jsp m'a devancé mais j'allais tenir en gros le même discours. Cette facilité à discerner le nazisme comme fondamentalement mauvais et destructeur est très contemporaine et il serait totalement anachronique de l'appliquer à Heidegger. J'aimerais rajouter sinon à ce propos deux petits points, enfin d'une part Heidegger n'étais plus membre réel du parti nazi jusqu'en 45, il a été ejecté de l'université bien avant et surtout il a rendu sa carte au parti en 45. Les distances ont été prises avant. Non pas que je cherche à me comparer à Heidegger mais je possède moi-même au jour d'aujourd'hui la carte d'un parti français auquel j'ai pu avoir l'impression d'adhérer mais qui aujourd'hui je le ressens ne me correspond finalement pas tant que ça au point que je n'ai pas rendu la carte mais que je pourrais la rendre ou la découper ça ne changerait rien, je ne me sens en rien appartenir à ce parti.
A cela j'ajouterai l'idée que tu parles de se défendre assez "faiblement a posteriori" mais c'est extrêmement subjectif. Lui même reconnait avoir fait la plus grosse connerie de sa vie, il y a toujours eu une ambiguité dans le pseudo-nazisme de Heidegger. Je ne pense pas qu'on puisse le traiter de nazi fasciste sans foi ni loi, malgré ses filiations au parti, il avait clairement une indépendance et il y avait quelque chose oui d'incohérent entre cet engagement et sa philosophie.
Bref malgrès tout tu compares son oeuvre et sa vie, assez rapidement même si ce n'est pas tant le cas ici comme je cherche à le démontrer, on trouve radicalement une distance entre oeuvre et vie d'un auteur. Un exemple con et qui n'implique rien de si capital mais voila, Descartes pose son projet comme purement intellectuel, dans sa morale provisoire, il indique clairement qu'il va appliquer le doute hyperbolique mais que même si il nie intellectuellement la réalité matérielle, il continuera à vivre dans son confort pour maintenir cette vie intellectuelle.
Je crois que cet exemple de distance de l'oeuvre à la vie est assez omniprésent (quoique) en philosophie. Je dis omniprésent, je ferai mieux de dire récurrent, vous aurez vite fait (et j'aurais vite fait tout aussi) de citer une armada d'auteurs qui ont suivi leur mode de vie calqué sur leur oeuvre.