Toute action est au fond égoïste en ceci que nous n'avons pas la capacité de pénétrer autrui et que nous sommes condamnés à vivre dans le monde borné de nos pensées et de nos perceptions. Aucun de nos actes n'est uniquement dirigé vers autrui, il est forcément aussi dirigé vers nous-mêmes.
Mais, si on quitte le point de vue individuel et qu'on prend pour postulat l'existence d'autrui, est-ce que ça compte vraiment ? Au fond, ce qui importe, c'est plus l'efficacité de la bonne action que les multiples intentions contradictoires qui motivent celui qui l'effectue. C'est comme ça qu'aujourd'hui il existe une littérature florissante sur l'inefficacité de l'aide (en économie du dévelopement), mais aussi qu'on se rend compte que la "coopération" pratiquée par exemple par les chinois et plus généralement par les BRICs est parfois plus efficace que l'aide supposée désintéressée et surtout hypocrite de l'Occident et l'aide multilatérale. Les nouveaux donneurs ont un comportement décomplexé vis à vis des intentions, ce qui va parfois plus servir les habitants du pays receveur.
De la même façon, on découvre que le détournement massif de l'aide internationale n'est pas toujours un mal au final.