Amour =/= sexe. Cet amalgame douteux, douteux amalgame
(non, ce n'est pas une faute de frappe)
jack
C'est une bonne question oui mais qu'il faut quand même nuancer.
Quand on connait quelques cas cliniques , on se rends vite compte que prouver sa désirabilité est, en quelque sorte, essentiel à son acceptation. Des personnes qui, enfant, n'étaient pas aimés par leurs parents ou leurs proches ont bien du mal à vraiment se construire justement parce qu'ils n'ont pas eu ce sentiment d'être désiré (de quelque manière que ce soit). Arrivé à maturité, les individus qui n'ont pas vécu d'expériences sociales durant lesquelles ils ont été plus ou moins accepté, risquent de garder de graves séquelles psychologiques qui les empêchent d'avancer.
Mais je suis en train d'étendre l'amour dont tu parles à tous types d'attachements - que l'on nomme parfois l'amour d'ailleurs - susceptibles de prouver la désirabilité de soi et d'autoriser ainsi notre acceptation.
Si tu veux une réponse claire, je crois effectivement qu'il faut qu'un autre individu nous prouve notre désirabilité, fusse-t-il réel ou imaginaire d'ailleurs (l'imaginaire peut être un mécanisme de défense en ce sens lorsqu'il manque quelque chose dans la réalité) et qu'importe la forme de désirabilité. On commence par l'attachement parental puis on tente de garder ce sentiment en continue grâce à des amis ou des amants MAIS il faut simplement l'AVOIR CONNU ce sentiment pour pouvoir s'accepter et non le connaitre non-stop.
Evidemment, il faut prendre au cas par cas ensuite : certains en auront plus besoin que d'autres, certains auront besoin spécifiquement d'être en couple tandis que d'autres se contenteront de la famille ou des amis, voir des collègues. Mais à partir du moment ou quelqu'un, à un moment donné et sur une période plus ou moins éphémère, nous a "accepté", nous avons la possibilité de nous accepter aussi.
La souffrance d'un isolement vient simplement du fait que nous voyons d'autres individus vivre des sentiments de désirabilité plus plaisants et différents que ce que nous avons vécu. La souffrance de la rupture vient de la perte de ce sentiment et de la peur de ne jamais le retrouver.
Toute preuve de désirabilité est agréable mais toutes sont différentes, au sein même des intéractions que l'on peut tendre à nommer de la même manière (amis, amants, famille) mais qui prennent des allures totalement personnelles chez les uns ou les autres et la relation de "couple" possède la gamme la plus large du sentiment susnommé en bien comme en mal (le sexe est un bon exemple d'ailleurs puisqu'il "élargit" (no joke) la gamme en autorisant une preuve de désirabilité sexuelle, totalement rejetée lorsqu'il s'agit de famille par exemple). D'où le désir de la vivre.
Les solitaires n'aimeront pas ce constat. Je ne l'ai pas aimé. Mais c'est comme ça que je vois les choses. Nous n'avons pas besoin des autres tout le temps et en continue mais si nous ne sommes (n'avons) jamais (été) aimé, il est naturel d'en garder des séquelles psychologiques qui engendrent mauvaise estime de soi, dépression sur de longues périodes, obsession pour certaines choses (cette dernière conséquence n'est pas forcément mauvaise, qu'on se le dise.)...
Je vais donc résumer, parce que je me perds toujours : il faut avoir prouvé sa désirabilité au moins une fois pour être susceptible de s'accepter. Tout individu n'étant absolument pas égal par ailleurs, cette preuve peut-être désiré de toutes les manières et à toutes les amplitudes possibles et imaginables.