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L'arrêt de la philo avec Platon ?

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lilulo
lilulo
Niveau 7
13 avril 2006 à 05:09:22

La recherche du bien (bref la morale) est-elle pour vous la fin de la philo comme le isait Nietzsche ou Heidegger... OU au contraire, la philo a pris une dimension suplémentaire avec non la recherche métaphysique (donc l´ordre des choses) mais avec la généalogie de la morale si j´ose dire...

lilulo
lilulo
Niveau 7
13 avril 2006 à 05:12:28

A moins que ce soit les fautes d´ortho qui ont dominé l´absolu à partir de ce moment là...

Pasfou
Pasfou
Niveau 10
13 avril 2006 à 13:28:10

La morale n´est pas la fin exclusive ou la plus importante de la philosophie (même si c´est une des fins) : car on peut vivre toute sa vie en se comportant conformément à la morale, dans une société idéale, sans jamais être heureux.

Je n´ai pas lu Nietzsche (seulement un commentaire de ce qu´il a écrit) et apparemment, on ne peut pas s´arrêter à lui : car c´est bien beau de tout déconstruire (Nietzsche poursuit là le mouvement amorcé par la naissance de l´esprit critique, en le poussant de façon inégalée), mais l´absence de pouvoir, de capitaine aux commandes, peut être pire que l´existence d´un pouvoir (et l´acceptation et l´amour du présent tel qu´il est, l´amor fati, induit également l´amour des bourreaux, l´apparition d´un monde sans finalité, dès lors que l´on se comporte avec le grand style (c´est-à-dire intensément->on vit intensément pour vivre intensément, dans un monde voué à la productivité pour la productivité, sans rien derrière)).

Mais je parle sous caution, car je le répète, je n´ai pas encore lu Nietzsche : je peux me tromper.

Everlasting
Everlasting
Niveau 22
13 avril 2006 à 13:52:28

Du peu que je connais de l´histoire de la philosophie, la morale me semble avoir été une étape (même si c´était une étape de 2000 ans). Les philosophes comme Kant, Nietzsche et tous ceux qui ont montré que la metaphysique n´était pas tout, que la morale était dogmatique, me semblent avoir ouvert de nouvelles portes. Deconstruire était nécessaire pour amener une philosophie nouvelle.

Zech
Zech
Niveau 23
13 avril 2006 à 13:56:27

En effet, c´est l´idée commune de Nietzsche, alors qu´il est loin d´être un simple destructeur.

Il suffit de lire, ainsi parlait Zrathoustra pour voir l´oeuvre qu´il a construite, il est à l´origine d´une philosophie et pas seulement d´une arme contre toutes les anciennes philosophies.

Pasfou
Pasfou
Niveau 10
13 avril 2006 à 14:04:31

Dans ce que j´ai lu, il apparaissait que Nietzsche avait déconstruit pour remplacer les morales antérieures par sa propre théorie, morale ("la morale de l´immoraliste"), et sagesse.

théorie : forces actives/réactices
morale : grand style
sagesse : éternel retour, amor fati, innocence du devenir

La critique, c´était que son amor fati (doublé à l´éternel retour et l´innoncence du devenir en résultant) soit, était impossible (il est dur d´aimer le monde tel qu´il est en permanence, et de se comporter tout le temps avec le grand style, de manière à ce que l´éternel retour soit envisageable pour chaque acte : ainsi, pas de regret -> innocence du devenir), soit peu sage (comment aimer Auschwitz ? Ne doit on pas poser des limites ?) .
Bref, c´était lui-même un idéal (lui qui critiquait tous les idéaux).

Ceci dit, je n´irais pas plus avant (je me contente de répéter, n´ayant pas lu moi-même)...

Pasfou
Pasfou
Niveau 10
13 avril 2006 à 14:23:16

Et le commentaire du livre tend à la réapparition d´idoles (même s´il souligne tout le rôle essentiel et fondamental de Nietzsche).

