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Peut-on être cultivé et heureux ?

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Expeditions: Samurai veut révolutionner le RPG tactique avec une aventure entièrement jouable en coop

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Carnavale
Carnavale
Niveau 10
05 janvier 2006 à 01:41:05

Être cultivé, la belle affaire ! La culture, quel terme odieux d´ambivalence. Culture qui s´oppose à nature, culture qui s´oppose à ignorance (ou inculture), culture qui s´oppose à la négligence.

Dans le premier sens, est culturel tout ce qui est acquis (la civilisation en fait partie mais n´est pas synonyme).

Dans le deuxième sens, est cultivé tout individu qui a enrichi les domaines de sa connaissances.

Dans le troisièmes sens, est cultivé tout ce qui s´entretient, se soigne (à rapprocher du sens agricole).

Alors, qu´est-ce que le bonheur ? Faut-il penser que le bonheur ne s´obtient qu´à l´état naturel, l´état sauvage ? En ce sens, avec la culture, la connaissance (ô le péché originel, le fruit de la connaissance, tragique curiosité de l´homme), serions-nous absolument étrangers au bonheur ? Tout le monde cherche-t-il nécessairement à être heureux ? Pourquoi ne pourrait-on être à la fois savant et heureux ? Ou retournons la question. Être cultivé signifierait-il être malheureux ? Faudrait-il être ignorant, ou faudrait-il connaître, pour être heureux ?

Allez, pourquoi culture et bonheur seraient-ils incompatibles ? Serait-ce la conscience de ma mortalité - participant de ma condition d´homme - qui me rendrait tragiquement angoissé par l´idée de la fin ? L´angoisse nierait-elle toute possibilité de bonheur ? Le bonheur est-il concrétisable ? N´est-il qu´un idéal inaccessible ?

Mais enfin, je vous le redemande, qu´est-ce le bonheur ? Il faudra passer par la définition pour établir si oui ou non culture et bonheur sont compatibles.

boxtheco
boxtheco
Niveau 8
05 janvier 2006 à 12:13:58

Carnavale, tu devrais mettre un copyright sur ce que tu écris, parce que, je trouve toutes tes questions intéressantes et à aprofondir, et après tu publierais un livre avec tout les débats du forum.
Peut-être que la vérité sort vraiment de la bouche des (grands) enfants...

Everlasting
Everlasting
Niveau 22
05 janvier 2006 à 14:25:18

Aristote a eu l´idée de définir le bonheur comme une action et non plus comme un état. Je pense qu´il a eu raison. Le bonheur est un travail constant sur soi et la vie, c´est une attitude. On ne peut être heureux en étant passif, ce serait subir la vie et les aléas que nous lui connaissons. Le bonheur c´est de transformer ces aléas en leur contraire, le bonheur s´entretient, comme un légume, comme la culture.
Pour transformer une chose, il faut d´abord la comprendre, avoir des informations, de la connaissance en un mot. En étant parfaitement ignorant, nous ne pouvons agir et transformer le monde, la culture est donc nécessaire. Souvent cette connaissance nous rend triste, le bonheur sera de surpasser cette tristesse.
L´ignorant ne peut être heureux. Pour être heureux il faut avoir connu la souffrance, sans quoi nous n´avons pas de points de comparaisons. Même si il était heureux, l´ignorant n´en aurait pas conscience. Un bonheur inconscient n´a aucun sens.
Il faut donc être cultivé et savoir s´en servir pour que chaque chose soit à l´image du regard que nous voudrions poser sur elles. Cette façon de s´en servir, on peut la définir par l´intelligence.
Les asiatiques l´ont compris et privilégient la méditation, cherchent l´éveil en se coupant de la réalité. La réalité est neutre, faite de choses joyeuses et tristes, il faut la façonner pour qu´elle s´élève, il faut la sublimer. Là est l´enrichissement, l´acquisition. Deux autres sens de la culture soit dit en passsant, ces deux notions se ressemblent sur la forme.

pooni
pooni
Niveau 7
06 janvier 2006 à 18:18:25

Quel fâcheux contre-sens Everlasting....
Aristote d´une part, ne pouvait évidemment pas dire que le bonheur se définissait par nos actions, étant donné qu´il fut le premier à le définir de quête perdue d´avance, à laquelle tout homme aspire naturellement, "1ére marque de mon universalité avec les miens".

