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Toute vérité doit-elle être prouvée ?

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Expeditions: Samurai veut révolutionner le RPG tactique avec une aventure entièrement jouable en coop

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Koyo-K
Koyo-K
Niveau 9
27 octobre 2005 à 00:48:13

Salut à tous !
Je suis en train de plancher sur ma première disserte de philo sur la question faisant office de titre de topic.
Je suis un peu paumé, le fait est que je ne sais pas non pas par où commencer, mais comment commencer ^^.

Juste avant de partir en vacances, le prof nous a distribués quelques fiches sur comment préparer et rédiger une dissertation, mais sur le concret je ne vois pas trop quelle mèche allumer en premier.
J´ai défini chaque terme de la question comme on nous a conseillé (bien pratique, ça m´a fait émerger plusieurs idées que j´avais pas en tête jusqu´à présent) et là je commence à faire l´intro. Comme j´ai pas envie de me ramasser une gamelle pour la première note, je viens demander quelques conseils portés par la nuit ( :fier: elle est bien trouvée celle-là, hein ?) .
Si quelques-uns d´entre vous qui me lisent pourraient donner un avis déjà rien que sur la définition des termes, ça sera déjà un moyen de me rassurer un peu.

Je colle tel quel le brouillon tel qu´il est présenté dans mon traitement de texte :

--------
Toute vérité doit-elle être prouvée ?

"Toute" = contraire de aucune : il n´y a pas d´exception à la règle

"Vérité" = ce qui est dans les choses, indépendemment des pensées forgées sur ces choses (ne pas confondre avec "réel" : "c´est une vraie tempête" = réel, ne peut pas être qualifiée en elle-même de vraie/fausse).
"Vrai" dans le langage courant = affirmation
Différents types de vérité :
- matérielle (se vérifie par l´expérience : ex : "il fait beau" -> je dois le constater pour juger du vrai/faux de la pensée)
- formelle (de raison) ex : les maths (vérité a priori, sans besoin du recours à l´expérience)

=> "Toute vérité" = tous les différents types de vérités

"doit" = obligation, contrainte de l´explication de tous les types de vérité. Contraire = "doit-elle ne pas être prouvée ?"

"prouvée" = on a besoin de lui apporter des arguments. Synonyme = "démontrée"/"Illustrée"/
"Etablie"

Intro

- Opinion commune : Quand il y a présence d´une vérité, celle-ci, prise au sens courant du terme, est sous-entendue vérifiée, donc prouvée.
- Cette opinion ne permet cependant pas de soupçonner une vérité qui ne soit pas "vraie" au sens où il n´y aurait pas de fait indépendant à cette vérité exprimée, qui puisse la rendre fausse. Pour commencer une réflexion sur l´obligation de prouver toute vérité, il faut d´abord se positionner dans le cas de figure dans lequel la définition de "vérité" est en relation directe avec un fait indépendant à la pensée exprimant cette vérité.
--------

Voilou, j´ai pas encore fait émerger le problème, encore moins fait l´annonce du plan mais c´est pour ne pas partir dans les choux dès le départ :-)

da-sardin-killa
da-sardin-killa
Niveau 10
27 octobre 2005 à 03:54:23

Au lieu de décortiquer "bêtement" mot par mot la phrase de l´énoncé, je plancherais sur la notion de subjectivité liée à la vérité...
M´enfin d´une ça paraît trop facile et de deux je me suis toujours pris des taulées en philo :hap:

Everlasting
Everlasting
Niveau 22
27 octobre 2005 à 14:50:49

Pense aux vérités absolues (démonstration) et relatives (preuve), au fait qu´une vérité se prouve par l´argumentation à laquelle s´oppose la contre-argumentation. On peut peut-être toujours prouver une vérité mais aussi son contraire. Une preuve est-elle donc suffisante pour affirmer la vérité?

Définition possible de la vérité: conformité entre ce qui est et ce qui est dit.

Koyo-K
Koyo-K
Niveau 9
27 octobre 2005 à 17:24:26

Merci pour la mise sur les indications :)

Koyo-K
Koyo-K
Niveau 9
01 novembre 2005 à 01:51:28

Il me reste la première partie à trouver, mais je vois pas trop quelle thèse y développer... à la limite, je colle ce que j´ai fais jusqu´à présent et vous me proposez des sujets pour cette partie I)
Plan :
I) à trouver
II)Une vérité relative prouvée pourra toujours être contredite...
1) ...car il n´y a pas de fait indépendant stipulant que l´on a raison...
2) ... mais aussi à cause du langage, qui ne sera pas reçu de la même manière suivant les personnes (sens propre, sens figuré, 1er et 2nd degré...)
-------------
Intro

