Bonjour à tous
Tout d'abord, je tiens à préciser que mes connaissances et compétences en philosophie sont plus que limitées. Je suis donc tout à fait conscient que la théorie que je vas exposer ci-dessous a du être proposée d’innombrables fois avant moi par des personnes bien plus illustres. Toujours est-il que je serais ravi de me voir proposer des références en rapport avec le sujet. Voici ma théorie :
Selon moi, la conscience n'est qu'une fenêtre sur une infime partie des mécanismes mis en oeuvre dans notre cerveau. Et uniquement une fenêtre. J'entends par là que notre libre arbitre n'est qu'une illusion, puisque la seule chose que notre propre personne puisse faire, c'est observer quelques bribes de débat intérieur sous notre boite crânienne. Cela signifie que nous croyons prendre les décisions car nous avons accès, grâce à notre conscience, à certains tenants et aboutissements de certaines de nos réflexions.
En allant plus loin dans ce raisonnement, on pourrait imaginer que si notre conscience avait accès à l'ensemble de nos mécanismes cérébraux, nous nous rendrions compte que nous ne sommes qu'une machinerie complexe, mais rien de plus. De ce fait, nous nous rendrions compte que notre cerveau a compris qu'il n'est qu'une machinerie complexe. Nous comprendrions également comment la conscience émerge de notre activité cérébrale. Mais il est fort probable que notre cerveau ne soit pas conçu pour supporter une introspection aussi détaillée, et il subirai certainement des dommages irréversibles.
Bref, l'évolution a doté notre cerveau de la capacité à analyser une petite partie de son fonctionnement, mais en quoi cela nous a avantagé ? Fut-elle une mutation utile à notre survie ?
1) Toutes les modifications qui s'inscrivent dans le processus d'évolution ne sont pas "utiles". Elles naissent d'erreurs de copie dans la transmission des gênes. Les évolutions les plus favorables donnant plus de chance de survie à l'espèce, elles ont simplement tendance à durer plus longtemps et à se répandre de génération en génération.
2) Est-ce que la conscience (d'une partie seulement de nos processus mentaux, comme tu le dis bien) nous donne des avantages sur les autres animaux ?, c'est une putain de bonne question.
En tout cas, elle nous donne aussi des inconvénients (conscience de la mort, troubles existentiels...)
Duplessis, si la conscience n'etait pas utile, la Dérive génétique aurait fait qu'elle soit présente chez certains individus et non chez d'autre.
Le fait qu'elle existe chez l'unanimimté des êtres humains montre qu'elle possede un facteur selectif.
Valgame +1
Ou bien qu'elle ne releve pas que de la matière, mais ca c'est une autre histoire ![]()
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Non en fait je ne sais pas, je ne sais plus. Cela me fait chier mais je deviens plus agnostique en vieillissant.
Duplessis > l'agnosticisme, c'est une réponse assez simple aux attaques incessantes des croyants, il faut rester fort ... garde ... la foi
Philosophem >
"Tout d'abord, je tiens à préciser que mes connaissances et compétences en philosophie sont plus que limitées."
"Selon moi, la conscience n'est qu'une fenêtre sur une infime partie des mécanismes mis en oeuvre dans notre cerveau. Et uniquement une fenêtre."
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Oui Duplessis! tu peux lutter contre l'espoir ! ![]()
La plupart de nos actions sont dictées par des phénomènes inconscients.
90% de notre cerveau est utilisé pour des fonctions purements biologiques et automatiques.
La conscience est peu de chose, et dans l'histoire de la vie elle est très récente.
Bienvenue Philosophem,
"la conscience n'est qu'une fenêtre sur une infime partie des mécanismes mis en oeuvre dans notre cerveau."
=> La conscience comme fenêtre et tout ce que tu développes par rapport à l'inconscient est assez proche du concept de monade de Leibniz. Tu devrais jeter un coup d'œil à ce philosophe, tu te sentirais proche de lui.