"Le risque est donc grand qu´une poursuite indéfinie et inlassable de la déconstruction n´enfonce désormais une porte trop largement ouverte. Le problème n´est plus, hélas, de briser encore les pauvres "pieds d´argile" de malheureux idéaux que nul ne parvient plus à percevoir tant ils sont devenus fragiles et incertains. L´urgence n´est certes plus de s´en prendre à des "pouvoirs" désormais introuvables tant le cours de l´histoire est devenu mécanique et anonyme mais au contraire de faire surgir de nouvelles idées, voire de nouveaux idéaux, afin de retrouver un minimum de pouvoir sur le cours du monde. Car le vrai problème n´est certainement pas qu´il serait secrètement guidé par quelques "puissants", mais au contraire qu´il nous échappe désormais à tous, puissants compris. Ce n´est plus tant le pouvoir qui gêne, que l´absence de pouvoir - de sorte que vouloir déconstruire encore et toujours les idoles, chercher pour la nième fois à renverser le Pouvoir avec un P, ce n´est plus tant oeuvrer à l´émancipation des hommes que se rendre involontairement complice d´une mondialisation aveugle et insensée."

Ozmasquall
Ozmasquall
Niveau 10
14 avril 2006 à 00:00:04

Ben, moi, le peu que j´en ai lu,il semblait dire que Nietzsche reprochait à Platoon de mal poser les questions ( des questions métaphisiques), comme par exemple questionner : " qu´est ce que le beau ?" au lieu de: " Qui est beau ?" ( bon ça semble nunuche mais ça s´explique.) Il lui reprochait d´être un moche complexé qui a déprécié la vie et des trucs comme ça.
Bref.
Nietzsche philosophe au marteau, la question qu´il pose à chaque fois c´est " que veut-il ?" pour savoir si les forces mènent le sujet vers le néant ou vers l´affirmation ( un truc de forces actives et reactives.)
Mais aussi, dit-il, la morale c´est la continuité de la religion. La correlation se trouve dans la volonté du néant.

Pasfou
Pasfou
Niveau 10
14 avril 2006 à 00:10:04

Oui, parce que Socrate mettait en conflit les forces réactives contre les forces actives : de ce conflit, résultait un affaiblissement général (pour Nietzsche, il ne faut pas opposer l´une à l´autre, mais les concilier).

Et Nietzsche, lui, que voulait-il, en déconstruisant ? (il faudrait faire une généalogie de la philosophie de Nietzsche)

En détruisant systématiquement tout élément transcendant, il aboutit à une sacralisation du réel, en tout cas (l´amor fati).

Ozmasquall
Ozmasquall
Niveau 10
14 avril 2006 à 00:22:38

Nietzsche, selon moi, se lassait tellement de ce qu´il avait pu voir, voulait créer de nouvelles valeurs, qui ne soient pas une prolongation d´une volonté de neant subtilement disimulé ( de la religion à la morale, de la morale à la dialectique, finalement la volonté de neant reste présente.)

Pasfou
Pasfou
Niveau 10
14 avril 2006 à 00:36:39

Le néant, ce sont les forces réactives, car elles se forment par la négation.

C´est l´exemple de Socrate qui, pour dégager la Vérité, ne cesse de combattre les illusions, les lieux communs, etc... (et ce faisant, les juge)

La Vérité ne peut se faire qu´en défaisant autre chose de préexistant.

Ce qui gênait Nietzsche, c´était qu´en procédant ainsi, les forces réactives (la science, etc...) prédominaient les forces actives (les arts, etc...).

En résultaient des idéaux considérés comme extérieurs à la vie (la liberté, la démocratie, etc...), grâce auxquels on prétendait juger la vie. Et un affaiblissment de la vie...

Alors que pour Nietzsche, il ne peut rien y avoir d´extérieur à la vie (on ne doit donc pas pouvoir juger la vie par rapport à un élément extérieur à elle) : d´où la philosophie à coups de marteau.

Les forces actives et réactives doivent être combinées (et non opposées) pour vivre plus intensément.

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