...le préfet hausse le ton
Ce n'est pas la première fois que l'on a à déplorer des agressions à caractère raciste dans une manifestation à Mayotte. Cette fois-ci, et c'est une première, le préfet le dénonce dans un communiqué que nous reproduisons dans sa version intégrale en fin d'article.
Les manifestations de Petite Terre ont fait, d'après les témoignages, 13 blessés, dont un gendarme grièvement atteint, après qu'elles aient dégénérée dans l'après-midi. Le représentant du « Collectif des Citoyens Perdus » fait état de 12 personnes blessées. Adrien Giraud, l'un des deux sénateurs de Mayotte, a, quant à lui, évoqué un gendarme « mal en point », blessé par un cocktail Molotov.
Le 12 novembre dernier, des manifestations avaient déjà paralysé Petite Terre en protestation au doublement du prix de la barge qui relie les deux îles principales de Mayotte. Le Conseil général avait dû faire marche arrière et annonçait le jour même l'annulation de cette augmentation.
Des négociations ont été engagées afin d'établir les modalités d'une augmentation rendue indispensable par les finances catastrophiques de la collectivité. Le prix du billet de barge n'a pas augmenté en onze ans, alors que le prix des taxis, par exemple, a plus que doublé, mais de façon progressive.
La première fois que l'on a ouvertement parler de dérive raciste dans une manifestation, ce fut en mars 2008, lors d'un mouvement de protestation contre la détention à Mayotte du président déchu d'Anjouan, Mohammed Bacar. Des métropolitains avaient été pris pour cible et molestés pour l'unique raison qu'ils étaient européens.
Ce n'était pas la première fois, mais le caractère raciste n'avait encore jamais été évoqué. Pourtant, de nombreux habitants de Mayotte, originaires de métropole, avaient déjà affirmé avoir été victimes de comportements racistes sur les barrages établis sur les routes de Mayotte. Il s'agissait le plus souvent d'insultes ou de rackets perpétrés par de jeunes habitants des villages, parfois même des enfants, sous le regard amusé des femmes installées en retrait sous un arbre. Ce fut notamment le cas lors des barrages de 2004, érigés pour protester contre la fermeture annoncée des dispensaires dans les villages.
En début de soirée, vers 19h00, Petite Terre était dans le noir. Panne d'électricité ou coupure intentionnelle destinée à calmer les manifestants?
(communiqué du préfet sur le site)
source : http://www.malango-actualite.com/article/mayotte_%E2%80%93_violences_racistes__le_prefet_hausse_le_ton-6232.htm