J´en ai fait.
Oui, tu développes une théorie de la déresponsabilisation de l´individu, méconnaissant son libre arbitre.
Le droit pénal ne punit pas les gens qui réellement n´étaient pas responsables de leurs actes au moment des faits (les fous vont en hôpital psychiatrique pour être soignés, pas en prison pour être punis).
L´Etat est victime de l´acte commis, car cet acte a été commis dans le cadre de la marge de liberté laissé à l´individu.
Il est normal qu´il se défende (sinon il disparait), et il s´auto limite dans sa réaction par le droit pénal ("trop bon, trop con", me diras tu peut-être).
La loi pénale joue un rôle préventif et répressif (elle prévient et guérit) : préventif, car à celui qui n´est pas apte à comprendre l´intérêt de la règle, elle tente de le dissuader d´agir en agitant la menace de la peine.
Répressif, car à celui qui a quand même agi, elle lui signale "tu vois, je t´avais prévenu" : ce faisant, la répression a également un rôle préventif, car elle montre aux autres que la règle est réellement appliquée.
Dans un Etat idéal, le droit pénal existerait toujours (pour indiquer les règles du jeu, de vie commune en société), mais ne jouerait qu´un rôle préventif, indicatif (il ne ferait que de prévenir et n´aurait jamais à guérir).
Le droit pénal protège à la fois l´Etat (qui, s´il laissait faire les atteintes, disparaîtrait) et les individus (le droit pénal étant une protection de l´individu contre l´Etat, car elle lui procure des garanties, et également des individus contre les autres individus (normalement, seul l´Etat a le droit de faire usage de la force : si quelqu´un ne respecte pas cela, il encourt une action de l´Etat pour le remettre à sa place, afin que les individus vivent sans craindre la violence des autres).)
Cependant, j´aurais une petite distinction à faire : l´usage du droit pénal (à supposer qu´il soit bien fait) montre un exercice sain du pouvoir par l´Etat (qui ne s´abaisse à employer les mêmes armes que les criminels), qui est victime des actions criminelles.
Mais si l´Etat est victime, la Société peut, comme tu le dis, être responsable des troubles, sans que l´Etat n´y soit pour rien (moi, j´employais au départ le terme de Société comme synonyme d´Etat, mais je dois changer de sens car tu emploies une notion différente : l´Etat n´est pas responsable de tout ce qui se passe dans la Société en général (l´Etat n´a pas à intervenir sur tout et n´est donc pas responsable de ce qui est laissé à la discrétion des individus (sauf à promouvoir un interventionisme étatique qui ne va pas de soi))).
Et le droit pénal est avant tout la méthode de régulation employée par l´Etat, pas nécessairement par la Société (dans une Société anarchique, le règlement des différends ne passe pas par le droit... ce qui n´est pas forcément un bon signe...).