Expeditions: Samurai veut révolutionner le RPG tactique avec une aventure entièrement jouable en coop
Qu´est-ce que se donner bonne conscience ?
Quand, après une action litigieuse, on s´est trouvé une version des faits qui nous semble en accord avec nos principes et nos valeurs, on s´est donné bonne conscience. C´est une déformation des faits qui donne l´illusion que notre action était bonne - c´est de la mythomanie.
Je rapprocherais donc ici le mot conscience de perception ou, pour employer un terme que Carnavale adore, opinion. Je me donne une bonne perception de mon acte, j´en ai bonne opinion.
C´est souvent pour se défendre, se défiler de la réalité. On refuse de voir ce qui a motivé notre acte, combien il était sâle...
J´ai bien répondu à la question? ![]()
Sur un plan lucide, dogmatique, et moral
? Tout à fait ^^.
Je voulais plutôt orienter le débat sur une question additionnelle: est-ce possible de donner bonne conscience à autrui?
lucide et dogmatique ça va ensemble tu trouves toi? ![]()
La conscience est une possibilité éducable et en évolution. La capacité à considérer autrui, qui que se soient, comme des fins, relève (frequemment) de l´éducation. On peut constater que l´éducation est souvent sur le devant de la scène.
Mais donner bonne conscience à autrui est -ce bien à nous de le faire ? cela peut paraître regressif comme on l´a vu avec la religion qui optait pour le chemin de la repentance donc de la bonne conscience ... Donner bonne conscience à autrui c´est qu´il subit notre influence ? (J´espère ne pas partir en vrille, il se fait tard ...)
Pareil qu´everlasting perso.
On se dit que l´on a agit avec de bonnes motivation alors que l´on en avait des mauvaises, pour se deresponsabiliser, et nier le fait que l´on puisse agir avec ce genre de motivations. On evite ainsi d´avoir la conscience chargée, les mains sales...
Et si on agit pour une motivation qui, dirons nous, pas bonne ou egoiste et qu´on arrive au meme resultat que si on avait une bonne motivation; avec les memes methodes, mais avec des intentions difficile, est ce que ça serait plus mal ![]()
Tu demandes si des causes radicalement différentes peuvent avoir les mêmes effets? pour moi il est clair que non vu que je considère que la fin porte toujours en elle le reflet de l´intention et du chemin parcouru. La fin ne justifie pas les moyens, ce serait même plutôt le contraire.
On pourrait prendre des exemples historiques, de gouvernements qui puent le sang car ils ont pris le pouvoir par la violence. Ce genre de gouvernement n´a rien à voir avec celui qui a été élu démocratiquement, dans le calme. Les résultats ne sont les mêmes qu´en apparence.
La fin ne justifie pas toujours les moyens. Nuance ^^.
Et bien, parmi les "gouvernements qui puent le sang", on en a un bel exemple avec notre démocratie française, qui s´est construite dans la violence, avec une belle Révolution.
"Qu´un sang impur abreuve nos sillons" !^ ^
Par contre, on relèvera avec pertinence que le régime nazi a été élu démocratiquement, lui : son accession au pouvoir a été pacifique.
Ce qui laisserait à penser (dans les milieux autorisés, comme disait Coluche) que la fin est supérieure aux moyens.
Si la fin peut être à même de légitimer les moyens, les moyens ne peuvent jamais légitimer la fin.
Ce donner bonne conscience c´est, à mon sens, légitimer mal à propos ses pensées ou actions.
3 conditions, donc :
- un acte ou une pensée
- une légitimation volontaire de cet acte ("on se donne", ce qui suppose un acte de volonté)
- une légitimation erronée de cet acte
Les trois conditions étant nécessaires et cumulatives.
On joue à nouveau sur les apparences
Le régime nazi a été élu de manière démocratique mais je n´ai pas dit non plus que tout ce qui était démocratique amenait à un résultat positif. D´habitude, le grand nombre d´opinions est à l´origine de compromis, diminuant ainsi les chances de voir triompher les extrêmismes. L´Allemagne de 1933 s´est fait bernée, elle n´a vu que partiellement qui était Hitler. Plutôt que de relever l´élection, parfaitement légale, on peut remarquer la campagne de manipulation, le contexte de désespoir, l´orgueil blessé d´une nation piétinée... etc. Le choix des allemands a été totalement influencé par des moyens ou des conditions intolérables. Par ricochet, le gouvernement nazi était loin d´être propre.
Le résultat de la révolution française, lui, était loin d´être glorieux dans les années qui suivirent la prise de la Bastille. Je ne me souviens plus exactement de ce qui s´est passé entre 1815 et 1848 avec la... si je compte bien... création de la 3e République, mais c´est plutôt là que je situerais le début de la démocratie en France.
