La raison est-elle vraiment inactive lorsqu´elle sommeille? N´est-ce pas elle qui, en rêvant, donne naissance à ces monstres?
Par analogie, lorsque l´homme s´endort, la nuit recouvre sa conscience et il ne demeure que l´autre face, le subconscient. Il s´agirait donc ici du subconscient de la raison pour être précis.
Lorsque la raison est à l´oeuvre, elle est un modèle de modération (ne dit-on pas "rappeler à la raison"), de fine analyse, de patientes réflexions... de partout elle dégage une impression rassurante de maitrise absolue. Quel péril si elle venait à s´endormir... et par quoi serait-elle remplacée? Un accoucheur de monstres semble répondre Goya. Veut-il illustrer par là la folie qui habite l´homme comme un démon enchainé et nous mettre en garde contre la perte du contrôle de soi?
L´enfer c´est moi. Le sommeil est ma faiblesse. Mais suis-je responsable de ces monstres si leur naissance est une fatalité? Quel rôle joue la nature humaine et l´individu?
Si on arrête de se focaliser sur la raison, on remarque que si celle-ci se retire, demeure quelque chose: la passion. Fertile, audacieuse, dansante, libre, enfant tantôt des démons, tantôt des anges. A ce moment là, il faudrait nuancer le titre du tableau et faire émerger des chauves souris, un lumineux visage féminin s´élançant vers la lumière, ou peut-être caressant l´homme épuisé.
voici quelques premières idées. Maintenant pardonnez moi mais le sommeil m´appelle ^^ je reviendrai peut-être avec de l´experience qui sait 