C'est bien écrit en effet.
L'amputation que tu dis, en psychanalyse elle est appelée la "castration".
L'humain a en fait à accepter sa castration (nos limites, notre finitude, notre soumission aux règles du langage...) pour pouvoir vivre. Cette castration est symbolisée par la coupure d'avec la mère (métaphore du complexe d’Œdipe).
Comme le dit Lacan, c'est un paradoxe qu'il faille être castré pour vivre, autant que faire se peut, équilibré. Lacan parle d'une "assomption" de la castration. On n'est pas si loin de l’acquiescement total au réel dont parle Nietzsche.
Cette castration, naturellement est symbolique. Il s'agit aussi de nous castrer de ce qui fait bouchon pour limiter notre manque de ce monde et des autres (= notre désir), manque qui est notre principal moteur. Ce bouchon peut avoir la forme d'une addiction, d'images obsessionnelles, du narcissisme...
Donc les croyances dont tu parles peuvent être saines (par exemple, le militant communiste qui accepterait de faire ce qu'il peut, en acceptant ses limites et les limites de son système ou la mère qui éduque ses enfants en acceptant qu'ils ne vivent pas pour elle et sont appelés à faire leur vie). Mais si on y vise l'absolu, alors on s'expose à une sourde frustration.