Le bonheur est-il une nécessité ?
A priori on pourrait définir cet état comme la satisfaction d’un désir sensible. Seulement nous savons que suite à ce contentement, l’homme désire encore. On peut voir cette conception empiriquement avec l’envie de possession (prônée par le modèle capitaliste), une appétence qui ne se révèle jamais assouvie (les achats du dernier meuble suédois, des dernières fringues à la mode…) . Le bonheur ne se révèlerait donc possible ici.
Autre domaine du sensible le sexe et ce que nous appellerons l’amour passion ou l’amour fusionnel peuvent-ils nous permettrent l’accès à notre quiétude ? De même que pour les achats, nous dirons qu’il est agréable de consommer mais on finit par se lasser et il faut toujours plus…En effet pour ce qui est du sexe, les sens doivent toujours être plus excités si l’on ne veut pas tomber dans la monotonie, de même l’amour fusionnel se révèlera constamment insatisfait, il amène à la jalousie et au désir de possession de l’autre, ce qui nuit aux deux individus…
Mais qu’est-il alors?
Il se veut un état et non un instant, pour cela il me semble évident qu’il ne peut dépendre du monde du sensible, il ne se limite pas à un simple plaisir, à la satisfaction d’un besoin ou d’un désir. Ces plaisirs peuvent d’ailleurs être dépassés et considérés comme contingents.
Le bonheur est et il est dans la réflexion, dans l’accomplissement de notre raison, dans la morale mais aussi dans l’Amour, dans l’art… En effet le bonheur ne se veut-il pas possible dans l’universel, dès lors que l’Homme est dans la vertu, c’est-à-dire dans la capacité d’être ce qu’il est, d’accéder à sa nature ?
C’est en cela aussi, il me semble, que le bonheur est une nécessité, car les formes d’amour que ce soit de l’ordre moral, intellectuel… ne sont-elles pas finalement le désir de ce dernier, et ne permettent-elles pas un monde de progrès, plus juste, que nous pourrions dire « beau et bon » ?
Il permet l’ascension de l’Homme, de dépasser la contingence et son état de finitude.