L´élégiabilité (horrible ce mot, je doute qu´il existe) est un moyen, mais pas le seul. La fin, elle, les contient tous. Le passé donne l´image du présent, les causes se cachent à peine derrière l´effet.
Seuls des moyens dignes justifient des fins dignes. Et la dignité ne tolère que très rarement des écarts pour être acquise.
Si tu contestes la date du début de la démocratie en France (techniquement, les premiers régimes démocratiques datent des années 1790 (même si le système était encore très perfectible)), prenons l´exemple de la démocratie américaine, qui s´est construite suite à une partie de thé à Boston (et une bonne guerre contre les anglais).
L´accession au pouvoir du fascisme et du nazisme était légitimée par l´élection (et non éligibilité ou encore moins élegiabilité).
Leur exercice du pouvoir et leur maintien au pouvoir étaient illégitimes, mais c´est là une autre question.
En tant qu´avocat du diable, je te dirais que la seconde guerre mondiale a été une bonne chose, car elle a permis l´invention de la pénicilline, qui a sauvé plus de vies que la guerre en elle-même n´en a prises.
Par la dissuasion atomique qui en a suivi, elle a évité d´autres guerres plus terribles encore.
Les pertes humaines ont été résorbées par l´afflux de naissances dûes au baby boom, naissances qui n´auraient pas eu lieu sans la guerre.
Et les droits de l´Homme n´auraient sans doute pas été proclamés avec vigueur à l´échelle internationale sans cette guerre.
Dignité, peut-être pas, mais efficacité quant au résultat, assuremment !
La valeur que l´on attache à la conscience n´affecte que ceux qui s´en préoccupent : ceux qui s´en sont détachés sont libérés du carcan de la morale et peuvent peser avec plus de poids sur la destinée humaine. C´est en définitive une bonne chose !
Tel était l´argumentaire de l´avocat du diable.^^
Pourquoi être excessivement formaliste et s´arrêter sur les moyens, alors que les bienfaits apportés par le résultat excèdent tout ce qui aurait pu être obtenu autrement ?
C´est là une question que l´on peut se poser, et qui touche à la bonne conscience.^^
Ce que je voulais dire, c´est que l´élection (légitime) était l´aboutissement d´une série de facteurs illégitimes, qui rendaient cette élection aussi propre qu´un agneau dans un champ de boue.
Ensuite, c´est pas parce que l´inventeur de la penniciline a pu testé son invention sur un blessé de guerre en 1941 (pas sûre de la date), que la deuxième guerre est à gratifier de cette découverte. Au contraire, la penniciline (un médicament) va à l´encontre de toute guerre puisque son but est d´en annuler les effets.
La dissuasion atomique n´avait pas lieu d´être, la bombe atomique étant une abberation. On peut pas remercier la guerre d´avoir comme conséquence l´envie de rayer le mal qu´elle crée elle-même. C´est comme si je crée un poison extrêmement dangereux et que je demande la gloire parce que j´ai l´antidote juste à côté.
Le baby boom c´est la même chose. Et n´est pas vraiment à mettre au bénéfice de la guerre mais plutôt du dégoût de la guerre, ce qui est sensiblement différent.
Aucun commentaire à ajouter sur les droits de l´homme.
Les bienfaits, si ils excèdent les maux de la deuxième guerre, je les attribue à la bonté de l´homme, à son bon sens.
Sinon je pense pas qu´il soit possible de se détacher de la conscience.
Et la Terreur de Robespierre, c´est pas vraiment l´idée que je me fais d´un système démocratique (avec séparation des pouvoirs).
Bonnes réponses...^^
Néanmoins (au delà de la seconde guerre mondiale), ne peut-on parler de mal nécessaire, facilitateur d´un accouchement ?
La terreur n´a duré que jusqu´en 1794. Que fais tu du Directoire ? N´était-il pas démocratique ?
Quant aux idées de l´"incorruptible", elles visaient à protéger la République menacée de l´intérieur de de l´extérieur : "pas de liberté pour les ennemis de la liberté", ne disait-il pas ?
de l´intérieur de de l´extérieur -> de l´intérieur et de l´extérieur
Ce ne sont que mes convictions, mais pour moi il n´y a jamais de mal nécessaire. Et il faut se méfier d´un accouchement prématuré: des malformations pourraient se révéler avec l´âge chez le bébé. Disons que la deuxième guerre a réussi là où les hommes auraient eu besoin d´un peu de patience, d´imagination, d´initiative.
Je me souviens plus exactement de la période du directoire. Mais c´était probablement encore un oeuf. Il n´a fallu qu´un coup de pied pour dégager la mère qui le couvait et les français l´ont bien vite oublié.
L´inccoruptible peut bien se targuer des meilleures intentions, il n´était qu´un nazi (anachronisme certes mais...)
Vous me dites si on sort du sujet hein? ^^