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Liste des sujets

Suis-je dans la philosophie ?

_whatever_
_whatever_
Niveau 5
22 mars 2006 à 17:25:36

Lorsque nous possédons une culture, des connaissances importantes, nous pouvons être respectés, reconnus pour celles-ci. Ainsi nous pouvons en venir à douter de l’absence d’intérêt dans la pratique même de la philosophie, en effet n’a-t-on pas une meilleure estime de nous-même lorsque notre savoir s’agrandit ?

Je vous pose donc la question : comment puis-je faire la différence entre philosophie et simple renflouement d’ego ? Cette recherche d’un monde meilleur, de l’universalité n’est-elle pas aussi la marque d’un individualisme, d’un égocentrisme humain qui se cache derrière des notions aux apparences « vertueuses », « dignes » ?

Derhek
Derhek
Niveau 10
22 mars 2006 à 18:00:12

Par exemple, là c´est de la philosophie, c´est aussi simple que ça.

Everlasting
Everlasting
Niveau 22
22 mars 2006 à 18:16:03

Tout n´est qu´une question de sincérité, élémentaire mon cher Whatever :)

la seule question qui reste ensuite est de savoir ou mettre l´accent sur le [e] de sincérité

Carnavale
Carnavale
Niveau 10
22 mars 2006 à 20:32:20

Considérer la philosophie comme un moyen de valorisation personnelle c´est la confondre avec la rhétorique et la vanité des pédants. La philosophie est d´abord domaine de réflexion approfondi, un examen rationnel de la pensée expérimenté par la pensée elle-même.

Ce qu´on doit retenir de la philosophie, sur le plan pratique est, à mon sens, davantage les structures de raisonnement qu´elle implique (refus des dogmes, des opinions, des idées reçues, mise à distance face à la réalité immédiate, etc.) pour concevoir et réaliser son rapport au monde, dans quelque domaine que ce soit (politique, géographie, histoire, science, économie, droit, etc.).

_whatever_
_whatever_
Niveau 5
23 mars 2006 à 11:31:39

merci pour vos posts

je suis, je dois l´avouer d´accord avec vos réponses, cependant j´aimerais trouver les limites dans l´idée que la philosophie ne peut être une matière désintéressée

je vais donc essayer de développer un raisonnement adverse(non me frappez pas!^^)

Chaque jour, lorsque je regarde autour de moi, je vois un monde régi par un rapport de force, que ce soit économiquement parlant(le capitalisme), ainsi que dans le domaine politique(où la plupart recherchent le pouvoir).
A priori, je pourrais donc dire que l´homme s´inscrit dans une nature égoiste, vanité, orgueil et prestige priment. Je vous pose alors la question, tte forme de sincérité est-elle possible? S´il est dans la nature humaine d´être individualiste, toutes nos actions ne sont-elles pas "intéressées"?

De même considérons la philosophie comme elle est, c´est-à-dire (et là je prends le sens socratique) l´amour de la sagesse et des sciences. Sans porter atteinte à sa définition, nous pouvons nous poser la question suivante:
Celle-ci nous est-elle réellement accessible?Car cette nature humaine qui paraît, au travers de ce qui se passe chaque jour, comme égoiste, n´empêche-t-elle pas toute forme d´amour?

Everlasting
Everlasting
Niveau 22
23 mars 2006 à 19:07:27

Faire l´avocat du diable et adopter un point de vue adverse est très positif, ça enrichit le débat :)

Si la société actuelle nage dans le capitalisme, la recherche du pouvoir, l´égoïsme et autres, il n´en a pas toujours et partout été ainsi. Déduire que l´homme est par nature égoïste, orgueilleux... me semble précipité et trop généralisateur. Condamnons les bêtises de l´homme mais ne lui retirons pas ses mérites. De plus on peut être individualiste, chercher le profit et l´avouer sincèrement. Quant à savoir si l´action désintéressée est possible, c´est une question qui doit se poser et qui nécessiterait un long débat. Personnellement j´éspère qu´elle existe et l´avoir déjà pratiquée.

La vérité est peut-être innateignable, c´est vrai. Mais faut-il abandonner sa recherche pour autant, faut-il ne même pas essayer de l´approcher? Il en est peut-être du même du bonheur tu sais, mais pourtant nous essayons d´être heureux.

Si l´homme était de nature égoïste, l´amour ne serait probablement pas possible (peut-on changer une nature?) et ce serait un drame. Mais je pense que l´homme n´a pas une telle nature.