Dans son Ethique à Nicomaque, Aristote prone tout au contraire la Passivité, qu´il décline comme étant le fait de s´absorber dans l´objet de sa pensée , seul moyen pour lui de transcender les limites humaines contraignantes au Bonheur (cf. la Contemplation).

De plus, le fait de cerner le Bonheur à l´en définir, est marque deja de son inexistence (cf. "L´évolution Créatrice", Bergson).

lex-4000
lex-4000
Niveau 10
06 janvier 2006 à 18:25:39

Je ne crois pas en un bonheur et en un malheur universel, mais en état de conscience fait d´un tout.

pooni
pooni
Niveau 7
06 janvier 2006 à 18:32:08

Tu livres les gros titres, mais pas le mode d´emploi toi, non ?

lex-4000
lex-4000
Niveau 10
06 janvier 2006 à 18:38:58

j´étais un peu pressé par le temps en fait...
Le vrai thème du topic c´est être cultivé et heureux en même temps. Alors, pour complèter, je dirais que l´on peut considérer une jubilation dans le fait d´avoir acquis un grand nombre de connaissance comme du bonheur. On est heureux. Mais tout ne dépend pas de ça. Quelqu´un peut-être totalement épanoui et cultivé, mais être malheureux après une dispute avec sa femme. C´est le tout dont je voulais parler. Les instants de la vie qui font aussi que l´on est heureux ou pas. On peut cependant rechercher le bonheur dans la culture. Mais, la culture ne suffit pas au bonheur.
Elle ne lui nuit pas non plus puisque c´est la véritable problématique.

pooni
pooni
Niveau 7
06 janvier 2006 à 18:42:43

Tu confonds Joie et Bonheur. L´une dynamique et temporaire, l´autre s´inscrivant dans la protension (ou durée).Dans tout Kant il y´a des rappels permanents à cette nuance.

lex-4000
lex-4000
Niveau 10
06 janvier 2006 à 18:49:15

Je pense que joie et bonheur ne sont pas réellement dissociables...

8_Solid-Snake_8
8_Solid-Snake_8
Niveau 10
06 janvier 2006 à 18:58:21

Euh, j´ai pas bien capté la problématique là... Quelle corrélation entre culture et bonheur?
Pourquoi connaître empêcherait-il d´être heureux?
La seule chose que je vois, c´est l´idée d´un bonheur "originel", c´est à dire du bonheur naïf : je ne sais rien, je ne connais rien, je suis dans un état passif mais je suis content. L´idée de l´imbécile heureux donc.
Mais ici aussi, en quoi le bonheur ne pourrait qu´être cet état passif de bonheur naïf?

Sinon, pour ce qui est de la joie et du bonheur : le bonheur est l´état de joie perpétuelle. Ce que tu ressens à un moment donné c´est la joie, ephémère, qui prend fin inexorablement. Cet état étendu en longueur et permanent, c´est le bonheur. La joie existe c´est certain, le bonheur, on peut en douter...

pooni
pooni
Niveau 7
06 janvier 2006 à 19:00:30

"je pense que joie et bonheur ne sont pas réellement dissociables..."

Instruis-toi, lis Kant.Et ensuite alors, penses.

8_Solid-Snake_8
8_Solid-Snake_8
Niveau 10
06 janvier 2006 à 19:02:27

Wittgenstein, de son propre aveu, n´a jamais lu Kant (et hormis schopenhauer, très peu de classiques). Il n´aurait pas du penser?