J'ai un peu du mal avec cette ineffectivité de la conscience avec son environnement. Comment penser le développement de la conscience dans l'optique de l'évolution des espèces ? Il serait bon d'aller voir du côté de Bergson à ce sujet. Comme l'a indiqué gras-porc, la conscience est un phénomène récent dans le règne du vivant. Elle s'exprime chez certains animaux comme les primates ou les cétacés par un comportement malicieux, soit une pointe d'intelligence et d'autonomie par rapport à leur milieu. Le comportement des animaux en général est régi par leurs instincts, c'est-à-dire un savoir-faire par rapport à leur milieu, exploitable immédiatement et forgé par une expérience de millions d'années enregistrée au sein même de leur ADN. La plupart des animaux n'ont pas à réfléchir à la situation à laquelle ils sont confrontés, la plupart du temps, il leur suffit de réagir. Quand on analyse l'humain, les choses sont différentes. Il ne semble pas exister de milieu naturel approprié à l'homme dans la mesure où celui-ci ne fond pas dans un environnement. Il ne fait pas corps avec un milieu. Il crée un milieu artificiel qui est capable d'éloigner l'hostilité de la nature et qui lui apporte du confort. Ce environnement fait de main d'homme ne nait pas de nulle part. Il est conçu à partir de ce que l'homme connaît de la nature. Contrairement à l'animal en général, l'être humain ne possède pas - ou a perdu - de savoir-faire naturels. L'être humain pour survivre a dû décomposer les objets de son environnement pour les recomposer d'une autre façon, c'est-à-dire qu'il a établi des rapports entre les choses. Avec telle partie de cette choses, je peux déboîter telle partie de cette autre chose qui me permettra de fabriquer un objet me permettant de me défendre ou de construire telle chose. En clair, l'être humain ne possède pas un savoir-faire exploitable immédiatement mais décompose au contraire son action en deux temps. D'abord, il analyse les choses afin d'en extraire une connaissance puis grâce à cette connaissance, il mène une action avec plus d'efficacité. C'est la capacité à établir un grand nombre de rapports dans une situation et la capacité à mener son action avec efficacité qui sont des signes d'intelligence qui est le produit d'une conscience - ce qui nous permet de prendre du recul sur une situation.
Je crois que si nous n'étions pas des êtres conscients, je ne suis pas sûr qu'on aurait le confort et la technologie qu'on a à l'heure actuelle...
L'enchainement des actions dans la résolution d'un pb complexe n'est pas lié à la conscience de soi. Un ordinateur ou même des oiseaux peuvent le faire.
http://m.youtube.com/watch?v=uf6Klt6dkVs
Il faut distinguer la logique et la conscience de soi.
Le corbeau a conscience de ce qu'il veut et élabore une stratégie logique pour obtenir ce qu'il veut, mais ne sait pas qu'il existe.
J'avoue que d'un point de vue évolutif je ne vois pas l'intérêt de la conscience.
Ne pas oublier que l'évolution s'applique aussi à tous les ê.v, même l'immense majorité dépourvue de système nerveux.
La conscience de soi est liée au langage ( communication entre individus) et à la hierarchisation ( place de l'individu dans le groupe).
Un indiv dont un mécanisme cérébral le rend conscient de lui même aura un avantage sur les autres dans ce type d'organisation et sera selectionné.
Les animaux conscients d'eux même ont pour la plupart ce type d'organisation.
J'avais déjà vu cette vidéo. D'ailleurs, le corbeau me fascine sur plusieurs points.
[Cool_story_bro] Il y a de cela quelques semaines, je suis réveillé tôt le matin par un bruit à répétition. Je me lève et je me demande si ce n'est pas mon frère qui secoue fortement le tapis d'entrée de la maison dehors. Quand j'arrive à la source du bruit, je me rend compte qu'il s'agissait de Bouffon, un corbeau que mon frère et moi connaissons bien car il picore depuis plusieurs étés les fruits de notre jardin et qui tapait ce matin-là contre la baie vitrée à l'aide de son bec de façon répétée. J'en parle alors à mon frère et me dit que ce n'est pas la première fois qu'il se comporte de la sorte. Je suppose donc que cet enfoiré voulait probablement me réveiller pour que j'aille donner à manger à nos poules et qu'il en profiter par la même occasion pour se remplir le gosier ! C'est une hypothèse parmi d'autres...[/cool_story_bro]
Quand je traitais de la conscience, j'utilisais le terme dans son sens le plus général, en d'autres termes la conscience d'objet, c'est-à-dire précisément avoir présent à l'esprit quelque chose sans forcément y adjoindre la conscience de soi. Conscience ou avoir présent à l'esprit, soit la capacité à représenter de façon abstrait quelque chose.
