On pourrait d´abord penser que le titre est excessivement paradoxal, puisque l´Homme est un animal et qu´il fait par conséquent parti de la Nature. Ses actes, quels qu´ils soient seraient donc à considérer en tant qu´actes d´acteurs de la nature, donc nécessairement naturels.
Mais il est quelque chose d´évident : L´Homme est un animal particulier. En effet, il invente. Il est seul capable de "créer" (le mot n´est pas rigoureusement approprié car rien n´est création et n´emerge du néant) et ainsi d´aller au-delà, de prolonger les phénomènes et les choses de la Nature.
Ainsi, si nous sommes régis par des pulsions, par des instincts naturels, nous avons cependant d´autres guides et d´autres aptitudes, qui font que nous combattons ces pulsions et ces instincts. Ainsi, on en vient à se dire que le prolongement précédemment évoqué est en fait un acte d´opposition.
Les exemples ne manquent pas :
-l´Homme est un animal qui par instinct de défense, de survie et de tribu, s´attache à son entourage contre les autres entourages (principe primitif), mais l´Homme de nos jours reconnait l´humanité et le genre humain.
-l´Homme est un animal qui a naturellement des pulsions sexuelles, mais il les combat parfois, y échappe, les répriment dans certaines circonstances.
-l´Homme est un animal "guerrier", mais il a des élans de pacifisme
-l´Homme va contre l´ordre du plus fort dans son système social
-l´Homme lutte contre les maladies
-l´espece humaine doit être celle où il y a le plus d´homosexuels, ou sinon un de celles où il y en a le plus.
-on peut également remarquer l´opposition entre individualisme et altruisme
...
Cherche-t-on ainsi à devenir maître de nous-mêmes et à ne plus subir la nature?
Quelle est la démarche à adopter alors? Aller jusqu´au bout de cette contre-nature ou se plier à elle et cesser de la combattre?
Ce n´est pas une lutte contre la nature, c´est une lutte pour sublimer la nature, pour la dépasser et accéder à une forme d´harmonie supérieure. Celle de la beauté et du bonheur. C´est là l´art d´être humain je dirais.
Cela voudrait dire que la beauté et le bonheur ne sont pas des choses – des concepts – naturels et que l´Homme est forcé de lutter contre sa nature fixe pour les atteindre.
Mais est-ce qu´on accède vraiment à une harmonie (supérieure si considéré dans un certain système de valeur) en en détruisant une autre pourtant parfaitement organisée?
La beauté, le bonheur... (etc) sont des concepts mais correspondent à des jugements personnels du sujet sur un état qui lui est intérieur. Etat dû à la perception, la sensibilité plus globalement, ou la raison.
L´homme peut donc vivre selon sa nature, qui est d´user de sa raison, donc raisonner, donc entre autre de formuler des jugements, tout en vivant le bonheur, jugé comme tel, tout en admirant la beauté, jugée comme telle, etc... Ce n´est pas une lutte contre la nature, c´est d´un aspect de sa nature humaine que dépend sa perception conceptuelle des choses.
Enfin, tu présupposes que le bonheur du sujet, "l´harmonie" se fait nécessairement au détriment d´une autre qui, autre présupposé que tu veux nous faire admettre directement pour vrai, serait "parfaitement organisée".
Tout cela mérite éclairage, Solid.
Ce n´est pas une lutte contre la nature, mais contre sa nature effectivement.
L´harmonie qu´Ever posait comme état final de la sublimation de la Nature ne peut que se faire au détriment de l´harmonie naturelle. Note que j´ai écris parfaitement ´organisé´, ce qui restreint tout de même la valeur de sa perfection ^^
Cette harmonie se fait au détriment de l´autre, si harmonie il y a pour la première, puisqu´elle va à l´encontre du système de la deuxième.
Pourquoi irait-elle à l´encontre de la première harmonie? ce ne serait qu´une étape supérieure, une évolution. Pas besoin de casser quoi que ce soit, seulement d´aller dans la continuité.
