Bon et puis plus sérieusement, l'idée que j'ai évoqué plus haut (il y a près d'un an d'ailleurs, je ne sais pas comment Tahan a fait pour tomber dessus), est une idée qui vient, bien entendu, de la Monadologie de Leibniz.
Je rappelle donc qu'une monade est l'unité élémentaire de la nature, c'est à dire un atome au sens propre (qui ne peut se diviser, contrairement à ce que l'on appelle atome de façon commune).
Cet atome n'est inscrit ni dans l'espace, ni dans le temps; l'espace et le temps n'étant que des phénomènes des monades et non des êtres à part entière.
Ces monades forment un système qu'on appelle le monde.
Pour prendre une image peut-être plus claire, on pourrait dire que les Monades codent pour le monde tels les acides aminés ou les allèles pour les êtres vivants ou les 0 et les 1 pour les programmes informatiques.
Et il se trouve qu'à chaque être vivant est associé une monade qui fait qu'il a une certaine forme d'individualité, de singularité qui demeure au cours de ce que nous percevons comme temps.
A partir de là, la vision que Leibniz a de la mort a ceci de fabuleux qu'elle s'adapte particulièrement bien à une vision de la mort relativement commune, c'est à dire en une certaine conservation de notre individualité mais sans plus de sensations, de mémoire ou de pensée, juste une sorte de néant éternel ou nous nous imaginons toutefois comme encore là d'une certaine manière.
Mais pour en revenir d'une manière plus générale au sujet du topic, il me semble assez évident que tout discours sur la mort est douteux, puisque par définition, aucune expérience de la mort n'est possible; la mort c'est ce dont on ne revient pas. Dès lors, s'il n'y a pas d'expérience de la mort, il n'y a non plus aucun critère qui pourrait nous permettre de pencher pour telle ou telle option, telle ou telle théorie sur ce qui adviendra de ce que nous appelons notre individualité après la mort.