8_Solid-Snake_8
8_Solid-Snake_8
Niveau 10
06 janvier 2006 à 19:05:38

La remarque a peu d´interêt en soi, c´est simplement une invitation à ne pas répondre aussi sèchement et avec tant de dédain à une personne qui s´efforce de se poser des questions sur un problème philosophique.

pooni
pooni
Niveau 7
06 janvier 2006 à 19:08:35

As-t-il traiter le bonheur? l´équation perfection propre - bonheur d´autrui?
Kant n´est pas indispensable, mais fort utile en ce qui concerne le bonheur, autrui (1er à l´avoir définit en tant que Fin, et non Moyen, fondant le 1er fondement de l´Etre et le Néant de Sartre), et...à peu prés tout les fondements des grands thèmes.

Et puis honêtement, Wittgenstein, ça ne me dit rien :question:

pooni
pooni
Niveau 7
06 janvier 2006 à 19:15:17

Le dédain appelle au dédain, ce que je reproche à la plupart des gens qui posent des questions ici, c´est de justement ne pas faire assez preuve d´humilité dans leurs propos, vue que pour la plupart, ils s´avancent trop par rapport à ce qu´ils en savent.

Je fais de même pour leur apprendre,à la difference prés qu´avec toute humilité, je suis à peu prés sur de ce que j´avance :)

blend
blend
Niveau 5
06 janvier 2006 à 20:35:35

pour ma définission, le bonheur est totalement relatif et subjectif, c´est l´unique raison de vivre de l´homme, l´homme qui ne se suicide pas parce qu´il sait que quelq´un pense encore à lui (soutient de dieu) le bonheur de quelq´un qui recoit un cadeau, quelqu´un qui l´offre, le bonheur de quelqu´un qui se dévous pour le bonheur des autre, cela vas aussi lui en apporter et peut etre plus meme, le bonheur, c´est ce que toute chose dont nous avons l´absolue choix (dont nous ne somme pas sous la contrainte, le chantage, quelque pression psychologique que ce soit) lorque nous choisissons cela nous est essentiel et permet donc de nous apporter du bonheur. Si etre intelligent nous apporte du bonheur, je ne vois pas pourquoi l´un empecherait l´autre. le bonheur est donc pour moi une sorte de libertée recherché, une liberté d´existance de conscience: "on est vraiment libre quand on a tout perdu" "perdre tout espoir c´est la liberté" cela veut tout simplement dire que sans pressions exterrieur on est libre car rien ne peut plus vous atteindre. le bonheur ce trouve dans toutes choses de la vie, c´est lui qui rend l´humain si égocentrique, mais tout cela n´est que ma définission personnele, comme toute définition dailleur.

Chaos_Clad
Chaos_Clad
Niveau 10
06 janvier 2006 à 23:20:25

Je vais exposer un avis qui sera sûrement critiqué mais bon... Je n´ai pas la prétention de pouvoir définir le bonheur, mais je ne pense avoir besoin de le définir pour dire ce que je vais dire.

On peut voir que la majorité des gens sont occupés par des soucis financiers, familiaux et autres (ce qui se comprend et est tout à fait naturel). Ce qui les empêche la plupart du temps de se "cultiver" (et j´entends là cultiver non pas au sens de la culture générale mais au sens philosophique, c´est-à-dire s´élever, si je puis dire, vers des "hauteurs intellectuelles" (c´était, comme le dirait Carnavale, la petite minute pédanterie :) )), et puis souvent, comme je l´ai dit dans l´autre topic, les gens ne s´intéressent pas à la philosophie, aux sciences, à la littérature (je pense ainsi regrouper les trois principaux domaine de culture), et là ce n´est pas par faute de temps, mais par faute d´envie et d´intêret.
Or l´on sait que la meilleure des sociétés est une société philosophique, ainsi si un homme se livre corps et âme à la philosophie, il se rend alors compte des bêtises que peuvent commettre les autres, envers eux-mêmes (en cherchant de fausses solutions à de trop vastes problèmes) et envers le philosophe (car l´homme instruit est conspué). Je pense que cet état peut rendre l´homme instruit malheureux, et pour moi le bonheur ne colle pas avec l´instruction. Après tout, ne dit-on pas que les plus heureux sont les plus idiots ? :-)))

Bon c´est un peu fouilli, mais l´idée est là.