Il y a une harmonie première. Et c´est cette harmonie qui demeure.
Il EST dans la nature de l´homme, donc dans l´harmonie de sa nature, de désirer, de juger qu´un état intérieur s´apparente à l´idée de bonheur.
c´est quoi cette histoire d´état intérieur au fait? j´ai lu que c´était de Kant mais j´ai toujours pas compris ce qu´il voulait dire ![]()
Eh bien il me semble que tout ce que nous concevons comme "bonheur" "plaisir" "amour" "beauté" est lié à un jugement sur un état intérieur, sur un ressenti en fait.
Le bonheur n´est pas une recherche si on juge le simple fait de vivre comme bonheur par exemple.
Bof, je ne suis pas vraiment convaincu que l´Homme lutte réellement contre ce qu´il est. Si il réagit de la sorte c´est bien pour une raison. Je pense finalement que l´image qu´il "se donne" est assez représentative de ce qu´il est réellement.
Est-ce que Kant dit que le bonheur, la beauté, le plaisir ou l´amour sont des illusions que l´homme bâtit sur ses émotions?
Je n´en sais rien. Mais je crois qu´il considère que la beauté est un jugement sur un état intérieur.
Frite le naturaliste! ![]()
Ben> Ils n´ont rien inventé. Ils ont utilisé. Par "invention", pour l´homme, on parle d´outils conçus sans aucun référent dans la nature, issus d´une abstraction de l´esprit, qui permet la création d´outils nouveaux, que la Nature ne procure pas dans sa matière brute.
Ben> Ils n´ont rien inventé. Ils ont utilisé. Par "invention", pour l´homme, on parle d´outils conçus sans aucun référent dans la nature, issus d´une abstraction de l´esprit, qui permet la création d´outils nouveaux, que la Nature ne procure pas dans sa matière brute.
Je ne crois pas, exemple: Si je fais de la randonné, et donc je prends une branche pour m´aidé a grimper (tu vois ce que je veux dire), donc voila, cette branche m´aide dans mon assention. Donc on peux considérer ca comme un outil il me semble. De plus, si je prend une pierre plate, pour fracasser des graines de blé, pour faire de la farine. Par consequent la pierre est mon outil de travail.
Ce sont des exemples basiques. La différence même entre ces exemples et ceux des animaux c´est que l´homme conçoit l´outil comme tel, PENSE l´outil comme outil, en a une représentation certaine. Il n´est pas sûr que le mécanisme soit le même pour l´animal.
En outre, tu prends des exemples très particuliers, et ne tient pas compte de la grande majorité des outils, qui sont des créations arfiticielles, des moyens tiers entre l´homme et la nature, et cela va du simple marteau (et du clou) jusqu´à la moissonneuse-batteuse, et même plus !
Voilà comment se définit la technique humaine : la conception. Créer ce qui n´a pas de référent dans le réel. Imaginer, tout en se fondant, certes sur une utilisation primaire des éléments bruts de la nature.
Entre parenthèses, c´est le caillou servant à cogner contre une noix de coco pour l´ouvrir et en boire le jus qui inspire à l´homme le marteau, et ainsi de suite...
Ah ok! Oui j´ai compris, merci pour cet éclairsisement, donc contrairement a l´animal, l´humain se dit ´´Ca c´est un outil, je vais l´utiliser comme un outil, je vais assembler 2 truc pour en faire un meuilleur´´. Ouai, mais bon la question est ´´Est ce que l´animal pense l´outil comme un outil.´´
Il ne connaît même pas la notion d´outil (puisqu´il ne connaît pas le mot). L´animal s´adapte à son environnement sauvage surtout.
Ah oui c´est vraie, mais est ce qu´on peux dire la même chose de l´humain? Qu´il s´adapte a son habitat?
Tu mélanges tout Oo. L´homme s´adapte aussi à son environnement. Mais de manière plus sophistiquée.