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Intéressante question Malverick. Mais je crois que tu te mélange un peu dans les notions. De plus, si j'ai bien compris ton raisonnement, la question que tu poses n'est pas un parallèle éventuel entre intelligence et bon goût en fonction du milieu social mais quelles sont les caractéristiques de l'intelligence et celles du bon goût. Ce faisant, en quoi ces caractéristiques sont-elle dépendantes du milieu social ?
-) D'abord, attention aux généralités. Bien sûr, les classes moyennes et la haute classe ont accès à une certaine culture grâce au capital (au sens premier, ce qui est possédé) dont ils disposent. Cependant, cela n'exclut pas les catégories les moins aisées. Exemple caricatural : imaginons un riche qui peut avoir une culture de base sans chercher à l'étoffer. Un pauvre n'y aura pas accès immédiatement, mais va tout dépenser pour en savoir davantage, malgré ses maigres revenus. De ce fait, au bout d'un temps donné, la culture du pauvre dépassera celle du riche.
-) Ensuite, les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas selon la sagesse populaire. C'est comme les ****, tout le monde en a ! Plus sérieusement, c'est complètement subjectif et dépendant de multiples paramètres, tel que le milieu social, les expériences de vie... Il en est de même pour l'art. Kant (philosophe du XIXe) ne serait pas d'accord. Selon lui, si une oeuvre quel quelle soit plaît de façon universelle elle est considérée comme une oeuvre artistique. Donc si Kant dit vrai, s'il faut une approbation universelle, la question du milieu social part en fumée. En clair, l'appréciation de l'art n'est pas dépendante de l'intelligence. Elle relève d'autres facteurs, purement personnels. Mais attention : on peut apprécier sans comprendre. C'est le cas de la philosophie. On peut apprécier un raisonnement sans avoir les outils nécéssaires pour l'analyser. En bref, L'intelligence, n'est pas obligatoire pour apprécier les choses. Exit la question du milieu social. En revanche, comprendre les choses dans certains domaines difficiles demandera une certaine intelligence qui n'est pas dépendante du milieu social (car elle appartient à l'inné) en plus de l'apprentissage de nombreux outils.
-) Enfin, abordons une troisième notion que tu évoque à la fin de ton exposé : le libre-arbitre. C'est d'ailleurs cela qui te questionne véritablement (désolé si je me trompe !). Le discernement si tu préfère. Tu dis que, contrairement à une personne stupide, tu es capable de faire la part des choses, de reconnaître ce qui est bien dans un film (ou autre) et ce qui ne l'est pas. Tu parles ni plus ni moins de la liberté de choix. Et c'est là où, effectivement, je te rejoins (du moins en partie !). Une classe sociale élevée aura plus rapidement -du fait de sa position dans la société- les atouts en main pour considérer une situation donnée qu'une classe moins aisée. Plus simplement, ayant a priori une meilleure vision d'ensemble puisqu'ayant accès rapidement à un large panel de connaissances, une classe sociale élevé sera moins influençable (notamment par les médias) qu'une classe sociale moins élevé, dans la mesure de ce que j'évoquais un peu plus plus haut (fin de la première flèche). Les choix des premiers seront donc, a priori, plus libres que ceux des seconds.
Voilà, désolé pour cette très longue réponse. En espérant t'avoir aidé !