_whatever_
_whatever_
Niveau 5
23 mars 2006 à 22:37:25

Everlasting :d) une réponse qui j´en suis sûr ne manque pas de sincérité :-)))

En effet c’est trop généralisateur de considérer l’homme comme égoïste seulement pour les faits actuels, nous devons donc montrer en quoi sa nature ne peut être qu’individualiste :

Tout d’abord si l’homme ne cherchait que son propre bien être alors aucune société n’aurait pu être formée avec cette idée d’égalité entre tous. En effet quel avantage tirerait un « dominant » à éprouver une quelconque compassion, voire empathie pour son voisin ? Aucun, il laisserait de côté la possibilité d’un grand pouvoir, ce qui est contradictoire avec la nature même de l’égoïste. Nous serions restés à un simple état de horde où chacun ne chercherait que son propre intérêt. Nous pouvons donc il me semble, même si c’est un peu rapide, nous débarrasser de cette idée.

Alors il apparaît que l’homme n’est pas par définition individualiste, ce qui tendrait à montrer que nous ne sommes pas déterminés par nos intérêts (c’est ici la question qui est délicate)

Il est tellement facile de se laisser envahir par la vanité, voire l’orgueil, et nous en venons à cette fameuse question, ne cherchons nous pas seulement à flatter notre ego ? Il me semble que si tel était le cas nous n’aurions même pas l’idée d’Amour, ou encore de Vérité et J’espère bien que ces idées ne sont pas une simple sublimation de ce besoin égoïste!

Comment faire pour être sûr de ne pas accomplir une tâche dans ce but égocentrique ? Oublier la finalité de cette tâche et profiter du chemin, et pour illustrer cette idée nous pouvons prendre l’image du philosophe qui se doit d’apprécier le chemin qu’il parcourt par sa raison sans pour autant arriver à la destination qu’est la vérité

Carnavale
Carnavale
Niveau 10
24 mars 2006 à 14:46:41

Dans ta perception de la réalité, quel est ton premier repère, ton repère essentiel ? Toi. Je devrais même pouvoir dire le repaire du Moi comme repère de référence.

S´occuper du bien-être d´autrui (reconnu par ma conscience comme autrui, donc distinct de moi, et peut-être à considérer comme un moi différent de moi, un moi qui n´est pas moi), c´est avoir conscience que son bien-être ne dépend pas matériellement que de soi et que le bien-être d´autrui est nécessaire à mon bien-être personnel. De fait, on peut estimer qu´on agit toujours pour soi, même quand on agit pour les autres. Inutile de tomber dans un jugement moralisateur : l´homme est égoïste de nature, etc. non car remarquer qu´agir pour les autres, c´est, à tous les niveaux, aussi agir pour soi (les conséquences de notre acte sur l´existence d´autrui modifient la mienne), cela n´empêche en rien d´affirmer l´existence certaine de la générosité.

Il est impossible de ne pas se référer, fondamentalement, à autre chose que le soi. C´est dans notre aptitude à nous imaginer à la place d´autrui que la morale peut se fonder. Si bien que j´en viens à penser, au fond, que cette relativité dont on accuse le couple Bien/Mal est une hypocrisie conceptuelle.

En effet, dans cette morale (que le christianisme a développé) : "Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas que l´on te fasse", l´essentiel de la morale est énoncé. Un criminel qui voit dans son crime une bonne chose est hypocrite car il sait qu´il n´aimerait pas que lui, on le tue. En faisant le mal, j´ai conscience du mal en ceci que j´ai parfaitement conscience que si cette nuisance était tournée vers moi, je ne le supporterais pas. C´est d´ailleurs parce que je sais que je ne le supporterais pas que j´imagine aisément qu´autrui ne le supporterait pas non plus : d´où ma décision de lui nuire.

_whatever_
_whatever_
Niveau 5
24 mars 2006 à 21:44:10

« c´est, à tous les niveaux, aussi agir pour soi (les conséquences de notre acte sur l´existence d´autrui modifient la mienne), cela n´empêche en rien d´affirmer l´existence certaine de la générosité »

:d) nous pourrions donc définir la générosité comme un acte réfléchi à destination de notre ego, c’est-à-dire que nous dépassons nos désirs les plus « primaires », et acceptons l’idée que notre bonheur passe par celui d’autrui (si j´ai mal compris, n’hésites pas^^), la générosité n’en serait pas moins générosité

en ce qui concerne la suite j´aime bien mais j´aurais une question:n´est-ce pas un discours existentialiste? Et si c´est le cas ne penses-tu pas que nous devrions approfondir sur l´idée de condition humaine (exit la nature humaine:-))?

Carnavale
Carnavale
Niveau 10
24 mars 2006 à 21:50:40

Oui c´est bien ce que je voulais dire ^^. Tu le dis autrement, mais cela revient bien au même principe.

