Ca vient du latin "alter" = "autre".
L'altérité, c'est le caractère de ce qui est autre que toi, de ce qui n'est pas toi.
L'altérité est une immense question en philosophie ; certains la conçoivent comme ce que je pense comme n'étant pas moi (et de quoi je me détache, par contraste : je définis ce que je suis moi par opposition à ce que je ne suis pas) tandis que d'autres disent que l'altérité est précisément ce que je ne peux pas penser, parce que cela me dépasse, parce que cela est au-delà de moi.
Ça se pose bien sûr pour la question d'autrui. L'altérité d'autrui sera souvent définie, du coup, comme cette partie d'autrui qui m'échappe, à laquelle je n'ai pas accès (la partie à laquelle j'ai accès n'étant finalement qu'une image que je me ferais d'autrui et que je m'approprierais).
Cela entraîne, par conséquent, toute une série de pensées de la rencontre. L'altérité, étant ce qui dépasse le champ de ta connaissance et t'est encore inconnu, est aussi du coup ce qui vient t'altérer, te transformer et t'enrichir quand tu le rencontres : ça donne notamment la rencontre avec le monde et les impressions sans cesse renaissantes (dans la notion de durée créatrice chez Henri Bergson, par exemple) ou la rencontre avec autrui par le dialogue (à propos duquel Jean Baudrillard a écrit de très beaux textes).