"L´ultra violence dont il est question à travers tout ce film et la dernière réplique d´Alex — « Je suis guéri » — alors qu´il est de nouveau capable d´agir violemment, peuvent conduire à une mauvaise interprétation du film. C´est aussi parce qu´il craignait que des jeunes trop influençables y voient une apologie de la violence que Kubrick a accepté de retirer ce film des salles britanniques.
Ce sont sans doute les paroles de l´aumonier qui permettent de saisir au mieux le sens du film : « Quand un homme cesse de choisir, il cesse d´être un homme ». Ce que Kubrick veut ainsi montrer, c´est une société conditionnée au bien, où les gens n´agissent pas bien selon leur propre éthique, mais selon la loi. Le bien est ainsi la direction à emprunter mais il faut le vouloir. Un individu forcé à bien agir n´est pas « bon ». Le film tend ainsi à critiquer une société totalitaire, une société dans laquelle l´homme n´agit pas selon ses choix car la liberté de choix est abolie.
Le dernier chapitre du livre (cf. partie Différences entre film et livre) s´inscrit ainsi totalement dans cette description de « la bonne action ». À la fin, Alex n´est plus conditionné au bien ; son aspiration à bien agir est passée par une réflexion, il comprend que l´hédonisme dont il faisait preuve à travers ses actes n´est pas la bonne solution et décide ainsi, sans aucune contrainte, de ne plus être violent.
Alex est ainsi le seul personnage du film — du livre — à agir selon sa propre loi. Son exemple n´est pas recommandable et il le comprendra ensuite, mais il a été le seul vrai être humain. Tous les autres se sont révélés des purs produits d´une société totalitaire, libérant toute leur violence dès que la société le leur permettait. Au milieu de tous ces personnages, Alex devient héros au fil du livre, mais n´en est pas pleinement un à la fin du film.
Cette critique virulente du totalitarisme des sociétés se retrouve dans de nombreux livres et films. Une comparaison avec 1984 de George Orwell semble assez pertinente. Torturé pour avoir voulu braver le système — et Big Brother —, Winston parvient finalement à surmonter sa « maladie » et à aimer Big Brother. Le système Ludovico employé pour rendre Alex non-violent s´inscrit dans le même processus : le droit chemin doit être montré ; s´il n´est pas respecté, l´individu ne doit plus avoir le choix de refuser. Cela conduit à l´humiliation subie par Alex et aux aberrations finalement acceptées par Winston : « 2 et 2 font 5 ou tout autre résultat décidé par Big Brother ».
En résumé, le film cherche à montrer une condition nécessaire pour considérer qu´un homme en est un : sa liberté de choix."
Source :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Orange_m%C3%A9canique