Saint Augustin : IVème-Vème siècle ; un des pères fondateurs de l'Eglise romaine et docteur de celle-ci (ce qui veut dire que ses textes en matière de théologie et de philosophie sont considérés comme pouvant faire référence afin d'établir la doctrine catholique). Il est à la source de la ré-absorption du platonisme et du néo-platonisme par le catholicisme (et à la source donc d'une lecture très austère de Platon -dont il fait un dénigreur de la chair-, lecture qui demeure jusqu'à aujourd'hui -ah l'enfoiré !).
Ses idées les plus souvent retenues sont :
- que le désir c'est caca. D'ailleurs il appelle ça la "concupiscence". Mais bon, comme faut bien désirer un peu quand même pour rester en vie, il fait la distinction entre "désirs" et "besoins" et initie cette idée qui aura longtemps cours, selon laquelle être vertueux, ce serait pourvoir seulement à ses besoins et se détourner de ses désirs. À condition, ajoutera-t-il, de satisfaire ses besoins sans y prendre plaisir. Parce que le plaisir, c'est mal.
Ça détourne des biens de l'esprit.
- que le temps tel que le perçoit l'homme n'existe pas en lui-même ; il n'existe que pour et par l'esprit humain : par le souvenir, par l'attente... On accorde une existence au temps, or le temps précisément n'est pas ce qui "est" mais ce qui "passe" : ce qui ne cesse de "ne plus être".
Dieu seul "est" ; il est de toute éternité, hors de tout passé ou de tout avenir.
L'impression générale qui peut se dégager à la lecture de Saint Augustin (mais je suis partial, je le déteste) : l'homme est misérable, il est un pet de mouche, un néant. Mais bien qu'étant un néant, il est vil malgré tout parce qu'il ose prendre son néant pour de l'être et ce faisant, par son orgueil, il se met en état de péché, plutôt que de reconnaître devant la plénitude de Dieu à quel point il n'est rien et à quel point tout ce qu'il mérite est de se faire marcher dessus. Bref, l'homme c'est dégueu. Le meilleur truc qu'il puisse encore faire, c'est de se faire tellement discret qu'il en soit à la frontière de disparaître.
Bref, Saint Augustin, le mec qui s'est joué la fête du string dans sa jeunesse (parce que oui, sa conversion tardive après une "jeunesse de péché" fait partie du folklore du personnage devant lequel tant s'ébaubissent) a eu ensuite sa révélation donc, et s'est cru du coup habilité à instituer une doctrine sur la base de laquelle on a réprimé et persécuté ensuite des millions de malheureux pendant des siècles sur le topo de la chair impure et de l'homme misérable.
Mais je redis, je suis partial sur Saint Augustin.
Qu'un défenseur du bonhomme vienne équilibrer mes dires !