Nous étions fin-octobre / début-novembre, sur Paris. Les jeunes, surtout les lycéens avaient commencé à manifester depuis quelques semaines seulement. Un jour, à proximité de la Gare Saint-Lazare, plusieurs lycéens et étudiants s'étaient donnés comme rendez-vous la Gare. Le cortège grossissait et à l'initiative des orgas syndicales présentes (UNEF, UNL, FIDL), il fut proposé de rejoindre le siège du MEDEF où un rassemblement avait été déposé en préfecture.
Le mot est passé parmi les jeunes, et ils étaient d'accord. Soudain, un mec de 25-30 habillé en civil s'est jeté sur le mégaphone tenu par une militante du MJS et a dit qu'il fallait rester sur place et monter des barricades. D'autres manifestants et militants ont voulu s'interposer et là, à notre grande surprise, nous avons vu une demi-douzaine de mec comme lui sortir du cortège, de jeter dans la mêlée et embarquer un mec qui avait voulu lui reprendre le mégaphone.
Ils l'ont emmené plus loin et, au pied d'un immeuble, l'ont fouillé et contrôlé son identité. Quand une vingtaine de personnes dont je faisais parti sont venues, ils ont sorti leurs plaques d'officiers de police judiciaire et ont dit que nous n'avions pas le droit de les empêcher de contrôler un manifestant.
Nous étions tous heberlués, peu parmi nous croyaient avant que la Police avait vraiment ce type de comportement. Quand au manifestant interpellé, ils l'ont emmené au poste quand ils ont vu que de plus en plus de manifestants s'agglutinaient autour d'eux. Il est ressorti au bout de quelques heures.