La première chose que tu dois remarquer dans ce sujet c´est l´emploi du verbe falloir et sa connotation morale (surtout que le pardon est un thème chrétien). Falloir signifie être obligatoire et se superpose donc à tout contexte, toute circonstance. C´est une loi. On peut donc tout de suite l´opposer au pardon qui est habituellement un acte gratuit, un don. Un don de plus profondément ancré dans le particulier et profondément lié à la relation avec l´autre personne. On pardonne l´erreur d´un autre parce que c´est lui, parce qu´il avait telles intentions, parce qu´on ne veut pas entacher le futur. Là l´énoncé propose de s´élever au dessus de toutes ces considérations particulières, au dessus du don, au dessus du choix (est-ce encore du pardon si on est obligé de pardonner?).
Cette question contient aussi un présupposé: si il faut tout pardonner c´est qu´on peut tout pardonner. Ton sujet pose aussi la question de l´impardonnable. Peut-on par exemple pardonner à quelqu´un qui ne désire pas ce pardon (surtout si ce quelqu´un est nous-même). Le pardon systématique revient d´un côté à éliminer le concept de la faute qui est pas forcément négatif: on peut décider de vivre pour la réparer. Cela devient une sorte de cause à laquelle on se dédie. Ou alors on peut essayer de ne se tolérer aucune faute. Ne pas pardonner c´est aussi se montrer exigeant, demander quelque chose de plus constructif (on parle de rachat d´une faute). Celui qui reçoit le pardon est toujours dans une demande de grâce, ce qui est souvent pathétique. On pourrait parler des samurai et des codes d´honneur en général qui ne toléraient aucune honte et y préféraient la mort (ou une forme de mort avec l´exil) - on rejette le pardon, on l´oppose à la dignité, l´honneur. Bon là ce serait plutôt la question "être pardonné" mais c´est pas décalé non plus.
Tiens pour le truc du don, je me rends compte maintenant que le verbe est carrément dans le mot. Essaie de trouver l´etymologie de pardonner, ça renseigne toujours.
Bon j´ai perdu le fil là, je reviens si je retrouve mes idées.