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Renoncer à vivre pour vivre heureux ?

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[Myst]
[Myst]
Niveau 9
14 décembre 2005 à 18:26:52

Faut-il renoncer à vivre pour vivre heureux ?

Dans mon cas il fallait s´appuyer sur "La vie heureuse" et "La brieveté de la vie" de Sénèque.
Personnellement j´ai développé de cette façon :

I : Cesser de vivre ne conduit pas au bonheur

-Le bonheur existe dans ce monde donc si nous mourrons nous pouvons ne plus être capable d´atteindre le bonheur
-L´espoir fait vivre, rêver d´être heureux c´est finalement être un petit peu heureux. Mort on ne ressent plus la sensation d´être heureux.
-Vivre fait partie des préférables que le sage ,qui quasiment par définition vit heureux, peut user sans en être esclave (tout comme la richesse, la beauté, la force…)

II : Vivre heureux passe par un sacrifice de son être (métaphore de renoncer à vivre)

-Tout le monde veut vivre heureux mais personne n´y arrive, cela parce que tout le monde vit mal et qu´il faut donc sacrifier une part de son être pour pouvoir aller vers le bonheur(et non une de ses chimères), donc renoncer à vivre, sous entendu comme avant
-La philosophie stoïcienne prone le détachement des envies et la prédetermination du Destin. Le sage qui vit heureux va dans le même sens que le destin et semble avoir renoncé à ses désirs par rapport aux "non-sages"
-Cette même philosophie peut faire passer le bonheur par le suicide si on sait que si on continuait à vivre on irait contre le Destin, formant son propre malheur

III : Il s´agit d´une méconnaissance de ce qu´est le bonheur

-le bonheur n´est pas le Bonheur, ce dernier étant absolu et le premier pluriel (malgré de forts points commun d´un individu à l´autre).
Si le oui et le non coexistent c´est parce qu´ils ne s´appliquent pas au même bonheur
-Le bonheur stoïcien est inateignable car demande une insensibilité inhumaine pour rester indifférents aux évenements de la vie
-Vivre heureux et renoncer à vivre sont deux notions certes liées (se favorisant ou niant) mais suffisamment indépendantes pour que l´une ne puisse entrainer l´autre.

Vous qu´auriez vous fait face à ce sujet (en usant d´autres auteurs voire aucun si vous voulez) ?

Everlasting
Everlasting
Niveau 22
14 décembre 2005 à 18:31:04

Renoncer à vivre ne peut que cesser notre souffrance
mais le bonheur ce n´est pas l´absence de souffrance
de plus, "mourir pour vivre"... y´a une tite contradiction peut-être lol.

gijoe080288
gijoe080288
Niveau 10
15 décembre 2005 à 00:32:08

Y´a souvent une épidémie de suicides après la lecture du phédon de Platon.. devinez pourquoi :rire:

Archeadon
Archeadon
Niveau 7
15 décembre 2005 à 01:06:56

de plus, "mourir pour vivre"... y´a une tite contradiction peut-être lol.

<<< tout dépend de quelle mort tu parles et donc de quelle vie tu parles... Juste une pette définitions de la vie et de la mort dans son contexte serait la bienvenue

Undertek
Undertek
Niveau 10
15 décembre 2005 à 01:11:20

Quand tu peux faire ce que tu veux, ça te rend souvent heureux. Alors si renoncer à vivre est ton choix, alors tout ira pour le mieux.

Carnavale
Carnavale
Niveau 10
15 décembre 2005 à 07:27:06

C´est le genre de sujet à aborder avec plus de "bon sens sensible" (si j´ose cette appellation) que de raison formelle.

Je pense que ta réflexion est cohérente et tout à fait pertinente. Mais quand je parle de bon sens sensible, j´entends par là que le paradoxe mis en évidence par la formulation du sujet (pour vivre, renoncer à vivre ?) doit se résoudre en ce sens que le Bonheur n´existe pas. Seul les bonheurs pluriels existent. Conception personnelle particulière, voire singulière, de ce qui mène à un état de plénitude, de joie. Mais il faut tenir compte du rôle vital du désir dont nous avons besoins. Je suis d´accord avec Sartre. La mort du désir entraînerait la mort.

Le bonheur universellement recherché consiste paradoxalement à continuer de désirer, il me semble.

A partir de cette idée et d´autres que je ne cite pas ni ne développe (pas par manque de volonté mais de temps lol), j´aurais conclu en disant qu´il n´y a même pas de paradoxe à poser. Même si les stoïciens, les épicuriens, et tous les autres théoriciens du bonheur antique préconisaient un comportement drastique, il n´en demeure pas moins que le bonheur est une affaire privée et qu´en tant que fin de la vie de tout homme, en puissance au moins, vie et recherche du bonheur sont cohérences et, même, se définissent par interdépendance.