Quant à ta remarque sur l´existencialisme de ce que j´ai dit, eh bien j´avoue avec honte ne pas avoir suffisamment de connaissances sur l´existencialisme pour affirmer que les idées allaient dans ce sens.

Mais nier la nature humaine au profit de la condition humaine, pourquoi après tout ? Ne pourrait-on les concilier ? (L´un renvoie à un état de nature, l´autre à un état de culture, jugeuse de la nature)

_whatever_
_whatever_
Niveau 5
24 mars 2006 à 22:25:41

concilier les deux me paraîtrait difficile

c´est surtout le "Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas que l´on te fasse"qui m´y a fait penser^^ ,(cf "L´existentialisme est un humanisme" de Sartre)

En fait l´idée d´une nature humaine signifierait que l´essence précède l´existence, donc l´homme finalement naitrait avec un but défini, ce qui tendrait à le déresponsabiliser, d´où l´idée d´une condition humaine, l´existence précède à l´essence, la cause finale n´est pas déterminée alors que la cause formelle est déjà en place.Bien sûr nous sommes dans un existentialisme athée, qu´il y ait une nature humaine signifierait que "quelque chose"a déterminé le but qui nous est attribué(comme Dieu chez Descartes il me semble)

l´existentialisme rejoindrait donc je pense l´idée de responsabilité que tu as énoncée

Carnavale
Carnavale
Niveau 10
24 mars 2006 à 22:28:46

Admettons. De toute façon, qu´on parle de nature ou de condition, on est toujours dans une abstraction formulée par l´esprit humain seul. L´animal ne pense ni à la nature ni à la condition, il se contente d´être, de ressentir, de réagir par instinct, de telle sorte qu´il survit et qu´il se reproduit.

Si nous n´étions pas fichus de cette foutue conscience lol, nous ne nous poserions même pas la question du but.

Everlasting
Everlasting
Niveau 22
25 mars 2006 à 15:49:34

Rien ne m´empêche de sceller chez autrui la référence. S´occuper de mon bien être c´est avoir conscience que son bien être ne dépend pas uniquement de lui. Mais que la métaphysique cesse ses délires: il n´y a pas de référentiel, de pronom qui commence la relation et fixe son sens. Inter-subjectivité, échange, voilà les mots importants. Moi, Toi... ces pronoms font bien peu de sens, crois-t´on pouvoir nous faire croire que tout est concentré sur l´un ou l´autre? Balivernes. Les rapports commencent en même temps, les deux protagonistes sont impliqués dès le départ, travaillent ensemble pour eux-mêmes. Au pluriel. Tout est au pluriel.
Si le premier pense tout faire pour lui, si le deuxième pense tout faire pour lui... qu´ils s´étonneront ensuite de se voir discuter ensemble. Oublions les mathématiques, il n´y a pas de 1+1 dans la vie. Les individualités sont des illusions éphémères. Moi, toi, lui... quelle différence? J´ai qu´à poser un "nous" et y´a plus rien.
youhouuuuuuuuuuu c´est le printemps

Carnavale
Carnavale
Niveau 10
25 mars 2006 à 19:26:25

Poser en autrui ma référence c´est déjà mettre en application un repère caractérisé dans la distinction qui s´opère fondamentalement entre moi et autrui. On ne pense pas avec la tête d´autrui. On pense avec sa tête ^^.

_whatever_
_whatever_
Niveau 5
29 mars 2006 à 11:56:43

bon désolé de répondre rapidement mais j´ai pas trop de temps^^

Ever :d) j´aime bien cette idée du nous, et effectivement l´imposer comme référence de départ ne me paraît pas impossible, même si nous ne nous détachons pas réellement du Moi(comme le dit Carnavale), nous pourrions considérer que 1+1=1(cf l´ami jean-claude :rire: ), ainsi que le nous est une entité unique(de même que dans le moi il y a une partie de mon ego que je ne connais pas, l´inconscient; dans ce nous je ne suis pas omniscient)

Carnavale :d) que ce soit l´idée d´une condition humaine seule, ou alors d´une nature humaine, certains présupposés me paraissent pblmtiques(la négligence des sciences ds l´existentialisme, le fait que l´essence précède l´existence dans le concept de nature humaine...), alors il serait comme tu l´a dis intéressant de les concilier mais comment?

Voilà en espérant pouvoir revenir le plus tôt possible^^

Carnavale
Carnavale
Niveau 10
30 mars 2006 à 12:34:49

Je ne comprends pas pourquoi les existentialistes estiment que l´homme est le seul être dont l´existence précède l´essence. Il me semble que tout est d´abord existence, avant que d´être regardé par un sujet, et abstrait par lui comme essence.

Everlasting
Everlasting
Niveau 22
30 mars 2006 à 18:26:17

Observation très pertinente mon cher Carnavale :)

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