Par exemple, dans la vidéo, on observe d'abord que le corbeau veut manger la baie présente dans le dispositif étroit. Il rencontre un obstacle et doit réussir à établir des rapports entre différentes choses de son environnement pour satisfaire son besoin de satiété, c'est-à-dire reporter dans un second temps sa faim pour mettre en relation dans un premier temps plusieurs éléments de son environnement. Le corbeau résout un problème en trois temps : il va chercher un petite brindille (a) pour réussir à attraper la grande brindille située dans une cage (b) pour ensuite à l'aide de la grande brindille, piquer la baie dans le dispositif étroit et pouvoir la manger (c). Cela signifie que le corbeau arrive à mettre en relation (a), (b) et (c) en rapportant (a) à (b) et (b) à (c) c'est-à-dire qu'il a présent à son esprit une vue d'ensemble de ces trois éléments en vue de se nourrir. Alors que le corbeau ne peut pas percevoir les 3 éléments en même temps, il est capable de se représenter une image où les trois éléments sont réunis ensemble sous forme d'interaction. ou si ce n'est pas les trois ensemble, c'est au moins l'interaction AB puis l'interaction BC, cela ayant pour fin l'alimentation.
On comprend à travers cet exemple que le corbeau est capable d'établir des relations entre les choses qui sont autour de lui, ce qui est le signe d'une certaine intelligence donc d'une certaine conscience.
Qu'est ce que la conscience dans sa version la plus simple sinon la capacité à traiter les informations de son environnement afin d'effectuer des actions qu'on pourrait qualifier de complexes dans le sens où elles réclament un minimum d'abstraction (capacité de représentation mentale) ? Si d'un point de vue évolutif, la conscience n'est pas comprise comme ce qui permet à l'organisme d'avoir une autonomie par rapport à ses instincts pour interagir de façon efficace avec son environnement, alors oui la conscience n'a pas d'intérêt évolutif.
Une machine fait de même ( ordinateur).
En tout cas, merci pour ceux qui ont donné des références
Un ordinateur est une base de données avec une puissance de calcul supérieure à l'être humain mais qui contrairement à celui n'est capable d'action (quoique les robots traders, ça reste à voir). Le jour où adviendra une intelligence artificielle dans sa forme la plus développée (qui aura pris corps), je doute qu'il s'agisse du même type d'intelligence au même titre que celle de l'homme. L'ordinateur est régi par un ensemble de règles rationnelles selon laquelle il opère des calculs et déductions en fonction d'une base de données (soit enregistrement d'éléments passés). Grâce à cela, l'intelligence artificielle sera capable de produire différents plans d'actions, soit capacité d'anticipation comme l'être humain peut le faire.
L'humain est conscience, c'est-à-dire qu'il est la rétention présente de souvenirs du passé dans le but d'accomplir une action à venir en fonction des exigences de son organisme et de ses désirs personnels. Cela signifie également qu'il effectue un choix entre les différentes possibilités qu'il se représente. Il n'y a de conscience éveillée que lorsqu'il y a un choix entre différentes représentations et dont le choix déterminera l'action.
Parce que l'intelligence artificielle sera le pure produit de la rationalité détachée de toute exigence biologique, je doute que le robot réalise un choix. Certes, avec sa base de données, l'ordinateur a accès a un passé beaucoup plus vaste que l'humain. Avec sa puissance de calcul, l'ordinateur peut construire beaucoup plus efficacement son action. Mais dès lors qu'il applique les règles de la rationalité, seule sera réalisée l'action la plus efficace, la meilleure action selon les critères établis, c'est-à-dire la seule action possible selon la solution de ses calculs. En clair, pour l'intelligence artificielle, il n'y aura pas d'écart entre la représentation et l'action. C'est ce que Bergson a nommé la conscience annulée car l'action est si automatique qu'elle remplace le temps de la représentation des possibles. Or, pour un être conscient et malgré l'intelligence dont il peut faire preuve, il n'y a rien d'évident à choisir. Cela se réalise plutôt dans une forme d'hésitation, d'angoisse, de doute. Au moment de choisir entre un possible et un autre, ce qui nous apparaît comme le choix à réaliser n'est pas forcément le plus efficace selon les règles de la rationalité mais plutôt ce qui nous paraît bon pour nous. L'humain n'a pas l'obligation de choisir avec intelligence mais use bien souvent de son intuition. Il devine qu'en réalisant ce choix, il espère obtenir ce qu'il veut. Le robot est incapable d'intuition. Il réalise que ce qu'il connaît du passé.