Attention, évolution n´est pas nécessairement synonyme de progrès.
Le progrès se définit comme une amélioration générale, une évolution collective (= un changement) qui tend vers le mieux (le "plus" comparatif en somme. "Plus confortable" "plus facile" "plus efficace" "plus productif" etc...). On a tendance à réduire la notion de progrès à la seule amélioration (ou sophistication) de la technique.
Mais les effets du progrès (= l´usage qu´on fait des améliorations techniques) peut tendre vers le pire : la destruction de l´homme, la destruction du monde (les exemples sont nombreux et pour la plupart évidents).
La science se définit à la fois comme un domaine de connaissances précises et vraies et comme une recherche. Ce serait donc un domaine qu´il faut envisager à la fois de manière statique ET dynamique. La science est le domaine par excellence qui recherche le savoir (= de l´étymologie même) incontestable, la vérité. L´idée de progrès en science comme amélioration serait donc la recherche à la fois de PLUS de connaissances sur le monde et PLUS de vérité.
Le problème est que la science se veut infaillible et ne l´est pas de manière permanente (ce qui fait d´ailleurs sa spécificité). La science, c´est la recherche de la vérité. Et pour atteindre la vérité, il faut accepter de reconnaître des erreurs antérieures qu´on admettait pourtant comme vraies. Ainsi après des siècles de médecine humaine fondée sur les quatre éléments naturels, on commence à envisager la notion d´atomes. Ainsi, après avoir cru que la Terre était au centre de l´univers, on découvre, après observation, que la galaxie est héliocentrique (= soleil au centre de la galaxie), que la Terre tourne autour du soleil, et que la galaxie elle-même dérive dans un ensemble encore plus grand et illimité : l´univers.
Ce qu´on prenait pour "savoir" n´était que "croyance". La science tend à vouloir réduire la croyance et à comprendre le vrai. Recherche délicate dans laquelle les obstacles sont nombreux (la sensibilité notamment).
A présent, sur le plan moral, l´emploi qu´on fait des améliorations techniques de la science ne mène-t-elle pas vers une dégradation des relations humaines, notamment dans les conflits ? L´idée est que la science tend vers son propre progrès mais que son usage ne signifie pas nécessairement un progrès de l´humanité car, à vrai dire, la nature humaine change peu, et la volonté de nuire demeure universelle.
Nous autres, hommes modernes, nous préjugeons trop d´une prétendue supériorité face aux hommes du passé car nous confondons progrés humain avec progrès technique.
Mais la science a-t-elle seulement une morale ? Eh bien, pourquoi ne pas s´interroger sur le principe de la bioéthique ?