En pleine crise de la dette souveraine, l'homme qui a fait campagne en 2007 sur les dangers du déficit récurrent propose deux priorités : produire et instruire. Il en fait les deux piliers de son nouveau livre "2012 Etat d'urgence". Partage avec l'auteur de sa vision d'une France qui produit.
La croissance est en danger, le déficit budgétaire va s'accroître, l'euro est menacé... Quelles décisions prendriez-vous aujourd'hui si vous étiez président de la république ?
Avant même d'arrêter des mesures d'économies ou de recettes fiscales nouvelles, je convoquerais immédiatement le Congrès pour ratifier la règle d'or. Même si je trouve le texte proposé par le gouvernement compliqué et un peu confus. Le principe que j'ai proposé dès 2007 est plus simple : l'interdiction de voter un budget avec un déficit de fonctionnement en période de croissance. Aujourd'hui, il faut envoyer un signal.
Un signal à qui ?
À la fois aux citoyens et aux investisseurs. Volontairement, je ne dis pas "marchés", un terme flou, ni "agences de notation", ces dernières ne font que décrire une situation. Ne confondons pas le thermomètre avec la fièvre.
Une fois la règle d'or votée, que fait-on pour éteindre l'incendie ?
Ce vote serait déjà un engagement très important de la nation, un cadre impossible à contourner dans la loi de finances rectificative, le budget 2012 et les suivants. Le déficit a été multiplié par quatre depuis 2007, ce n'est pas tenable. Vous le savez, je me suis battu toute ma vie et lors de la précédente campagne présidentielle contre le déficit et la dette. On comprend en 2011 pourquoi. Il faut maintenant réduire le train de vie de l'État, les dépenses d'intervention, revoir les niches fiscales. Il faudra aussi des recettes nouvelles. Je propose de créer deux nouvelles tranches d'impôt sur le revenu, une à 45%, une autre à 50%, et de relever la TVA de deux points. L'Allemagne l'a augmentée de trois points. "Le malade de l'Europe" du milieu des années 2000 est aujourd'hui celui qui s'en sort le mieux de la zone euro.
http://www.usinenouvelle.com/article/francois-bayrou-produire-en-france-c-est-le-sujet-numero-un.N157530
Désormais, on ne peut plus dire que Bayrou n'a pas de programme. C'est encore très vague, bien sûr, mais on connait la direction.
Et je dois dire que je ne suis pas surpris, mais très satisfait.
Je vous conseille de lire cette interview en entier.
De l'espoir, et de l’honnêteté, ce qu'il nous faut.