Pas morphologique mais physique. Le monde physique supra et sub lunaires sont déterminés oui. L'homme a un libre arbitre, la προαιρεσις en grec, ça ne veut pas dire qu'il est ontologiquement vide à la constitution du moi. C'est à dire qu'il a une essence à la base, celle d'être un animal rationnel sociable, le plus politique des animaux. Définition qui subsistera jusqu'à l'aube de la philosophie moderne.
L'existentialisme défend l'idée selon laquelle l'homme (je parle de l'existentialisme athée en particulier là, on va pas non plus comparer Kierkegaard et Aristote sinon on y est encore demain) est ontologiquement un vide qui se construit sur le mode de l'acte et du choix nécessaire. Quoique je veuille, je choisis, c'est le mot de Sartre et de sa pensée de l'action.
Ça veut dire deux choses, d'une part que sur la couche ontologique, l'existentialisme et le substantialisme aristotélicien s'opposent frontalement. Mais ça ne veut pas dire que l'homme d'Aristote est un homme spinoziste où tout est déterminé, si le nécessaire existe dans le monde d'Aristote, le possible existe aussi, donc le choix multiple aussi, donc la construction de la vertu aussi.
Bref, Aristote et Sartre ont une parenté sur les conséquences de leur pensée (et encore, il y a une forme de déterminisme chez Aristote dans le choix de la vie qu'on mène reste à voir ce qu'on en fait après) et d'ailleurs cette parenté est d'autant plus criante entre le stoïcisme et Sartre. En aucun cas le mot de l'existentialisme "L'existence précède l'essence" ne peut s'appliquer à la métaphysique traditionnelle, c'est au contraire une hérésie logique pour Aristote.