La vie est, en soi, le bonheur même, inexplicable bonheur lié à une chance hasardeuse définie par nulle transcendante puissance. Disons que la cause, qu´elle soit première ou infiniment retranchée, ce que je n´aurai pas la prétention de déterminer, est une chance hasardeuse. Les effets nocifs qui mènent au jugement répandu "la vie est malheureuse", "ma vie est foutue", sont, pour reprendre cette fois les propos d´Epictète, des jugements qui ne tiennent pas compte de notre statut responsable quant à nos représentations.

Je me demande si le bonheur n´est pas une conception très abstraite qui ne peut être conçue comme possible qu´une fois un certain nombre de facteurs matériels assurés. Les affamés ne vivent pas pour leur bonheur. Ils vivent pour leur survie. C´est cela, ne pas vivre. Non pas "renoncer", ce qui impliquerait une volonté, une détermination personnelle à ne plus vivre. Ne pas vivre au sens humaniste de l´expression, mais seulement exister en luttant pour survivre, est souvent voire toujours bien plus imposé, subi, que décidé.

dimini
dimini
Niveau 6
06 janvier 2006 à 19:49:11

«Faut-il renoncer à vivre pour vivre heureux ? »

euh.....
il y a une erreur dans cette phrase...

en autre mots, elle veut dire:

Faut-il ARRÊTER DE VIVRE pour VIVRE HEUREUX......

euh....
arrêter de vivre pour ensuite vivre heureux.......

tien je vait aller me tuer et ensuite, j´ai vais VIVRE heureux.... Pourquoi je n´y est pas penser avant.......
:nonnon:

[Myst]
[Myst]
Niveau 9
07 janvier 2006 à 16:50:11

Dimini : Il n´y a pas d´erreur car Renoncer à vivre n´est pas forcément à prendre au premier degré.

Carnavle : Je me méfie du bon sens, particulièrement "le bon sens sensible" (si j´ai bien compris de quoi tu parlais…)
Le bon sens sensible se base sur des appréciations liées à nos sens particulièrements variables et inconstants, et surtout le bon sens, quel qu´il soit, est par définition un préjugé, donc douteux.
Egalement je ne concorde pas avec Sartre sur le fait que l´absence de désir soit l´équivalent de la mort. Cette absence implique un vide de l´âme, une errance à la recherche d´objectifs, certes, une souffrance dûe entre autre à la sensation d´être différent, mais pas encore tout à fait mort. Ne reste-t-il pas l´espoir (même si cet espoir n´a alors pas de visage) la peur de l´inconnu, les obligations morales et sociales qui gardent cet être en vie ?

Pour en revenir au sujet, je pense qu´il y a quand même un paradoxe, non que les philosophes antiques puissent avoir raison, ayant totalement occulté le côté subjectif du bonheur, rendre le bonheur comme totalement subjectif est également un excès à ne pas connaitre.
Je serais plutôt d´avis que le bonheur possède une partie qui nous est propre et une partie qui est commune. Si l´on place de côté les dérangés mentaux et ceux qui sont incapable, par une faiblesse mentale quelconque, de rechercher leur bonheur, ne veux-t-on pas tous vivre heureux, que notre entourage le soit également ?

Le paradoxe est donc qu´un mode de vie et le bonheur peuvent être contradictoires et renoncer à cette vie (par exemple : renoncer à vivre comme un débauché) peut permettre de vivre heureux, et en parallèle renoncer à un autre mode de vie peut conduire au malheur.
Ainsi certains points, manger presque toujours à sa faim, souffrir le moins possible, … sont indéniablement requis par tous pour l´accession au bonheur.

Le fait d´associer la vie (flux vital cette fois) au bonheurn´est pas trop à mon goût également. Je pencherais plus pour le fait que le bonheur soit accessible durant le vie, mais que cette dernière puisse être malheureuse tout compte fait.
Je m´explique : on peut juger que la vie est malheureuse sans nier aucune de ses responsabilités, juste en constatant que l´être humain est plus prompt à faire le malheur général pour son bonheur personnel que le bonheur général (enfin donner un fragment de bonheur à un grand nombre) en sacrifiant une part de ce qui lui semble être son bonheur (souvent une chimère du bonheur par ailleurs).
Mais je conviens qu´ici le fait de voir la vie comme malheureuse n´a rien de nocif puisqu´il s´agit d´un constat plus ou moins détaché ne rendant pas ainsi son locuteur plus malheureux qu´il ne l´était avant.
De plus si le bonheur est accessible dans la vie, force est de constater qu´il s´est rudement bien caché pour qu´une si faible minorité ai pu l´atteindre.

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