Friedrich Nietzsche décrit l´accélération de l´Histoire avec les déséquilibres qui s´accentuent compensés par la tyrannie anonyme des institutions génératrice de stress. Pour ce dernier, la notion de nihilisme révèle un paradoxe intéressant. Il décrit deux formes de nihilisme :
un nihilisme des faibles : « Un nihiliste est un homme qui juge que le monde tel qu´il est ne devrait pas exister, et que le monde tel qu´il devrait être n´existe pas. Donc vivre (agir, souffrir, vouloir, sentir) n´a pas de sens : ce qu´il y a de pathétique dans le nihilisme, c´est de savoir que tout est vain », - et ce pathétique est encore une inconséquence chez le nihiliste" (Nietzsche)
un nihilisme des forts, lorsque les croyances s´effondrent du fait qu´elles sont dépassées.
Enfin, il existe, selon Nietzsche, un état normal du nihilisme, qui est la négation de l´être, et qui est une manière divine de penser, en ce sens qu´elle est un rejet définitif de tout idéalisme (du nihilisme au sens faible) et de ses conséquences (la morale entre autres).
Franz Kafka, Albert Camus par exemple dans le mythe de Sysiphe (1942) au théâtre, Eugène Ionesco dans La cantatrice chauve (1950) illustrent cette aliénation de l´individu occidental et son vide existentiel corseté. Ces contraintes permettent chez des artistes comme les surréalistes un dépassement symbolique.