sans savoir : moi y en a vivre dans tes cités depuis que moi y en a exister sur Terre, alors toi y en a pas à dire quoi y en a être cité.
Médiatiques
Clichy, Epinay, tragédies françaises
Alors ? Poursuivis ? Pas poursuivis ? Et ce cambriolage, tiens. Qu´est-il devenu, ce cambriolage, qui avait d´abord justifié la poursuite par la police des deux garçons de Clichy-sous-Bois, dont le supplice aura embrasé en quelques jours les cités de la banlieue parisienne ? Et la grenade lacrymogène, tirée sur la mosquée. Cette grenade qui figure «dans la dotation» des CRS, mais dont le ministre, pardi, n´est pas certain qu´elle ait été tirée par un CRS. Le connaîtra-t-on un jour, le tireur ? Vérités contradictoires, accusations volatiles, semi-démentis embarrassés se sont succédé tout le week-end, avec en fond sonore l´écho des insultes sarkozyennes de la semaine précédente. Mais, à lire la presse et à voir les journaux télévisés de cette Toussaint d´émeutes, on dirait que les faits eux-mêmes furent d´abord secondaires. Quand ils se réfugient dans le transformateur EDF, les garçons étaient-ils poursuivis par la police ? Et si oui, était-ce à la suite du cambriolage d´un chantier, comme l´annonçaient toutes les télés vendredi dernier ?
On affirme d´abord haut et fort. On nuance le lendemain. Patience, les jeunes, on mène l´enquête. On vous dira plus tard. Toute la vérité bien entendu, qui en douterait ? A l´évidence, ces bafouillages initiaux de la police et du gouvernement sont l´allumette qui embrase la pinède. C´est parce qu´ils sentent des failles dans les versions officielles, et peu de désir de les explorer, que les incendiaires de Clichy brûlent leurs premières voitures. Et pourtant, pour le gouvernement, mais aussi pour la presse, tout au long du week-end, l´établissement de cette vérité semble moins urgent que de produire du discours. D´urgence, ressortons du placard les éternelles rengaines. Nécessité d´un plan d´ensemble. Lutte contre l´exclusion. Fermeté. Main tendue. Etc., etc. Mais ces mots n´embrayent plus. Comme s´ils avaient été vidés de sens par les insultes sarkozyennes. Racailles, voyous, Kärcher : post-mortem, les mots semblent insulter deux gamins suppliciés à qui, pour toute épitaphe, la Justice par la voix du procureur de Bobigny aura accordé qu´ils n´étaient «pas défavorablement connus des services de police». «Innocents», dans la bouche du digne magistrat, eût sans doute été excessif.
Tout aussi impressionnant est le supplice du malheureux quinquagénaire d´Epinay, battu à mort par une poignée de sauvages parce qu´il voulait photographier un lampadaire. A celui-là non plus, les médias n´accordent pas la sépulture d´un récit fiable et détaillé, mais pour une autre raison : parce que personne, parmi les témoins, n´ose raconter, de crainte de représailles. Et cette inimaginable crainte, à son tour redouble la terreur. A ceux que révolte la mort des deux jeunes électrocutés, on demande de vivre avec le mensonge officiel. A ceux que glace d´effroi la mort du malheureux photographe, on demande de vivre avec le silence. Les deux sont insupportables.
Troués d´incertitudes, ces deux récits racontent deux épisodes d´une même guerre. Le mort d´Epinay, les deux morts de Clichy : on sent bien que chaque camp déjà s´approprie les siens. Ceux qui pleurent sur Clichy, ceux qui préfèrent Epinay : si l´on voulait tracer, dans les médias, mais aussi dans les consciences, la ligne de partage de la guerre froide française aujourd´hui, si l´on voulait en dessiner la cartographie des fractures, il faudrait analyser l´impact des deux effrois, des deux douleurs, des deux récits, que produisent le mort d´Epinay et les morts de Clichy. Il faudrait analyser, dans le secret de chaque âme, dans les colonnes de chaque journal, comment ces deux effrois se sont jalousés, ou complétés. Aragon chantait l´union de celui qui croyait au ciel et de celui qui n´y croyait pas. Marc Bloch définissait le patriotisme français par la capacité d´être également ému à l´évocation du sacre de Reims et de la fête de la Fédération de 1790. Bleus contre blancs, la ligne de partage traverse les deux derniers siècles. Si les couleurs et les contours des camps ont changé aujourd´hui, les lignes de l´éternelle guerre civile française sont restées aussi infranchissables. Se sentir français aujourd´hui, pleinement français, possédé par la froide tragédie française, ce serait se sentir également envahi par les deux effrois, par les deux mémoires. Celle du malheureux photographe d´Epinay, qui n´a pas même droit à la publicité de son nom, et celle des petits footballeurs de Clichy.
Le moins que l´on puisse dire, c´est que l´on n´entend pas beaucoup de voix publiques exprimer avec la même force ces deux compassions-là. Sarkozy, n´en parlons pas, qui est en train de perdre toute chance d´incarner un jour l´unité nationale. Mais Villepin, à l´Assemblée, affecte-t-il de les mêler dans le même hommage qu´aussitôt la suite de son discours trahit ses préférences. Grincements, prudences, opportunismes, calculs, voilà ce qu´on entend dans les arrière-pensées des hommes d´Etat, quand on y entend quelque chose. Le mort d´Epinay, les deux morts de Clichy : il n´est manifestement venu à l´idée de personne de leur rendre à tous trois, le même jour, en une même cérémonie, un hommage national. En présence de la police, de la Justice, des conseils municipaux, des enfants des écoles. Et de la télévision, bien entendu. A cet oubli se mesure la profondeur des tranchées.
http://www.liberation.fr/page.php?Article=335911