Je réponds d'abord à l'affect et à ses éléments constitutifs physico-chimiques ; ensuite je reviens sur le problème que j'essaye de poser.
C'est évident que les éléments constitutifs d'un affect sont en partie de l'ordre de la chimie et de la physique ; mais n'étant pas scientifique, ça ne m'intéresse pas de placer la joie ou le désir à l'épreuve du microscope. La question de la "matérialité" de l'affect n'intervient pas ici.
J'aimerais, en réalité, revenir à quelque chose de bien plus primitif que ça ; ce faisant ma perspective est sans doute phénoménologique. Je demande, sans aucune considération d'ordre scientifique, comment un affect originairement vient à se manifester ? Or, il me semble que, un affect (qui n'est pas une molécule chimique) ne se donne pas à moi comme comme quelque chose de transcendant - tel un arbre. Et prendre mon microscope pour "regarder" l'amour ne révèle pas l'amour mais justement une ou plusieurs molécules chimiques... Un affect serait donc de l'ordre d'une pure immanence ?
Je demande : comment alors penser le rapport monde/affect ? Car de fait il semble y avoir un rapport ... mais si dans son essence un affect n'est que pur rapport-à-soi, comment un tel rapport peut bien être pensé ?
Sans doute certains vont vouloir réduire l'affect à ses composants chimiques, ce qui est à mon sens absurde mais admettons ; ça ne résout pas le problème...