Everlasting
Everlasting
Niveau 22
06 janvier 2006 à 23:30:13

Pooni: toutes mes excuses. Nous avons traité "l´éthique à nicomaque" en cours mais sans lire complétement l´oeuvre, d´où ma vision réduite. Néanmoins je m´en satisfais vu que je ne suis pas d´accord avec Aristote si il dit que le bonheur est innateignable (et donc qu´il faut encourager la passivité). Aristote aurait dû s´arrêter là ou j´ai arrêté de le lire ^^
mais je suis certain de ce que je dis, pour Aristote le bonheur est au départ une action et non un état. Comment aurait-il fini par dire le contraire?

Carnavale
Carnavale
Niveau 10
06 janvier 2006 à 23:39:04

Solid> La problématique n´est pas évidente car en apparence culture et bonheur ne sont pas incompatibles. Interroge-toi sur les raisons qui pousseraient à estimer que culture et bonheur sont incompatibles. En d´autres termes, pourquoi la question se pose ?

Le bonheur n´est-il pas une idée régulatrice ? Idéal qui ne se trouve que dans le mot ? (Kant, toute une histoire). La conscience de notre mortalité n´est-elle pas sujet d´angoisse ? L´évolution de la connaissance est un progrès et si le progrès tend vers le mieux, ses effets ne peuvent-ils pas tendre vers le pire et empêcher tout bonheur ? Le bonheur est-il possible en tant qu´existant ? N´est-il pas qu´une idée absolue dont la réalité nous échappe ? Ne confondons-nous pas sans cesse plaisir et joie, joie et satisfaction ? La culture permet de conceptualiser l´idée de bonheur mais paradoxalement, elle semble nous empêcher d´y accéder pleinement : l´angoisse est un trouble de l´âme.

Faudrait-il vraiment être sage (encore un idéal, non ?) pour être heureux ? Mais nous n´avons toujours pas défini le bonheur, c´est fâcheux. Etat de satisfaction totale et prolongé. Comment une satisfaction peut-elle être totale ? Naïf et ignorant, nous ne savons pas ce que c´est le bonheur. Si on ne se sait pas heureux parce qu´on ne peut pas conceptualiser le bonheur, le bonheur n´existe pas, tout dépend encore de ma représentation. Dès qu´on est intégré à une culture, on découvre la notion de bonheur. Recherche ou état ? Les deux en même temps ? Comment concilier les deux ?

Satisfaction de tous mes désirs ? Mais satisfaction = mort du désir. Le désir doit renaître, et la mort du désir, c´est la mort tout court. (Jean Paul Sartre, tout une histoire). Alors, faut-il croire qu´il faut se débarrasser de tous ses désirs non naturels et non nécessaires pour être heureux. Vivre de pain et d´eau fraîche ? Mais le naturel est-il seulement possible pour les êtres pétris de culture que nous sommes ?

On n´en sortira pas Solid, les problématiques sont terribles.

Chaos_Clad
Chaos_Clad
Niveau 10
06 janvier 2006 à 23:43:32

Moi je pense que le seul moyen d´être heureux c´est d´obéir toute sa vie à des principes que l´on s´est fixé sans jamais les transgresser, parce que pour être heureux, il faut être en accord avec soi-même et avec sa conscience. Seulement même encore là le respect de nos principes peut blesser autrui, il faudrait alors devenir insensible pour s´en foutre complètement. Donc mon raisonnement ne tient pas debout, donc on n´est pas plus avancés.

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