Les psychanalystes nous l´ont assez dit "Il n´y a pas de pensée sans langage"
Après faudrait s´interesser à ce qu´est le langage (sisi y´en a qui le font) il est un signifiant, qui a pour objet un signifié. Il est le véhicule au concept, un simple artifice qui colle des étiquettes et permet la création de sens.
Cette fonction significatrice du langage, c´est ce que Roland Barthes apelle le "Degrés zéro de l´écriture" : écrire (et plus généralement exprimer) quelque chose de telle sorte que les interlocuteurs percoivent le même sens.
le ciel est bleu : tout le monde comprend ciel, bleu et l´identité véhiculée par le verbe être. Et ce malgrès la polysémie du mot "est" (qui peut aussi bien être l´identité, la location, l´état etc... chose qu´on apprend en Terminale comme exemple bidon).
Si on pense c´est grace aux mots donc.
La pensée, il me semble qu´on peut le définir comme un discours mental conscient ordonné avec logique qui a pour objet la recherche des causes d´un fait. Ou au contraire : deviner les effets d´un fait.
L´imagination n´est plus alors de la pensée : elle est soit la remémoration d´un fait (c´est à dire le souvenir)
Ou alors elle est l´articulation de plusieurs faits (le rève) de façon désordonnée.
Tu l´aura compris hein ^^ la pensée est exlusivement rationelle ici (on peut élargir la définition hein, en disant que la pensée est l´activité de l´esprit, de quelque sorte qu´elle soit. Mais on ne fait plus de différence entre les pensées confuses de l´esprit embrumé qui sort du pieu; et les pensées réfléchies de l´esprit au travail sur sa table).
Ces choses grace aux mots donc toujours.
Or qu´est-ce que le langage, sinon une convention pour un ensemble de signes établis par les hommes en vue de leur compréhension mutuelle ? C´est à dire que le langage ne dépend pas de toi, mais des grammaticiens, linguistes et autres académiciens du langage.
Là tout devient facile ^^.
Des études (justement ces mêmes psychanalystes dont j´ai parlé) ont démontré que la pensée était conditionnée par le langage. Le fait est que plus le langage est riche et bien compris, plus l´esprit est fin dans ses distinctions, et donc on peut parier qu´il est plus juste dans ses conclusions, c´est à dire plus brillant.
Quand on étudie les couleurs : celui qui connaît le bleu ciel, le bleu, le bleu marine, le bleu vermeil, le bleu pastel ... etc; est bien avantagée par rapport à celui qui connait que le bleu. Le premier distinguera quantité de choses; et il aura raison, son raisonnement sera fin; tandis que le second ne verra qu´un amas informe et unis alors que ça ne l´est pas.
Le langage c´est ce qui fait la finesse dans l´interprétation et donc la vérité.
D´ou il se trouve que tu ne pense tout seul (c´est à dire sans personne d´autre). Chaque mot que tu utilise n´est pas de toi, le contenu l´est encore moins. Tu es aliéné à un réseau de signe qui signifie certaines choses, mais pas tout, et pas tout de la même façon. Tu pense selon les schémas de pensée de ta culture. Par exemple, il se trouve que les inuits ont 36 mots pour désigner la neige. Et nous n´en avons qu´un. Il s´en suit que l´inuit lambda "pensera" bien mieux la neige que l´européen lambda.
Pire encore, le niveau de pensée que tu peux atteindre dépend intrinsèquement de tes conaissances, qui ne te sont pas données par nature, mais par l´éducation que tu as recu (là on pourrait partir dans un sentier sociologique).
Enfin, il me semble qu´on peut dire que le langage, en lui même n´est rien qu´un contenant. Comme contenant il n´a, me semble-t´il, pas de nature propre. A vrai dire, le contenant n´est qu´un canevas général à plusieurs sens.
On peut prendre l´exemple de la carafe (sisi ^^). La carafe est de différente nature selon qu´elle serve pour l´eau, le vin, la bière .... et autres substances. Elle peut même faire office de vase.
Le contenu détermine à la fois l´usage, la forme matérielle, l´imaginaire qu´on en a, la connotation (carafe de vin suppose que c´est de la piquette, contrairement à une bouteille Chateau Lafitte) ainsi que toutes les propriétés que la pensée peut déduire des termes "carafe d´eau".
Puisque le langage n´est que véhiculaire, et que la vraie nature est renfermée par le contenu : tu ne pense qu´à partir du réel ("Toute conaissance dérive de l´expérience...." etc) ce qui fait qu´à aucun moment tu ne te détache du monde qui t´entoure, qu´à proprement parler tu rompe les amarre pour devenir "autonome" "autosuffisant" : c´est à dire que la pensée échoue à créer sa propre matière.
Penser seul ça signigierai pour la pensée d´être autophage : de se nourir d´elle même, sans avoir besoin d´apport extérieur. Or elle en a besoin.
On pourrait remettre ça en cause avec la "révolution copernicienne" de l´autre, en disant que c´est moi qui ordonne les objets, qui leur donne des lois et non pas eux qui existeraient objectivement. Simplement on retomberait dans les cas précédents 
Et encore, ça ne remet d´ailleurs pas en cause la nécessité des objets à la pensée. Ce serait même plutot le contraire : la situation antérieure à la "révolution" permettait une autonomie de la pensée, au centre de ces objectivités.
On pourrait reprendre en la modifiant la formule de Husserl dans les Méditations Cartésiennes (fallait que je le sorte lui, c´est une première ^^) en remplaçant conscience par pensée : "toute pensée est pensée de quelque chose"