Des parties civiles ciblent Total au procès AZF
Par Reuters, publié le 16/06/2009 à 19:30
TOULOUSE - Des avocats des parties civiles ont dénoncé mardi au procès AZF à Toulouse "l'arrogance" et les "graves négligences" commises, selon eux, par les propriétaires de l'usine, filiale du groupe Total.
Des avocats des parties civiles ont dénoncé au procès AZF à Toulouse "l'arrogance" et les "graves négligences" commises, selon eux, par les propriétaires de l'usine, filiale du groupe Total. L'explosion de l'usine avait provoqué la mort de 31 personnes le 21 septembre 2001. (Reuters/Jean-Philippe Arles)
L'explosion de l'usine avait provoqué la mort de 31 personnes le 21 septembre 2001.
Au nom de "l'Association des victimes d'AZF", Me Agnès Caséro a regretté, huit ans après les faits, "une attitude de déni de l'industriel qui ne reconnait pas l'évidence."
"On se demande si une explosion a eu lieu", a-t-elle dit.
Pour l'avocate, cette explosion s'explique par le déversement d'une petite quantité de dichloroisocyanurate de sodium sur une semelle de nitrate humidifiée.
"Cette explosion est liée à une série de fautes, de graves négligences. Cette usine fabriquait des produits incompatibles, voilà tout ! Elle était la seule en Europe à fabriquer sur le même site du chlore et du nitrate dont le mélange peut être hautement explosif", a-t-elle dit.
"Comme dans l'affaire Erika, Total s'est victimisé", a lancé de son côté Me Stella Bisseuil, au nom de "l'Association des familles endeuillées."
L'avocate a estimé que les dirigeants de Total avaient choisi de se montrer comme des victimes d'un complot, "avec mauvaise foi, en usant de fausses pistes tendues comme des pièges".
Défenseur de la mairie de Toulouse et de "l'Association des sinistres du 21 septembre 2001", Me Christophe Leguevaques a stigmatisé de son côté "les mensonges, les manipulations et l'arrogance des prévenus."
"Je veux être ici la voix des sans voix, ces voix d'une ville blessée, meurtrie, défigurée par le plus grand accident industriel survenu en France au XXe siècle", a-t-il dit.
Me Pierre Alfort est ensuite intervenu au nom de la famille d'un ouvrier tué dans l'explosion et "soupçonné par la rumeur d'être l'auteur d'un attentat terroriste sous prétexte qu'il était maghrébin et qu'il portait trois caleçons".
"Sa famille n'a pas bénéficié de l'empathie réservée aux autres victimes. Pas d'empathie, mais de la haine plutôt, puisque c'était lui !", a dénoncé l'avocat, disant vouloir rendre à Hassan Jandoubi "son statut de victime".
Les plaidoiries des parties civiles devraient se dérouler jusqu'au 23 juin avant les réquisitions des deux procureurs, le lendemain. Les huit avocats de la défense plaideront jusqu'au 29 juin avant la mise en délibéré du jugement jusqu'au mois de novembre prochain.
Source : http://www.lexpress.fr/actualites/2/des-parties-civiles-ciblent-total-au-proces-azf_768042.html
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