Bonjour à tous et à toutes, amateurs de philosophie.
Je me présente, Hugo, élève préparationnaire, accessoirement torturé par un sujet de philosophie. Après lecture du topic épinglé concernant les demandes d'aide - et ma foi, fort à propos - j'entendais vous soumettre ici une question que nous devons étudier pour la rentrée prochaine.
Toutefois, il n'est pas dans mon objectif de vous demander quoi que ce soit qui dépasserait les limites de l'honnêteté intellectuelle attendue de la part d'un élève. Je vous rassure, la question que j'entends vous soumettre ici est lié à un devoir
optionnel
que je suis le seul de ma classe à effectuer et que j'ai choisi de traiter par envie de m’entraîner et de m'améliorer.
Le sujet est : Le Progrès de l'Illusion
Dans un premier temps, je vous soumettrais mon travail préliminaire - questionnement des termes, mise en avant des paradoxes et de la problématique, idées de plan - avant de, dans un second temps, requérir votre avis sur quelques aspects précis.
I - Définition
Le terme illusion, du latin illusio (« ironie », « tromperie ») dérivé de illudere (« jouer avec », « railler »), renvoie aux définitions suivantes : « Interprétation erronée d’une donnée sensorielle » – illusion auditive, illusion d’optique – « Effet obtenu par le moyen de l’art, de l’artifice, du truquage et qui crée le sentiment du réel ou du vrai » - illusion de la vie donnée par un automate – « Appréciation conforme à ce que quelqu’un souhaite, mais fausse par rapport à la réalité » - perdre ses dernières illusions.
Quant au terme progrès, il renvoie lui aussi à diverses définitions : « Fait d’avancer, d’aller de l’avant » - le progrès de l’armée – « Evolution régulière de l’Humanité, de la civilisation, vers un but idéal » - croire au progrès – « Fait d’aller vers un degré supérieur, de accroître par étapes » - les progrès d’un incendie.
L’idée d’illusion renvoie donc à la question des sens, facultés de l’homme sujette à un questionnement philosophique si il en est. Pour les philosophes antiques, les sens constituent une base dont il faut se défier mais qui peut néanmoins permettre de développer une réflexion, là où Descartes considère l’idée de sensibilité avec un certain dédain empreint de rationalisme. C’est d’ailleurs car nous ne pouvons-nous fier qu’avec risque à nos sens que l’illusion est rendu possible. C’est après tout ainsi que fonctionne la magie, qui en attirant notre attention (qu’elle soit visuelle, auditive ou autre) sur un point précis, rend possible le « Prestige » terme signifiant ici l’accomplissement du tour.
II - Paradoxe et Problématisation
Le premier paradoxe semble donc résider dans la mise en parallèle de ces deux termes. Pour établir un "progrès" il faut pouvoir quantifier le "sujet" de ce progrès. Or, l'illusion peut-elle être quantifiée ? L’illusion, de plus, sous-entend la présence d’un sujet « victime » d’elle et d’un sujet « auteur » d’elle. L’illusion se construit au détriment d’un sujet, ce qui dès lors, rend l’utilisation du mot « progrès » problématique tend celui-ci porte plutôt un sens en apparence positif. Mais le progrès est-il toujours positif ? Si oui, et si l’illusion consiste à tromper l’autre, peut-on parler d’un progrès de l’illusion ? Si non, peut-on dès lors appeler chaque changement « progrès » ? Il faut de plus interroger le sens du mot illusion : si l’illusion est une interprétation erronée d’un sens, nous pouvons nous interroger sur ce qui permet de distinguer une interprétation faussée d’une interprétation correcte. Dans quelle mesure pouvons-nous nous fier à nos sens ? La vérité est-elle individuelle ou collecte ? La justesse peut-elle être définie de façon à être acceptée par tous ?
Voilà. J'espère ne pas décevoir vos attentes et me tiens à votre disposition pour toutes questions, sollicitations ou même pour un hypothétique refus de me donner votre avis.
Bonne journée à tous. 