Tiens, j´ai fais un petit article qui parle de la nostalgie sur mon blog, je le copie colle ici ça pourra peut-être ouvrir de nouvelles voies de réflexions.
Je viens de finir de re-lire "L´ignorance" de Milan Kundera, et je souhaitais réagir ici pour en faire ressortir une idée qui m´avait plu. Oui je dis relire car sa première lecture date de 3-4 ans en arrière, et donc je n´en avais que des souvenirs épars. J´ai décidé d´écrire cet article car j´adhère à sa conception de ces sentiments que sont la nostalgie et la solitude. Je vais donc m´efforcer de vous les retranscrire tout en y mettant mon interprétation personnelle, c´est bien le but d´un blog après tout.
Dans cet ouvrage qui traite du retour impossible d´émigrés dans leur pays d´origine, Kundera nous parle tout au début de nostalgie en lui attribuant son sens réel, c´est à dire étymologique, et qui dépasse le sens commun qui est resté dans notre société.
Nostalgie vient du grec nostos qui signifie "le retour" et d´algos qui veut dire "souffrance". Ainsi la nostalgie serait un retour impossible à un temps passé et qui provoque de la souffrance. Se pose donc évidemment le problème de la temporalité. Si l´homme était immortel, la nostalgie n´aurait pas lieu d´être, puisque la dimension du "passé-présent-futur" aurait un sens bien moins important. En effet, pourquoi regretter une situation passée alors que de toute façon on pourra sans doute la revivre un jour.
De nos jours, je trouve que la nostalgie est trop souvent confondue avec l´amertume, qui est un sentiment mêlant les regrets et l´adhésion à une certaine fatalité, c´est à dire "repenser à un temps ancien que l´on aimerait revivre". Or la nostalgie est une émotion plus profonde en son sens premier, puisque la notion de souffrance empêche la personne qui la subit de vivre pleinement aujourd´hui. Celle ci présente un manque qui ne peut être comblé que par l´oubli ou un retour à la situation initiale. Ce dernier n´étant quasiment jamais possible puisque la représentation mentale que l´on se fait du passé est souvent éloigné de ce qu´il était réellement, la mémoire étant sélective. La déception pourrait en être encore plus grande par la même occasion.
Je tenais à rapprocher également la solitude de ce concept, même si cette notion est assez peu abordée dans le livre. En effet, commençons par définir la solitude. Tout d´abord, on partira du mot anglais "loneliness" qui implique que la solitude n´est pas une situation "de fait" (être seul dans une pièce) mais un sentiment (se sentir seul, même si quelqu´un est dans la pièce par exemple).
Ainsi la solitude est le sentiment d´être seul,isolé, mais c´est aussi une impression d´exclusion, dans le sens où l´on peut se trouver seul parce que nous ressentons que les autres ne s´intéressent pas à nous, que nous sommes inexistants, transparents. Il s´en dégage un lourd sentiment d´impuissance: comment modifier une situation quand de toute façon personne ne remarquera qu´on agit?
Je pense ainsi que l´on peut rapprocher ces deux notions, puisque la nostalgie implique un enfermement sur soi dans sa souffrance, et que l´impression que seul un retour à la situation antérieure pourrait arranger les choses condamne à négliger le présent et à ne pas s´apercevoir que des gens puissent s´intéresser à nous. C´est un blocage temporel selon moi. La personne vit en décalage avec la réalité, ne peut accepter la fuite du temps et se projeter ainsi dans l´avenir.
Si l´on prend comme point de départ la solitude, elle ne peut arriver (et je n´engage que moi en disant cela) que par nostalgie, puisqu´il serait aberrant de se sentir abandonné du jour au lendemain sans regretter le temps passé et d´en souffrir.