(1) ça veut juste dire que sur Terre y a des salauds qui dorment en paix (voir le très bon film éponyme d'Akira Kurosawa) et des honnêtes gens qui souffrent et ne sont pas récompensés
(2) mais que c'est pas une raison pour renoncer à la morale,
(3) qui on peut l'espérer (et même, on doit nécessairement l'espérer car c'est un postulat de la raison pratique)
(4) implique (au sens étymologique du terme "enroule", "plie dans", "enveloppe" -- on sait que l'entreprise métaphysique de Kant est d'envelopper le réel en le pensant intégralement, même dans ses implications/ses plis non sensibles)
(5) l'existence d'un être régulateur, Dieu (le postulat de la raison pratique évoqué en (2)), qui dans ce monde ou dans un autre effectuera la synthèse de la vertu et du bonheur.
Il est en effet impossible, pense Kant, qu'un homme soit mû par autre chose que la possibilité d'un bonheur qui règle son impulsion naturelle ; ainsi, la vertu n'allant pas toujours de pair avec le bonheur ici-bas, mais celui-ci étant indispensable au mouvement humain, il faut penser la croyance, c'est-à-dire Dieu, l'immortalité de l'âme et sa liberté (les trois postulats de la raison pratique).