Oui oui oui, la philosophie c'est l'ouverture d'esprit et la tolérance.
Mais comme la démocratie, la liberté, les droits de l'homme, le progrès, la maturité et l'intelligence c'est aussi l'ouverture d'esprit et la tolérance, alors la philosophie c'est la démocratie, la liberté, le progrès, les droits de l'homme ou tout ce qu'on voudra : c'est-à-dire que dalle.
Définir la philosophie comme "l'ouverture d'esprit et la tolérance", c'est en faire une catégorie vide aux contours flous (ce qu'elle est en effet pour la plupart des larves qui viennent ici chouiner sur notre manque de tolérance alors que la philosophie c'est "l'amour de la sagesse" et que on n'est même pas des sages).
StrangerHD a raison, être tolérant ne saurait, même à 200 mètres et en plissant les yeux, être confondu avec un authentique effort pour philosopher.
La tolérance a toujours été l'apanage des sophistes. Depuis Protagoras avec son "l'homme est la mesure de toute chose". Et cette attitude ne vise qu'à une chose : légitimer le pouvoir. S'il n'y a pas de vérité, et même pas d'efforts de penser plus louable que le doux bain de ses représentations spontanées, mais uniquement un flot d'opinions indistinctes, toutes respectables et donc toutes légitimes, alors tout discours critique sur le pouvoir est nécessairement sans force puisque tout discours opposé validant le pouvoir le vaut.
Une certaine tolérance n'est pas incompatible avec la philosophie mais elle n'est pas nécessaire et, surtout, y réduire la philosophie c'est détruire toute possibilité de philosopher.