Quand il y a présence d´une vérité dans l´opinion commune, celle-ci, prise au sens courant du terme, est sous-entendue vérifiée donc prouvée à l´origine.
Cette opinion ne permet cependant pas de soupçonner une vérité qui ne soit pas "vraie" au sens où il n´y aurait pas de fait indépendant à cette vérité exprimée qui puisse la rendre fausse. Pour commencer une réflexion sur l´obligation ou non de prouver toute vérité, il faut d´abord se positionner dans le cas de figure où la définition de "vérité" est en relation directe avec un fait indépendant à la pensée exprimant cette vérité, où on ne peut parler de vrai que s´il y a conformité entre ce qui est et ce qui est dit. Il existe plusieurs types de vérités, chacune possédant ses particularités et qu´il convient donc de distinguer.
Les vérités dites "matérielles", établissant une correspondance entre une pensée et un fait, sont des vérités établies à postériori. Elles sont démontrables par l´expérience, à la suite d´un jugement synthétisant un objet et une qualité (par exemple "La Terre tourne autour du Soleil", "La Terre" étant l´objet et "tourne autour du Soleil" la qualité) ou un sujet et un prédicat (dans la phrase "je suis un homme", "je" est le sujet et "un homme" remplit la fonction de prédicat). Elles apportent la connaissance des réalités ordinaire et scientifique (imaginons que l´on connaisse toutes les vérités matérielles : nous saurions alors tout de l´univers !) . Elles sont relatives et donc contingentes.
La vérité impliquant l´accord de la pensée avec elle-même est dite vérité formelle. C´est une vérité de raison a priori (c´est-à-dire sans le besoin du recours à l´expérience) et nécessaire car reposant sur des connaissances logiques et mathématiques ; on ne peut en effet pas imaginer que des pensées telles que "deux plus deux égal quatre", "A est plus grand que B et B est plus grand que C, donc A est plus grand que C" ou encore "l´hypothénuse d´un triangle rectangle est égale à la somme des deux autres côtés au carré" soient fausses.
Les vérités absolues sont établies par les lois de la nature et donc nul ne peut les réfuter. Ainsi, si je dis "le temps ne s´arrête jamais", je n´aurai pas besoin d´apporter de preuves à ce que je viens d´annoncer étant donné que cette vérité s´applique à tout le monde.
Les vérités ayant besoin d´arguments pour être justifiées sont dites relatives car il n´existe pas de fait instauré les démontrant. Il faut donc être capable de répondre aux contre-arguments reçus afin de rendre sa thèse vraie. Cependant, une preuve est-elle suffisante pour affirmer une telle vérité ?

I C´EST CETTE PARTIE QUE JE NE TROUVE PAS

II
Une vérité relative, même si elle parvient à être prouvée, pourra toujours être contredite car aucun fait indépendant de la pensée ayant exprimé cette vérité ne stipulera qu´elle a raison. Si j´annonce que "le pouvoir doit appartenir au peuple" et que j´apporte comme arguments de soutien que j´ai raison parce que dans le cas historique par exemple de la monarchie de droit divin en France, les libertés d´expression et individuelles n´existaient pas (seule une petite partie de la population bénéficiait de privilèges sur le dos des autres), que l´économie était instable et que la population n´y était pas épanouie, une autre personne peut aussi penser que le plus important n´est pas le bonheur d´une population, mais la possession d´une armée puissante pour se défendre et avoir une forte influence sur la scène internationale. Mais alors, si les habitants d´un Etat ne sont pas épanouis, la participation de ceux-ci au développement du pays s´en retrouvera minime ; car à l´époque des rois en France, la population a fini par être blasée, n´a plus mis d´effort dans ses activités économiques. Ce qui a mené à un désordre dans la société puis à la Révolution Nationale.
Depuis 1792, la République, bien qu´ayant connu des périodes de difficulté (notamment pendant en temps de guerres), a résisté jusqu´à maintenant. Ceci est dû au soutien de ce régime par les français, qu´ils ont adopté définitivement. La nation est ainsi renforcée mentalement, contrairement à la fragilité de la monarchie de droit divin en relation avec le mécontentement de la population. Ceci démontre bien que c´est l´état d´esprit d´une population qui fait qu´un régime politique va durer ou non, et que ma pensée est, pour les personnes adoptant mon point de vue, vraie. Mais elle sera fausse pour les autres, d´où la nécessité de ce fait indépendant accordant tout le monde sur la même vérité. Auquel cas ma vérité aura toutes les chances de pouvoir être contredite.
La difficulté d´argumenter sa thèse est d´autant plus grande que le langage n´est pas perçu de la même façon sur chez tout le monde, à savoir que certaines personnes prendront ma définition au sens premier du terme, d´autres au second degré, d´autres encore au sens figuré.
Le langage déforme nos propos. Ainsi, "Les nabots ne sont pas malins" prendra la forme de "Les nains ne sont pas fute-fute" dans la pensée de quelqu´un, et sera compris comme "Les personnes n´ont pas mauvais fond" chez une autre personne. D´où l´obstacle supplémentaire à franchir qu´est le langage. Je pourrais apporter toutes les preuves disponibles, si la personne qui doit juger ma vérité n´a pas la même définition exacte telle que je l´entends, cette personne ne pourra jamais y adhérer. Il faut aussi savoir que le langage déforme notre conception du monde : nous pensons le monde tel que nous le parlons. On ne comprend pas toujours ce l´autre dit, par limitation mentale mais aussi par l´interprétation que l´on en fait, par la manière de communiquer, la différence de langue, les différentes cultures...
On pourrait tout autant se servir du langage et le manipuler à ses fins pour prouver sa vérité, mais elle n´en resterait pas moins fausse.
Cependant, comme le dit Thomas HOBBES, "Vrai et faux sont des attributs de la parole et non des choses. Là où n´est point de parole, il n´y a ni vérité ni fausseté". Le langage est donc un intermédiaire incontournable entre la pensée et les vérités sur les choses.

Conclusion

Une vérité de fait comme "la terre tourne autour du soleil" est absolue et n´a donc pas besoin d´être prouvée car elle est nécessairement la même pour tout le monde, quoi qu´on puisse en dire.
Une vérité relative (comme "Dieu existe") a besoin de preuve car ne contient pas de fait indépendant mettant tout le monde d´accord sur cette vérité exprimée. Il faut donc pouvoir soutenir son idée en lui apportant des arguments pouvant convaincre son interlocuteur. Cependant, une telle vérité se prouve par l´argumentation à laquelle s´oppose la contre-argumentation. On peut donc peut-être toujours prouver une vérité relative, mais aussi son contraire. Une preuve n´est donc pas suffisante pour affirmer la vérité.
----------------

PS : la conclusion a été rédigée après l´intro et je vais la remanier, donc pas de panique :-)

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